mercredi 10 juillet 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX02658 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Formation | 6ème chambre (formation à 3) |
| Avocat requérant | SCP PENEAU-DESCOUBES PENEAU |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La société à responsabilité limitée (SARL) Lamarque a demandé au tribunal administratif de Pau d'annuler la décision du 2 juillet 2009 par laquelle la communauté de communes Cœur Haute Lande a rejeté son mémoire en réclamation du 7 juin 2009 contestant le décompte général du lot n°3 " charpente, couverture, zinguerie et bardage " du marché de travaux de construction de la maison de santé pluridisciplinaire de Labrit et de condamner la communauté de communes Cœur Haute Lande à lui verser la somme de 62 478,22 euros.
Par un jugement n° 2000045 du 16 août 2022, le tribunal administratif de Pau a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 octobre 2022 et 5 avril 2023, la société à responsabilité limitée (SARL) Lamarque, représentée par Me Gachie, demande à la Cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Pau du 16 août 2022 ;
2°) de faire droit à sa demande de première instance ;
3°) de mettre à la charge de la communauté de communes Cœur Haute Lande une somme de 3 500 euros au titre de la première instance et de l'appel en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête contenait l'exposé des moyens et conclusions conformément à l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- le mémoire en réclamation a été adressé dans le délai de trente jours à compter de la notification du décompte général, et le tribunal saisi dans le délai de six mois à compter de la notification de la décision de rejet ;
- la décision de rejet de son mémoire en réclamation n'est pas motivée ;
- elle a été contrainte, tout au long du chantier, de satisfaire aux exigences de travaux supplémentaires de la maîtrise d'œuvre, sous peine de voir ses factures non traitées ;
- le cahier des clauses techniques particulières ne demandait pas le classement M1 sur les panneaux de finition intérieure, et le rapport initial de contrôle technique ne faisait pas partie des pièces du marché ;
- la conformité à la classification M1 pouvait être incluse dans le lot peinture, si bien qu'aucun défaut de conseil ne peut lui être reproché ;
- les panneaux n'étaient pas posés à l'envers, et la fixation par vis à plaque de plâtre était provisoire ;
- le fraisage des vis n'était pas prévu par le cahier des clauses techniques particulières ;
- selon le cahier des clauses techniques particulières, un traitement de classe 2 était suffisant pour les poutres abritées ;
- le rainurage du bardage ne faisait pas partie des prestations de son lot ;
- les bandeaux de finition coursive en caillebotis lui ont été imposés par le maître d'œuvre pour des raisons esthétiques ;
- les brise-soleil n'ont pas été posés à l'envers ;
- aucune bavette n'était prévue par le cahier des clauses techniques et les plans d'appel d'offre ;
- les finitions exigées d'elle étaient à la charge du lot " menuiseries extérieures ", tandis que la mise en œuvre d'un vernis intumescent sur les panneaux Rolpin était à la charge du lot peinture ;
- la réalisation d'un habillage entre les faux-poteaux et les brise-soleils ne relevait pas de l'article 3.1.1.2.3 du cahier des clauses techniques particulières ; aucune stipulation n'imposait la mise en place d'un système de blocage et d'arrêtoirs en caoutchouc des brises soleils ;
- aucun retard de chantier ne lui est imputable, et aucune malfaçon n'est établie ;
- les désordres ne lui ont pas été signalés pendant le délai de garantie de parfait achèvement et la demande de la communauté de communes à ce titre constitue un litige distinct de celui soumis au tribunal administratif.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mars 2023, la communauté de communes Cœur Haute Lande, représentée par la SCP Peneau-Descoubes-Peneau, agissant par Me Peneau, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société Lamarque le versement d'une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la société Lamarque a reconnu l'existence de retards par l'accord du 11 janvier 2019 ;
- les malfaçons ont fait l'objet de réserves et l'ont contrainte à pallier la défaillance de la société Lamarque en sollicitant une entreprise tierce pour un montant de 25 600,32 euros ;
- les autres moyens soulevés par la société Lamarque ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 3 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 21 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'arrêté du 8 septembre 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;
