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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-22BX02522

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-22BX02522

jeudi 13 avril 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-22BX02522
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. D C a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 29 juin 2021 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un certificat de résidence algérien.

Par un jugement n° 2106643 du 28 juin 2022 le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête enregistrée le 22 septembre 2022, M. C, représenté par Me Jouteau, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du 28 juin 2022 du tribunal administratif de Bordeaux ;

2°) d'annuler l'arrêté du 29 juin 2021 de la préfète de la Gironde ;

3°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer un certificat de résidence algérien ou à défaut de réexaminer sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement au profit de son conseil de la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le refus de certificat de résidence porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et procède d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale ; la communauté de vie existe depuis le 1er septembre 2020 et il justifie de la nécessité de sa présence aux côtés de son épouse notamment dans le cadre d'une procréation médicalement assistée ;

- le refus de titre de séjour est contraire à l'intérêt supérieur de son beau-fils, dont il s'est toujours occupé et avec lequel il entretient des liens très forts, et méconnaît ainsi les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Par une décision n° 2022/011250 du 30 août 2022, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a rejeté la demande d'admission de M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Par une décision du 21 décembre 2022, le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux, a désigné Mme B A en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. C, ressortissant algérien né le 7 décembre 1986 est entré irrégulièrement en France en octobre 2016, selon ses déclarations, et y a sollicité le bénéfice de l'asile. Sa demande d'asile ayant été rejetée par une décision du 15 septembre 2017 de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides, et l'intéressé n'ayant pas formé de recours en temps utile auprès de la Cour nationale du droit d'asile, la préfète de la Gironde a édicté le 14 décembre 2017 à son encontre un arrêté portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le pays de renvoi. M C s'est maintenu en situation irrégulière sur le territoire français et a sollicité, le 21 avril 2021, la délivrance d'un certificat de résidence algérien au titre de la vie privée et familiale à la suite de son mariage le 10 avril 2021 avec une ressortissante française. Il relève appel du jugement du 28 juin 2022 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 29 juin 2021 de la préfète de la Gironde lui refusant la délivrance du titre de séjour demandé.

3. En premier lieu, M. C reprend en appel le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales au soutien duquel il produit des certificats médicaux des 20 juillet 2022, 28 septembre 2022 et 26 octobre 2022 indiquant la nécessité de sa présence auprès de son épouse pour la réalisation d'examens médicaux et des prescriptions d'examens médicaux le concernant dans le cadre de la mise en œuvre d'un processus de procréation médicalement assistée ainsi que l'attestation non datée et non signée d'une sage-femme libérale faisant état d'une fausse couche survenue après décembre 2022. Il ressort toutefois des pièces du dossier que l'engagement du couple dans un processus de procréation médicalement assistée n'a été initié que postérieurement à la décision contestée du 29 juin 2021 à la date de laquelle le mariage célébré le 10 avril 2021 était très récent tandis que la communauté de vie n'est pas établie avant le mois de décembre 2020. Il ressort, en outre, des pièces du dossier que la durée du séjour en France de M. C résulte de son maintien sur le territoire en dépit d'une mesure d'éloignement qu'il n'a pas exécutée, alors même qu'il n'a entamé aucune démarche pour régulariser sa situation avant le mois de juin 2021. Il ne justifie pas ne plus disposer d'attaches familiales dans son pays d'origine dans lequel il a vécu la majeure partie de sa vie. Par ailleurs, en produisant pour la première fois en appel une promesse d'embauche en qualité de maçon, datée du 5 octobre 2022, qui ne fait état d'aucune période de validité ni de date d'embauche envisagée, M. C ne démontre pas qu'il bénéficie d'une insertion professionnelle particulière en France. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

4. En second lieu, M. C soutient pour la première fois en appel que la décision de refus de certificat algérien méconnaît l'intérêt supérieur de l'enfant de son épouse, né d'une union précédente, avec lequel un lien affectif très fort s'est constitué. Toutefois, l'arrêté contesté n'a par lui-même ni pour objet ni pour effet de séparer M. C de l'enfant de son épouse auprès duquel sa présence est au demeurant récente, ou de séparer cet enfant de sa mère ou de son père avec lequel il n'est pas soutenu qu'il n'aurait plus de relations. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que l'arrêté serait contraire à l'intérêt supérieur de cet enfant en méconnaissance des stipulations l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant au paiement des frais exposés et non compris dans les dépens doivent être rejetées par voie de conséquence.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D C.

Une copie sera adressée pour information au préfet de la Gironde.

Fait à Bordeaux, le 13 avril 2023.

Karine A

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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