mercredi 19 avril 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX02714 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | DIA |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. D C a demandé au tribunal administratif de Limoges d'annuler l'arrêté du 28 juin 2022 par lequel la préfète de la Haute-Vienne lui a retiré son attestation de demande d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Par un jugement n° 2200998 du 20 septembre 2022, le président du tribunal administratif de Limoges a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête, enregistrée le 19 octobre 2022, M. C, représenté par Me Dia, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du président du tribunal administratif de Limoges du 20 septembre 2022 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 28 juin 2022 de la préfète de la Haute-Vienne ;
3°) d'enjoindre à la préfète de la Haute-Vienne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ou un récépissé valable six mois, durant le temps de l'examen approfondi de sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé ce délai ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à son conseil, de la somme de 2 400 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- le jugement est insuffisamment motivé en ce qu'il n'expose pas les motifs pour lesquels il a écarté les moyens tirés de l'insuffisance de motivation de la décision en litige et du défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ni ceux pour lesquels il n'a pas retenu l'atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- l'arrêté litigieux est entaché d'incompétence dès lors qu'il ne porte pas mention de la délégation de signature laquelle n'a pas été communiquée et dont on ignore si elle a été publiée ;
- cet arrêté est entaché d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen sérieux de sa situation dès lors qu'il n'a pas pris en compte les éléments de sa situation personnelle à savoir qu'il entretient une communauté de vie régulière avec sa compagne de nationalité française depuis juin 2019, qu'ils ont un projet de mariage depuis juillet 2020 et qu'il dispose d'une promesse d'embauche en qualité d'agent d'entretien ;
- il porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2022/015179 du 8 décembre 2022 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux.
Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme B A en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. C, ressortissant guinéen, est entré en France le 19 octobre 2017, selon ses déclarations. Le 10 juin 2021, il a déposé une demande d'asile qui a été rejetée le 20 juillet 2021 par l'Office français pour la protection des réfugiés et apatrides puis par la Cour nationale du droit d'asile le 9 juin 2022. Par un arrêté du 28 juin 2022, la préfète de la Haute-Vienne lui a retiré son attestation de demande d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an. M. C relève appel du jugement du 20 septembre 2022 par lequel le président du tribunal administratif de Limoges a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur la régularité du jugement attaqué :
3. Contrairement à ce que soutient le requérant, le jugement en ses points 3 et 6 expose précisément les motifs pour lesquels les premiers juges ont estimé, d'une part, que les moyens tirés de l'insuffisance de motivation de la décision en litige et du défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle et, d'autre part, que le moyen tiré de l'atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale devaient être écartés. Il n'est donc pas fondé à soutenir que le jugement attaqué est entaché d'une insuffisance de motivation.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. En premier lieu, au soutien du moyen qu'il reprend en appel tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision en litige, M. C fait valoir que cette dernière ne porte pas mention de la délégation de signature ni de sa publication et que cette délégation n'a pas non plus été versée au dossier. Ainsi que l'a relevé le tribunal, M. Jean-Philippe Aurignac, secrétaire général de la préfecture de la Haute-Vienne et signataire de l'arrêté contesté, bénéficie d'une délégation de signature de la préfète de la Haute-Vienne en date du 16 juin 2022, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs n° 87-2022-06-16-00001 du 16 juin 2022, " à l'effet de signer les arrêtés, décisions et actes pris sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ". Il ressort des pièces du dossier de première instance que cet arrêté de délégation, au demeurant librement accessible sur le site internet de la préfecture, a été produit par le préfet de la Haute-Vienne. La circonstance qu'il n'est pas visé par la décision contestée n'entache pas cette dernière d'incompétence de son auteur. Dès lors, le moyen doit être écarté.
5. En deuxième lieu, M. C reprend en appel ses moyens invoqués en première instance tirés de l'insuffisance de motivation de l'arrêté en litige, d'un défaut d'examen sérieux de sa situation et de l'atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au soutien desquels il fait valoir que la réalité de sa situation personnelle n'a pas été prise en compte. Toutefois, d'une part, l'arrêté attaqué mentionne la relation avec une ressortissante française dont M. C a fait état. D'autre part, ainsi que l'ont à juste titre considéré les premiers juges, cette relation était récente à la date de la décision attaquée. S'il ressort des pièces du dossier d'appel que M. C s'est marié le 21 janvier 2023, cet évènement est postérieur à la décision litigieuse. En outre, par la seule production d'une promesse d'embauche datée du 27 juillet 2022, l'intéressé ne justifie pas d'une particulière intégration sociale ou professionnelle dans la société française alors qu'il a vécu en Guinée jusqu'à l'âge de 34 ans. Dès lors, il y a lieu d'écarter les moyens.
6. En troisième lieu, M. C soulève en appel un nouveau moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales au soutien duquel il fait état des sévices qu'il a subis dans son pays d'origine. Toutefois, en se bornant à produire un certificat médical daté du 2 juin 2017 établi par un praticien hospitalier du CHU de Limoges qui mentionne que l'examen médico-légal montre de nombreuses cicatrices compatibles avec son récit, au demeurant produit devant la Cour nationale du droit d'asile, M. C ne démontre pas être personnellement et actuellement exposé à des risques de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour en Guinée. Par suite, il y a lieu de d'écarter le moyen.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D C.
Une copie sera adressée pour information à la préfète de la Haute-Vienne.
Fait à Bordeaux, le 19 avril 2023.
Karine A
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026