- l'arrêté du 20 avril 2017 relatif à l'accessibilité aux personnes handicapées des établissements recevant du public lors de leur construction et des installations ouvertes au public lors de leur aménagement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, ont été entendus :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de M. Duplan, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par acte d'engagement du 1er septembre 2017, la communauté de communes Cœur Haute Lande a confié à la société à responsabilité limitée Lamarque le lot n°3 " charpente-couverture-zinguerie-bardage " du marché de construction d'une maison de santé pluridisciplinaire à Labrit, pour un montant de 258 338 euros hors taxes, sous maîtrise d'œuvre de la société SLK Architectes. Les travaux étaient prévus pour une durée de dix mois et l'ordre de service n°1 de démarrage a été notifié le 28 septembre 2017. Un avenant n°1, conclu le 1er mars 2018, a porté le montant des travaux à 265 138 euros hors taxes. Les travaux relatifs à ce lot ont été réceptionnés avec réserves avec effet au 18 février 2019. Le décompte général a été notifié le 9 mai 2019 par le maître d'ouvrage, faisant apparaître des pénalités de retard s'élevant à 27 000 euros. Par un mémoire en réclamation du 7 juin 2019, la société Lamarque a contesté les pénalités de retard, et demandé le versement d'une somme de 23 911 euros hors taxes au titre de divers travaux supplémentaires, ainsi que la somme de 6 785,22 euros au titre de l'indemnisation des préjudices subis. La communauté de communes Cœur Haute Lande a rejeté cette réclamation par décision du 2 juillet 2019. La société Lamarque a demandé au tribunal administratif de Pau d'annuler pour excès de pouvoir cette décision et de condamner le maître d'ouvrage à lui verser la somme réclamée de 62 478,22 euros. Elle relève appel du jugement du 16 août 2022 par lequel le tribunal a rejeté sa demande.
Sur la régularité du jugement :
2. En principe, les parties à un contrat ne peuvent pas demander au juge l'annulation d'une mesure d'exécution de ce contrat, mais seulement une indemnisation du préjudice qu'une telle mesure leur a causé. La décision par laquelle la communauté de communes Cœur Haute Lande a rejeté la réclamation préalable de la société Lamarque contestant le décompte général est une mesure d'exécution du contrat les liant, qui n'est pas susceptible de faire l'objet d'un recours en annulation, tant devant le juge de plein contentieux que devant le juge de l'excès de pouvoir. Par suite, la société Lamarque n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que les premiers juges ont rejeté ces conclusions comme irrecevables.
3. En revanche, aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête () contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge ". Le tribunal a rejeté comme irrecevables les conclusions de la société Lamarque tendant à la condamnation de la communauté de communes Cœur Haute Lande au paiement des sommes de 2 485,22 euros au titre de frais de trésorerie, de 2 500 euros au titre des préjudices financier et moral et de 1 800 euros au titre d'une indemnité de rédaction du mémoire en réclamation et de frais d'huissiers et divers. Toutefois, la requête de la société Lamarque renvoyait à son mémoire en réclamation, lequel dans son chapitre 4 " règlement " détaillait ces demandes indemnitaires et leurs motifs. Ainsi, la société Lamarque devait nécessairement être regardée comme demandant le paiement de sommes au titre de l'exécution de son marché, sur le fondement de la responsabilité contractuelle.
4. Il s'ensuit que la société Lamarque est fondée à soutenir que c'est à tort que les premiers juges ont rejeté ces conclusions comme irrecevables. Le jugement attaqué doit être annulé dans cette mesure.
5. Il y a lieu de se prononcer par la voie de l'évocation sur ces conclusions et de statuer par l'effet dévolutif de l'appel sur les autres conclusions présentées par la société Lamarque devant le tribunal administratif.
Sur les fins de non-recevoir opposées en première instance :
6. La demande de la société Lamarque, si elle se plaçait, à tort, sur le terrain de l'excès de pouvoir, comprenait l'exposé des faits et l'énoncé des conclusions et moyens, notamment par reprise du mémoire en réclamation détaillé adressé au maître de l'ouvrage. Elle respectait, dès lors, les dispositions de l'article R. 411-1 précité du code de justice administrative.
