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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-22BX02730

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-22BX02730

mercredi 26 avril 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-22BX02730
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantDIA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Limoges d'annuler l'arrêté du 6 juillet 2022 par lequel la préfète de la Haute-Vienne a refusé de renouveler son attestation de demande d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Par un jugement n° 2201108 du 22 septembre 2022, le président du tribunal administratif de Limoges a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête, enregistrée le 21 octobre 2022, M. A, représenté par Me Dia, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du président du tribunal administratif de Limoges du 22 septembre 2022 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 6 juillet 2022 de la préfète de la Haute-Vienne ;

3°) d'enjoindre à la préfète de la Haute-Vienne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ou un récépissé valable six mois, durant le temps de l'examen approfondi de sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé ce délai ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à son conseil, de la somme de 2 400 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- le jugement est insuffisamment motivé en ce qu'il n'expose pas les motifs pour lesquels il a écarté les moyens tirés de l'insuffisance de motivation de la décision en litige et du défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ni ceux pour lesquels il n'a pas retenu l'atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;

- l'arrêté litigieux est entaché d'incompétence dès lors qu'il ne porte pas mention de la délégation de signature laquelle n'a pas été communiquée et dont on ignore si elle a été publiée ;

- cet arrêté est entaché d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen sérieux de sa situation dès lors qu'il n'a pas pris en compte les éléments de sa situation personnelle à savoir qu'il est en France depuis 4 ans, qu'il travaille régulièrement et est actuellement ouvrier agricole, qu'il s'est constitué un cercle d'amis à Limoges, que son épouse est décédée le 10 mars 2022 et qu'il n'a plus aucune attache dans son pays d'origine ;

- il porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2022/015138 du 8 décembre 2022 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux.

Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme Karine Butéri, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. M. A, ressortissant guinéen, est entré en France le 1er décembre 2018, selon ses déclarations. Le 8 mars 2019, il a déposé une demande d'asile qui a été rejetée le 8 mars 2021 par l'Office français pour la protection des réfugiés et apatrides dont la décision a été confirmée le 7 septembre 2021 par la Cour nationale du droit d'asile. Par un arrêté du 6 juillet 2022, la préfète de la Haute-Vienne a refusé de renouveler son attestation de demande d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an. M. A relève appel du jugement du 22 septembre 2022 par lequel le président du tribunal administratif de Limoges a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

Sur la régularité du jugement attaqué :

3. Contrairement à ce que soutient le requérant, le jugement en ses points 3 et 4 expose précisément les motifs pour lesquels le premier juge a estimé, d'une part, que les moyens tirés de l'insuffisance de motivation de la décision en litige et du défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle et, d'autre part, que le moyen tiré de l'atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale devaient être écartés. Il n'est donc pas fondé à soutenir que le jugement attaqué est entaché d'une insuffisance de motivation.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

4. En premier lieu, au soutien du moyen qu'il reprend en appel tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision en litige, M. A fait valoir que cette dernière ne porte pas mention de la délégation de signature ni de sa publication et que cette délégation n'a pas non plus été versée au dossier. Ainsi que l'a relevé le premier juge, M. Aurignac, secrétaire général de la préfecture de la Haute-Vienne et signataire de l'arrêté contesté, bénéficie d'une délégation de signature de la préfète de la Haute-Vienne en date du 16 juin 2022, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs du même jour, " à l'effet de signer les arrêtés, décisions et actes pris sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ". Il ressort des pièces du dossier de première instance que cet arrêté de délégation, au demeurant librement accessible sur le site internet de la préfecture, a été produit par le préfet de la Haute-Vienne. La circonstance qu'il n'est pas visé par la décision contestée n'entache pas cette dernière d'incompétence de son auteur. Dès lors, le moyen doit être écarté.

5. En second lieu, M. A reprend en appel ses moyens invoqués en première instance tirés de l'insuffisance de motivation de l'arrêté en litige, d'un défaut d'examen sérieux de sa situation, de l'atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision prise sur sa situation au soutien desquels il fait valoir que la réalité de sa situation personnelle n'a pas été prise en compte. Toutefois, d'une part, l'arrêté attaqué fait état de la situation administrative, personnelle et familiale de M. A. La circonstance, dont il se prévaut en appel, que la personne qu'il présente comme son épouse est décédée le 10 mars 2022 n'est pas de nature à remettre en cause l'appréciation du premier juge qui avait notamment relevé que les deux enfants mineurs de l'intéressé résident dans son pays d'origine où il a vécu la majeure partie de sa vie. D'autre part, ainsi que l'a à juste titre considéré le premier juge, les éléments relatifs à l'emploi de M. A en qualité d'ouvrier agricole dans le cadre de deux contrats à durée déterminée de moins d'un mois et d'une dizaine de jours ne sont pas suffisants pour justifier d'une intégration sociale ou professionnelle particulière. Dès lors, il y a lieu d'écarter les moyens.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Une copie sera adressée pour information à la préfète de la Haute-Vienne.

Fait à Bordeaux, le 26 avril 2023.

Karine Butéri

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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Refus de conditions matérielles d’accueil par l’OFII – Cour Administrative d’Appel de Nantes (juge des référés) – Rejet de la requête de M. B..., ressortissant tchadien, contestant le refus de l’OFII fondé sur l’absence de demande d’asile dans le délai de 90 jours (article L. 551-15 du CESEDA). La cour confirme le jugement du tribunal administratif de Nantes, estimant que la décision est suffisamment motivée et que l’allégation de vulnérabilité, non étayée, ne constitue pas un motif légitime. La requête est rejetée comme manifestement dépourvue de fondement.

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