jeudi 6 avril 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX02596 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 4 janvier 2022 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour.
Par un jugement n° 2200306 du 22 septembre 2022, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête, enregistrée le 3 octobre 2022, M. B, représenté par
Me Lassort, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 22 septembre 2022 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 4 janvier 2022 de la préfète de la Gironde ;
3°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer le titre de séjour prévu par l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ou à défaut, le titre de séjour prévu par l'article L. 435-1 du même code dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le chef du bureau de l'admission au séjour des étrangers de la préfecture ne disposait pas d'une délégation régulière du préfet pour prendre l'arrêté en litige, dès lors notamment que la preuve de l'absence ou de l'empêchement de ses supérieurs hiérarchiques n'est pas rapportée par l'administration ;
- l'arrêté en litige ne répond pas aux exigences de motivation énoncées à l'article L.211-5 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que la préfète ne précise pas les raisons pour lesquelles il ne peut se prévaloir de la présence en France de sa compagne et de son fils à l'entretien et à l'éducation duquel il participe, ce qui révèle un défaut d'examen circonstancié de sa situation notamment familiale ;
- ce refus de séjour a méconnu l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il est le père d'un enfant français à l'entretien et à l'éducation duquel il contribue depuis le mois d'octobre 2020, notamment en l'accompagnant à l'école ou à ses rendez-vous médicaux tandis qu'il vit avec la mère de son enfant depuis le mois de décembre 2020 ;
- la préfète se trouvait en situation de compétence liée puisqu'il remplissait l'ensemble des conditions fixées à l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour obtenir le titre de séjour " parent d'enfant français " ;
- ce refus est entaché d'une erreur de droit au regard des articles L.423-23 et L.435-1 du code précité et d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation dans la mesure où il vit en France depuis près de quatre ans avec sa compagne et leur enfant français et qu'il justifie d'une insertion dans la société française, notamment par sa connaissance de la langue ;
- cette décision a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que la cellule familiale composée de ressortissants français ne peut se reconstituer au Nigéria, et que la circonstance selon laquelle il ne serait pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine est sans incidence ;
- l'arrêté en litige porte atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant, tel que protégé par l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, en séparant son fils de l'un de ses parents.
Par décision no 2022/014028 du 10 novembre 2022, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a admis M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme Karine Butéri, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. ()".
2. M. B, ressortissant nigérian né en 1990, est entré en France le 26 mai 2018 sous couvert d'un titre de séjour délivré par les autorités italiennes qui expirait le 5 juillet 2021. Après avoir déposé plusieurs demandes de titre de séjour considérées comme incomplètes, il a déposé, le 11 février 2021, une nouvelle demande de titre de séjour, sur le fondement des articles L. 423-7, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui a donné lieu à une décision de refus du 30 juin 2021. Le recours gracieux exercé contre cette décision le 13 juillet 2021 a été implicitement rejeté. Par un nouvel arrêté du 4 janvier 2022, la préfète de la Gironde a abrogé l'arrêté du 30 juin 2021 et a de nouveau refusé de délivrer un titre de séjour à M. B. Celui-ci relève appel du jugement du 22 septembre 2022 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande d'annulation de ce dernier arrêté.
3. M. B reprend, dans des termes similaires et sans critique utile du jugement, les moyens invoqués en première instance visés ci-dessus. Il n'apporte en appel aucun élément de droit ou de fait nouveau, ni aucune nouvelle pièce à l'appui de ces moyens auxquels le tribunal administratif a suffisamment et pertinemment répondu. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par les premiers juges.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B. Une copie sera adressée pour information au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 6 avril 2023.
Karine Butéri
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026