7. Aux termes de l'article 50.1.1 du cahier des clauses administratives générales (CCAG) applicable aux marchés de travaux, auquel renvoie l'article 2 du cahier des clauses administratives particulières (CCAP) du marché : " Si un différend survient entre le titulaire et le maître d'œuvre, sous la forme de réserves faites à un ordre de service ou sous toute autre forme, ou entre le titulaire et le représentant du pouvoir adjudicateur, le titulaire rédige un mémoire en réclamation. () / Si la réclamation porte sur le décompte général du marché, ce mémoire est transmis dans le délai de trente jours à compter de la notification du décompte général ". Il résulte de l'instruction que le décompte général a été notifié le 9 mai 2019, de sorte que le mémoire en réclamation reçu par la communauté de communes le 7 juin suivant n'était pas tardif.
8. Et aux termes de l'article 50.1.2 du CCAG : " Après avis du maître d'œuvre, le représentant du pouvoir adjudicateur notifie au titulaire sa décision motivée dans un délai de trente jours à compter de la date de réception du mémoire en réclamation ". L'article 50.3.2 stipule que : " Pour les réclamations auxquelles a donné lieu le décompte général du marché, le titulaire dispose d'un délai de six mois, à compter de la notification de la décision prise par le représentant du pouvoir adjudicateur en application de l'article 50.1.2, ou de la décision implicite de rejet conformément à l'article 50.1.3, pour porter ses réclamations devant le tribunal administratif compétent ". Il résulte de l'instruction que la décision du 2 juillet 2019 rejetant le mémoire de réclamation a été notifiée au titulaire le 8 juillet suivant. Dans ces conditions, la demande introduite par la société Lamarque, enregistrée au greffe du tribunal le 7 janvier 2020, n'était pas tardive.
Sur les travaux supplémentaires :
9. Le titulaire du marché a droit au paiement des travaux supplémentaires non prévus au contrat s'ils ont été prescrits par un ordre de service. En outre, les difficultés rencontrées dans l'exécution d'un marché peuvent ouvrir droit à indemnité au profit de l'entreprise titulaire du marché dans la mesure où celle-ci justifie qu'elles sont imputables à une faute de la personne publique commise notamment dans l'exercice de ses pouvoirs de contrôle et de direction du marché, dans l'estimation de ses besoins, dans la conception même du marché ou dans sa mise en œuvre, mais pas du seul fait de fautes commises par d'autres intervenants.
En ce qui concerne le changement des panneaux Rolpin des murs de l'entrée :
10. La société Lamarque soutient que le maître d'œuvre, estimant à tort que les panneaux de contreplaqué pour l'habillage des murs de l'entrée avaient été posés à l'envers et que les jonctions n'étaient pas correctes, a procédé lui-même au démontage et au découpage des panneaux, ce qui l'a contrainte à reprendre sa prestation, à hauteur de 2 200 euros hors taxes. Toutefois, la société requérante n'apporte aucun élément de nature à établir que la pose des panneaux était conforme aux règles de l'art et n'avait pas besoin d'être reprise. Il s'ensuit que la demande de la société Lamarque doit être rejetée.
En ce qui concerne la mise en œuvre d'un vernis intumescent sur les panneaux Rolpin :
11. L'article 3.1.0.1.2 du CCTP du lot n°3 stipule que les travaux et les fournitures doivent être conformes aux règles de sécurité contre l'incendie dans les établissements recevant du public. Il s'ensuit que les panneaux OSB destinés à garnir la face intérieure des murs et plafonds de la maison de santé devaient avoir un classement de résistance au feu, respectivement M2 et M1. La circonstance que les articles 3.1.1.2.1 et 3.1.1.2.4 du CCTP, décrivant les murs et caissons de toiture, ne précisaient pas ce classement, est sans incidence sur les obligations contractuelles de la société Lamarque. Dès lors, celle-ci n'est pas fondée à soutenir que l'application d'un vernis intumescent sur les panneaux Rolpin, destinée à rendre les fournitures conformes aux stipulations contractuelles, sans avoir à effectuer le changement des panneaux, devrait être qualifiée de travaux supplémentaires et rémunérée à hauteur de 2 602,50 euros hors taxes.
