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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-22BX02698

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-22BX02698

mercredi 19 avril 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-22BX02698
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantZORO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Poitiers d'annuler la décision du 30 mai 2022 par laquelle la préfète des Deux-Sèvres a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.

Par un jugement n° 2201489 du 22 septembre 2022, le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête, enregistrée le 18 octobre 2022, M. B, représenté par Me Zoro, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Poitiers du 22 septembre 2022 ;

2°) d'annuler la décision de la préfète des Deux-Sèvres du 30 mai 2022 ;

3°) d'enjoindre à la préfète des Deux-Sèvres de lui délivrer une carte de séjour temporaire dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et à défaut, de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous la même astreinte, et de lui délivrer durant ce temps une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'un vice de procédure tiré du défaut de saisine de la commission du titre de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ainsi que celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que, contrairement à ce qui a été affirmé dans le jugement attaqué, il existait bel et bien une vie commune avant le mariage et une insertion professionnelle ancienne ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il a désormais le centre de ses intérêts privés et familiaux sur le territoire français auprès de son épouse avec laquelle il vivait antérieurement à leur mariage ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle emporte sur sa situation ;

- la décision fixant le pays de renvoi est illégale en conséquence de l'illégalité des autres décisions.

Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme Karine Butéri, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. M. B, ressortissant algérien, est selon ses déclarations entré en France via l'Allemagne le 6 décembre 2019 muni d'un visa de type D valable du 29 novembre 2019 au 24 décembre 2019. Il a déposé une demande d'asile qui a été définitivement rejetée par la Cour nationale du droit d'asile le 3 février 2021 et a fait l'objet, le 18 juin 2021, d'un refus de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français. Le 14 août 2021, il s'est marié avec une ressortissante française et a sollicité, le 15 novembre 2021, un certificat de résidence en qualité de conjoint de français. Par une décision du 30 mai 2022, la préfète des Deux-Sèvres a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. B relève appel du jugement du 22 septembre 2022 par lequel le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cette décision.

3. En premier lieu, au soutien de ses moyens de première instance tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien, de celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur sa situation, qu'il reprend en appel dans des termes similaires, M. B produit, pour établir l'existence d'une communauté de vie antérieure au mariage célébré le 14 août 2021, des attestations de témoin et une facture d'électricité du 1er mai 2021 mentionnant leurs deux noms et, pour justifier l'insertion professionnelle dont il se prévaut, un contrat de travail daté du 11 mars 2022. Toutefois, ces documents ne permettent pas de remettre en cause l'appréciation des premiers juges qui ont à juste titre estimé qu'à la date de la décision litigieuse la vie commune était en tout état de cause récente et l'insertion professionnelle insuffisamment ancienne. Dès lors, ces moyens ne peuvent qu'être écartés.

4. En deuxième lieu, M. B, en reprenant dans des termes similaires les autres moyens visés ci-dessus sans critique utile du jugement, n'apporte en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau de nature à remettre en cause l'appréciation des premiers juges qui y ont pertinemment répondu. Par suite, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Poitiers.

5. Enfin, en dernier lieu, il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à invoquer, par voie d'exception, à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de renvoi, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions à fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B. Une copie sera adressée pour information à la préfète des Deux-Sèvres.

Fait à Bordeaux, le 19 avril 2023.

Karine Butéri

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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