En ce qui concerne le bardage bois des poutres lamellées collées périphériques sur la partie extérieure du bâtiment et des parois du patio intérieur :
12. L'article 3.1.0.2.7 " traitement des bois " du CCTP stipule que : " Toutes les pièces de charpente recevront en usine un traitement de classe II (fongicides, insecticides et anti bleuissement sera exigée pour tous les bois : charpente, habillages, planches, bandeaux, etc) pour les pièces abritées. () Un traitement de classe 3b ou 4 par autoclave, pourra être préconisé pour certaines pièces, l'indication en sera donnée à l'article correspondant. () ". Selon l'article 3.1.1.2.6, la " Charpente assemblée lamellé-collé GL24H pin maritime classe 4 " comprend la " Fourniture et pose de poteaux, () Traitement des bois avec produit de classe 4 gris () ", tandis que selon l'article 3.1.1.2.7, la " Charpente assemblée lamelé-collé GL24H pin maritime classe 2 " comprend la " Fourniture et pose de poteaux, poutres et arbalétriers (), Traitement des bois avec produit de classe 2 () ".
13. Il résulte de l'instruction, notamment du compte-rendu de chantier n°25 du 24 mai 2018, que le maître d'œuvre a demandé que les poutres situées en périphérie du bâtiment soient habillées d'un bardage en bois. Il ressort du compte rendu de chantier n°41 du 26 octobre 2018 que la même demande a été faite pour " tout l'intérieur du patio ". Or, ni le CCTP, ni les plans de façade joints aux documents de la consultation et faisant partie des pièces du marché ne prévoyaient le bardage de ces zones. Si la communauté de communes soutient que le bardage a été rendu nécessaire par l'absence de traitement à cœur en classement 3.2 des poutres structurelles en parement extérieur, en violation de la réglementation et de l'article 3.1.0.2.7 du CCTP, elle ne précise pas la norme technique qui aurait été méconnue, tandis qu'il résulte de la combinaison des articles 3.1.0.2.7 et 3.1.1.2.6 et 3.1.1.2.7 précités que les poutres lamellées-collées périphériques, abritées par le débord de toit, ne devaient faire l'objet que d'un traitement en classe 2.
14. Il résulte de ce qui précède que la société Lamarque est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Pau a rejeté sa demande de rémunération de travaux supplémentaires de bardage.
15. La société Lamarque soutient que le bardage supplémentaire a concerné 29,4 m² s'agissant des poutres périphériques, et 52,55 m² s'agissant du patio. La communauté de communes en défense se bornant à invoquer le fait que " les surfaces ne correspondent pas ", il y a lieu d'accorder à la société Lamarque la somme demandée de 5 326,75 euros hors taxes sur la base du prix unitaire de 65 euros le m² de " bardage claire " tel qu'indiqué au point 3.1.1.5.2 du CCTP figurant dans le détail des prix.
En ce qui concerne le rainurage du bardage bois et l'ajout de cornières et de carrelets de finition :
16. Selon l'article 3.1.1.5.1 " Bardage panneaux composite - type Fundermax " du CCTP, la fourniture et pose de panneau compact stratifié comprend la " finition entourage baie de menuiserie ", tandis que selon l'article 3.1.1.5.2 " bardage claire ", la fourniture et pose de " bardage bois à faux claire voie horizontal " comprend " toutes sujétions pour parfait achèvement dans les règles de l'art ".
17. La société Lamarque fait valoir que le maître d'œuvre lui a demandé de réaliser des rainures dans le bardage et réclame à ce titre le versement d'une somme de 1 520 euros hors taxes. Toutefois, la société appelante n'apporte pas davantage d'éléments qu'en première instance de nature à établir que ce rainurage au niveau des trappes des menuiseries intérieures afin d'assurer la ventilation naturelle du bâtiment excéderait les travaux de finition de l'entourage des baies ou pour parfait achèvement dans les règles de l'art, quand bien même les menuiseries auraient subi des modifications en cours de chantier. Il en va de même des ajouts de cornières et de carrelets de finition au niveau de certaines menuiseries.
En ce qui concerne le bandeau périphérique de finition de la terrasse en caillebotis :
18. La société Lamarque soutient que la pose d'un bandeau de finition sur la coursive en caillebotis, demandée par le maître d'ouvrage lors de la réunion de chantier du 8 janvier 2019, doit lui être rémunérée à hauteur de 1 665 euros hors taxes. Il résulte de l'instruction que cette prestation n'était pas prévue au marché. Le maître d'ouvrage soutient néanmoins que ce bandeau a été exigé en raison de la malfaçon affectant une partie de cet espace de circulation, d'une largeur de 1,34 m, et méconnaissant, ainsi qu'il ressort du rapport du bureau de contrôle Apave n°24 du 1er décembre 2018, la largeur de 1,40 m imposée pour les cheminements extérieurs dans les établissements recevant du public par l'article 2 de l'arrêté du 20 avril 2017 relatif à l'accessibilité aux personnes handicapées des établissements recevant du public lors de leur construction et des installations ouvertes au public lors de leur aménagement. Toutefois, en admettant même que la zone concernée, à savoir la partie du platelage permettant l'accès aux cabinets médicaux au droit du bardage, ne puisse être regardée comme un " rétrécissement ponctuel ne pouvant être évité " au sens de l'arrêté du 20 avril 2017, lequel admet alors une largeur du cheminement comprise entre 1,20 et 1,40 m, la communauté de communes n'établit pas que la reprise de ce désordre impliquait, ainsi qu'elle l'a exigé de la société Lamarque, la pose d'un bandeau de finition sur l'ensemble du caillebotis, laquelle semble relever de considérations esthétiques. Il s'ensuit que l'appelante est fondée à soutenir que la charge de cette prestation ne lui incombait pas, et à en demander la rémunération par le maître d'ouvrage, au montant non contesté de 1 665 euros hors taxes.
En ce qui concerne le fraisage des têtes de vis dans les panneaux Rolpin :
19. La société appelante n'apporte aucun élément de nature à remettre en cause l'appréciation des premiers juges selon laquelle le fraisage des panneaux Rolpin exigé par l'architecte afin que les têtes de vis soient positionnées à fleur du bois relève, compte tenu notamment de l'emplacement des panneaux et de la destination du bâtiment, de l'exécution des travaux prévus au marché dans les règles de l'art, quant bien même aucune précision sur ce point ne figurerait dans le cahier des clauses techniques particulières ou dans les plans figurant dans le dossier de la consultation. Les conclusions de la société Lamarque tendant au versement d'une somme de 1 800 euros hors taxes au titre de travaux supplémentaires doivent être rejetées.
En ce qui concerne le percement des poutres lamellées collées :
20. Il ressort des écritures mêmes de la société appelante qu'elle n'a pas pris en charge cette prestation, ainsi que l'ont relevé les premiers juges. Les conclusions de la société Lamarque à fin d'indemnisation de ce chef de préjudice doivent être rejetées.
En ce qui concerne la modification des brise-soleils :
21. Aux termes de l'article 3.1.1.5.3 " Brise soleil devant " du CCTP du marché : " Fourniture et pose de brise soleil bois pin maritime classe 3 gris / Forme, détail et liaisonnement selon choix et détail architecte () ". La société Lamarque fait valoir que les brise-soleils, alors qu'ils montaient sur les plans de l'appel d'offre à une hauteur de 2,50 m sous la poutre périphérique, ont été rehaussés jusqu'à de 2,62 m, partiellement en recouvrement de la poutre, ce qui a représenté une surface et des travaux supplémentaires qu'elle chiffre à 1 574 euros hors taxes. Toutefois, eu égard au caractère limité de cette modification, au fait que la lame supérieure des brise-soleils consiste en un simple habillage avec pare-pluie et aux termes du CCTP, il ne résulte pas de l'instruction que les prestations demandées à la société Lamarque aient excédé les prévisions du marché. La société appelante n'est pas fondée à réclamer une indemnisation à ce titre.
En ce qui concerne la mise en place de bavettes :
22. La société Lamarque soutient que le maître d'œuvre lui a imposé la pose d'une bavette en partie basse du bardage, représentant des travaux supplémentaires n'étant pas expressément mentionnés dans le CCTP, et ne figurant pas sur les plans joints au dossier de consultation des entreprises, pour un montant de 1 310,75 euros hors taxes. Toutefois, compte tenu de la nature de ces travaux, destinés à assurer, conformément aux règles de l'art, la jonction avec l'isolant de soubassement, ceux-ci doivent être regardés comme nécessairement inclus dans la prestation de pose et de fourniture du bardage, lequel comprenait, selon l'article 3.1.1.5.1 du CCTP, les " accessoires spécifiques " dont l'énumération par les stipulations contractuelles n'est pas limitative. Les conclusions de la société Lamarque à ce titre doivent être rejetées.
En ce qui concerne la réalisation d'un habillage entre les faux poteaux et les brise-soleils en façades extérieures :
23. La société Lamarque soutient que le maître d'œuvre a demandé la réalisation d'un habillage entre les faux poteaux et les brise-soleils en façades extérieures, non décrit par le CCTP du lot n°3, qu'elle évalue à 980 euros hors taxes. Toutefois, il résulte de l'instruction que les pare-pluie en surface extérieure du local vélo fournis par l'appelante n'étaient pas anti-UV, en méconnaissance des exigences de l'article 3.1.1.2.3 du CCTP, et que l'habillage exigé avait pour objet de protéger ces pare-pluie des rayons du soleil. Dès lors qu'il n'est pas établi, ni même allégué, que ces travaux destinés à rendre l'ouvrage conforme aux stipulations du marché étaient plus coûteux que le remplacement des pare-pluie, la société Lamarque n'est pas fondée à soutenir que le maître d'ouvrage devrait en supporter le coût.
En ce qui concerne la mise en place de butoirs et d'un système de blocage des brise-soleils :
24. L'article 3.1.1.5.3 " Brise soleil devant " du CCTP du marché, outre qu'il prévoit, ainsi qu'il a été dit, qu'il appartiendra à l'architecte de préciser le détail de la fourniture et de la pose des brise-soleils, stipule que sont comprises dans cette prestation " toutes sujétions pour parfait achèvement dans les règles de l'art ". Or, il résulte de l'instruction que la mise en place de butoirs et d'un système de blocage des brise-soleils a été demandée par le maître d'œuvre afin d'éviter que les lames, se déformant, viennent buter contre les menuiseries. Eu égard au caractère limité de cette prestation, celle-ci doit être regardée comme une sujétion nécessaire au parfait achèvement des travaux dans les règles de l'art entrant dans les prévisions du contrat. Ainsi, les conclusions de la société Lamarque à ce titre doivent être rejetées.
Sur les autres préjudices :
25. La société Lamarque demande que la communauté de communes Cœur Haute Lande soit condamnée à lui régler les sommes de 2 485,22 euros au titre des frais de trésorerie, 2 500 euros, au titre des préjudices financier et moral et 1 800 euros au titre d'indemnité de rédaction du mémoire en réclamation et de frais d'huissiers et divers. Toutefois, elle se borne à invoquer des fautes commises par le maître d'œuvre, qui aurait refusé à tort de verser les acomptes à partir du mois de novembre 2018 afin de faire pression sur elle, n'aurait pas maîtrisé les délais ni géré correctement le chantier, fautes qui, à les supposer établies, ne sont pas de nature à engager la responsabilité du maître d'ouvrage. La société appelante n'établit pas plus la réalité des préjudices qu'elle invoque. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées.
Sur les désordres :
26. La communauté de communes soutient que l'éventuelle créance de la société Lamarque doit être compensée par la créance qu'elle détient sur l'entreprise au titre des dépenses qu'elle a dû engager pour réparer les malfaçons affectant le bâtiment. Elle produit une facture de la société Dupin du 15 juillet 2020 portant sur la mise en place de larmiers bas de pente pour 5 494 euros hors taxes, sur la fixation des sous-faces des avant-toits pour 1 672 euros hors taxes, sur le remplacement d'éléments de serrurerie non galvanisés, pour 1 164,80 euros hors taxes, sur la reprise de la zinguerie pour 11 864,60 euros hors taxes, enfin sur la reprise des sorties de ventilation pour 1 440 euros. Toutefois, ni cette facture, ni les constats d'huissier en date des 8 novembre et 12 décembre 2019 n'établissent que ces travaux auraient pour objet de reprendre des malfaçons ou des non-façons de la part de la société Lamarque alors que celle-ci soutient, d'une part, avoir levé l'ensemble des réserves constatées à la réception, et notamment que l'ensemble des éléments de fixation produits sont traités contre la corrosion, d'autre part, que les infiltrations constatées dans la coursive à compter de l'été 2019 ne lui sont pas imputables, et en particulier que le système de raccordement des écrans sous toiture aux gouttières est conforme aux normes techniques et aux règles de l'art. Par suite, et en tout état de cause, la communauté de communes n'est pas fondée à soutenir que le coût de reprise de ces désordres devrait être mis à la charge de la société appelante.
27. Il résulte de tout ce qui précède que la communauté de communes Cœur Haute Lande doit être condamnée à verser à la société Lamarque la somme de 6 991,75 euros hors taxes, soit 8 390,10 euros toutes taxes comprises.
Sur les pénalités de retard :
28. Selon l'article 3 de l'acte d'engagement, le délai d'exécution pour l'ensemble des lots était de dix mois, dont un mois de préparation, à compter de la notification à chaque titulaire de lot de l'ordre de service prescrivant de commencer les travaux. L'article 4.1 du cahier des clauses administratives particulières précise qu'un calendrier prévisionnel est joint en annexe. Le A de l'article 4.3.1. stipule qu'en cas de retard sur le délai d'exécution propre au lot concerné comparativement au calendrier détaillé d'exécution, il est fait application d'une pénalité journalière de 200 euros hors taxes. Le B de cet article prévoit que l'entrepreneur encourt une retenue journalière provisoire du même montant en cas de retard sur les délais particuliers correspondant à ses interventions successives sur le chantier, qui est transformée en pénalité définitive si les travaux ne sont pas achevés dans le délai d'exécution propre à son lot.
29. Aux termes de l'article 19 du CCAG : " 19.1.1. Le délai d'exécution du marché comprend la période de préparation définie à l'article 28.1 et le délai d'exécution des travaux défini ci-dessous. Un ordre de service précise la date à partir de laquelle démarre la période de préparation. / Le délai d'exécution des travaux est celui imparti pour la réalisation des travaux incombant au titulaire, y compris le repliement des installations de chantier et la remise en état des terrains et des lieux. Un ordre de service précise la date à partir de laquelle démarre le délai d'exécution des travaux. () / 19.1.4. Dans le cas de travaux allotis, le délai d'exécution des travaux incombant au titulaire est fixé par le représentant du pouvoir adjudicateur au sein du délai global d'exécution de l'ensemble des travaux allotis tous corps d'état confondus et en tenant compte d'un calendrier prévisionnel d'exécution précisant les dates d'intervention relatives à chaque lot, et figurant en annexe de l'acte d'engagement. / Ce délai d'exécution est confirmé ou modifié pendant la période de préparation du chantier dans les conditions prévues à l'article 28.2. () ". Et aux termes de l'article 28 du CCAG : " 28. 2. 3. Cas des travaux allotis. / Dans le cas de travaux allotis, le calendrier détaillé d'exécution est élaboré par le responsable de la mission d'ordonnancement-pilotage-coordination (OPC) du chantier, en concertation avec les titulaires des différents lots, puis il est soumis par le maître d'œuvre à l'approbation du représentant du pouvoir adjudicateur, au plus tard dix jours avant l'expiration de la période de préparation. Ce calendrier est ensuite notifié par ordre de service aux titulaires de chacun des lots. Jusqu'à l'intervention d'un accord entre les entreprises concernées, le calendrier prévisionnel mentionné à l'article 19. 1. 4 s'applique ".
30. Le calendrier prévisionnel joint au CCAP prévoyait que la société Lamarque interviendrait sur le chantier du 10 janvier 2018 au 6 avril 2018. L'ordre de service de démarrage de la période de préparation a été notifié à la société Lamarque, ainsi qu'il a été dit, le 28 septembre 2017. Un nouveau calendrier a été notifié à l'entreprise le 5 octobre 2017, reportant son intervention au 1er février 2018, jusqu'au 30 avril 2018. La réception des travaux ayant été prononcée le 18 février 2019, la communauté de communes Cœur Haute Lande estime que le retard imputable à la société Lamarque est supérieur à six mois, mais a modulé les pénalités qu'elle lui a infligées à hauteur de 27 000 euros, correspondant à 135 jours.
31. Toutefois, en premier lieu, il résulte de l'instruction que le 26 janvier 2018, un nouveau calendrier d'exécution a été notifié à la société Lamarque, reportant le début de son intervention au 10 février 2018, enfin un dernier calendrier d'exécution a fixé le début des travaux du lot n°3 au 14 février 2018, jusqu'au 3 août 2018. Le maître d'ouvrage soutient que ces décalages de planning ont été causés par le retard de l'entreprise à remettre ses documents d'exécution, lesquels devaient être produits avant la fin de la période de préparation, le 28 octobre 2017, que l'entreprise n'a transmis que le 4 décembre 2017, et qui n'ont été validés que le 18 janvier 2018. Toutefois, d'une part, elle n'apporte aucun élément de nature à établir ce retard, tandis que le tableau établi par le maître d'œuvre mentionne une remise le 2 novembre 2017 et un retard de sept jours pour l'établissement des documents d'exécution. D'autre part, elle ne démontre pas que ce retard de la société Lamarque aurait eu une incidence sur le déroulement du chantier alors que le premier décalage de son intervention au 1er février 2018 lui a été notifié, ainsi qu'il a été dit, dès le 5 novembre 2017. Il s'ensuit que le report de la fin de l'intervention de l'appelante au 3 août 2018 ne peut être regardé comme lui étant imputable.
32. En deuxième lieu, la société Lamarque fait valoir que le 15 mai 2018, conformément au dernier calendrier, elle avait achevé les travaux de zinguerie et de charpente. Il résulte ensuite de l'instruction, notamment de ses courriels du 19 septembre et 28 novembre 2018 qu'en raison du retard du lot Voirie et Réseaux Divers, elle a été empêchée d'achever les terrasses en bois, finir les murs en ossature bois pour fermer le patio, réaliser le portail, le local vélo et le bardage " fundermax ", et qu'elle n'a pu intervenir qu'à compter du 24 septembre 2018. En revanche, il n'est pas établi que des modifications concernant les brise-soleils, qui ne lui seraient pas imputables, ou les travaux supplémentaires reconnus aux points précédents auraient, à compter de cette date, prolongé son intervention sur le chantier. Compte tenu des délais de quinze jours pour la réalisation du bardage, dix jours pour le local vélo et de sept jours pour la pose des terrasses qui lui étaient octroyés par le calendrier d'exécution, le retard du chantier doit être regardé comme imputable à la société Lamarque à compter du 25 octobre 2018.
33. En troisième lieu, si la société Lamarque a informé le maître d'ouvrage, le 12 février 2019, que les prestations de son lot étaient achevées, il résulte de l'instruction, ainsi qu'il a été dit, que la réception a eu lieu le 18 février 2019 après le passage du bureau de contrôle Apave, si bien que les travaux doivent être regardés comme exécutés à cette date. Ainsi, le retard imputable à la société Lamarque débute le 25 octobre 2018 et s'achève le 18 février 2019, soit 116 jours.
34. En quatrième lieu, contrairement à ce que soutient le maître d'ouvrage, il ne ressort pas du compte-rendu de la réunion de conciliation du 11 janvier 2019 que la société Lamarque aurait reconnu, lors de cette réunion, le bien fondé des pénalités de retard que la communauté de communes envisageait de lui infliger.
35. En cinquième lieu, la société Lamarque ne peut, en tout état de cause, utilement soutenir avoir participé, sauf impossibilité justifiée, aux réunions de chantier, ni avoir remis les documents d'exécution dans les délais prescrits par les stipulations contractuelles, dès lors qu'aucune pénalité ne lui a été infligée à ces titres.
36. Il résulte de tout ce qui précède que la société Lamarque est fondée à soutenir que le montant des pénalités de retard doit être ramené à la somme de 23 200 euros.
Sur les frais de l'instance :
37. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Lamarque, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la communauté de communes Cœur Haute Lande demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de la communauté de communes Cœur Haute Lande une somme globale de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société Lamarque en première instance comme en appel.
DECIDE :
Article 1er : Le jugement du tribunal administratif de Pau est annulé.
Article 2 : La communauté de communes Cœur Haute Lande est condamnée à verser à la société Lamarque la somme de 8 390,10 euros toutes taxes comprises au titre des travaux supplémentaires.
Article 3 : Le montant des pénalités de retard infligées à la société Lamarque est ramené à la somme de 23 200 euros.
Article 4 : La communauté de communes Cœur Haute Lande versera à la société Lamarque une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6 : Le présent arrêt sera notifié à la société à responsabilité limitée (SARL) Lamarque et à la communauté de communes Cœur Haute Lande.
Délibéré après l'audience du 17 juin 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Ghislaine Markarian, présidente,
M. Frédéric Faïck, président assesseur,
M. Julien Dufour, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 10 juillet 2024.
Le rapporteur,
Julien A
La présidente,
Ghislaine Markarian La greffière,
Catherine Jussy
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°22BX02658
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026