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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-22BX02782

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-22BX02782

mardi 7 mars 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-22BX02782
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème chambre (formation à 3)
Avocat requérantSELARL AEQUAE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme D B a demandé au tribunal administratif de Limoges d'annuler l'arrêté du 2 mai 2022 par lequel le préfet de l'Indre a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays de renvoi.

Par un jugement n° 2200742 du 29 septembre 2022, le tribunal administratif de Limoges a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 28 octobre 2022, Mme D B, représentée par Me Touglo, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement n° 2200742 du tribunal administratif ;

2°) d'annuler l'arrêté préfectoral du 2 mai 2022 en litige ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Indre de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

4°) à défaut, d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient, en ce qui concerne le refus de titre de séjour, que :

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- dès lors qu'elle a levé le secret médical, le préfet était en mesure d'apporter la preuve de la régularité de la procédure suivie devant l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), soit de l'établissement régulier du rapport médical adressé à cette instance sur la base de son entier dossier médical ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;

- le préfet s'est cru en situation de compétence liée pour prendre sa décision ;

- la décision a méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle a méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

- elle n'a pas respectée la procédure contradictoire organisée par le code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Elle soutient, en ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français, que :

- cette décision est illégale en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour ;

- le préfet s'est cru en situation de compétence liée ;

- l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été méconnu ;

- l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales a été méconnu ;

- l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant a été méconnu ;

- une erreur manifeste d'appréciation a été commise ;

Elle soutient, en ce qui concerne le délai de départ volontaire, que :

- cette décision est illégale en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

Elle soutient, en ce qui concerne le pays de renvoi, que :

- cette décision est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.

Par une ordonnance du 15 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 janvier 2023 à 12h00.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. C A a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B est une ressortissante béninoise née le 1er décembre 1962 qui est entrée sur le territoire français le 1er juillet 2019 munie d'un visa de court séjour. Le préfet de l'Indre lui a délivré une autorisation provisoire de séjour pour bénéficier de soins pendant une durée de six mois, puis un titre de séjour pour raison de santé valable un an à compter du 23 décembre 2020. Le 28 décembre 2021, Mme B a sollicité le renouvellement de son titre de séjour mais, par un arrêté du 2 mai 2022, le préfet de l'Indre a rejeté cette demande et assorti son refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et de la désignation du pays de renvoi. Mme B a demandé au tribunal administratif de Limoges d'annuler l'arrêté préfectoral du 2 mai 2022. Elle relève appel du jugement rendu le 29 septembre 2022 par lequel le tribunal a rejeté sa demande.

Sur la régularité du jugement attaqué :

2. Dans son mémoire en réplique de première instance enregistré le 16 juin 2022 à 16h49, soit avant la clôture de l'instruction fixée le 16 juin 2022 à 17h00, Mme B a soutenu, en sus de ses moyens soulevés dans sa requête introductive, que l'arrêté en litige avait méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Les premiers juges, qui n'ont pas visé ce mémoire, ont omis de répondre à ces moyens qui n'étaient pas inopérants. Ce faisant, ils ont insuffisamment motivé leur jugement qui est ainsi entaché d'une irrégularité justifiant qu'il soit annulé.

3. Il y a lieu pour la cour d'évoquer et de statuer sur la demande de première instance de Mme B.

Sur la légalité de l'arrêté du 2 mai 2022 :

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. () La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ". Aux termes de l'article R. 425-11 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis () au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 27 décembre 2016 : " L'étranger qui dépose une demande () de renouvellement d'un document de séjour pour raison de santé est tenu () de faire établir un certificat médical relatif à son état de santé () ". Aux termes de l'article 3 de cet arrêté : " Au vu du certificat médical et des pièces qui l'accompagnent ainsi que des éléments qu'il a recueillis au cours de son examen éventuel, le médecin de l'office établit un rapport médical () ". Aux termes de l'article 5 du même arrêté : " Le collège de médecins à compétence nationale de l'office comprend trois médecins () à l'exclusion de celui qui a établi le rapport () ". Enfin, selon l'article 6 de cet arrêté du 27 décembre 2016 : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis () ".

5. Le préfet de l'Indre justifie, en le produisant, de l'existence de l'avis du 1er avril 2022 par lequel le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a estimé que l'état de santé de Mme B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans son pays d'origine, elle peut effectivement y bénéficier d'un traitement approprié.

6. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du bordereau de transmission du 1er avril 2022, que l'état de santé de Mme B a fait l'objet d'un rapport établi par un médecin de l'OFII le 20 février 2022, lequel a été transmis au collège de médecins le 15 mars 2022. Ce collège a ainsi examiné la demande de renouvellement du titre de séjour de Mme B sur la base du rapport médical et son avis a été rendu dans une composition qui ne comprenait pas l'auteur de ce rapport, conformément aux dispositions précitées de l'arrêté du 27 décembre 2016.

7. Les mentions figurant sur l'avis du collège de médecins permettent d'identifier l'identité de ses signataires. Les médecins concernés figurent sur la liste, annexée à la décision publiée du 8 juin 2017 du directeur général de l'OFII, portant désignations au collège de médecins à compétence nationale de cet office, et ils pouvaient en conséquence régulièrement signer l'avis en cause.

8. Aucune disposition législative ou réglementaire n'impose, à peine d'irrégularité de la procédure, la communication à l'étranger des éléments d'information utilisés par l'auteur du rapport médical et par les membres du collège de médecins ni même de l'avis de ce collège.

9. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des mentions figurant sur l'avis du 1er avril 2022, lesquelles font foi jusqu'à preuve du contraire, que les médecins ont délibéré collégialement avant de prendre position.

10. Il résulte de ce qui précède que la procédure suivie n'est pas irrégulière.

11. En deuxième lieu, l'arrêté en litige vise notamment les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République du Bénin ainsi que les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application. Par ailleurs, dans sa décision, le préfet a rappelé la teneur de l'avis du collège de médecins de l'OFII et relaté avec une précision suffisante les circonstances caractérisant la situation administrative, personnelle et familiale de Mme B. Par suite, le moyen tiré du caractère insuffisant de la motivation de l'arrêté contesté doit être écarté.

12. En troisième lieu, il ressort de la motivation de la décision en litige que le préfet a procédé à un examen circonstancié de la situation personnelle de la requérante.

13. En quatrième lieu, il ne ressort pas des motifs de la décision attaquée que le préfet se serait, au prix d'une erreur de droit, mépris sur l'étendue de sa compétence en s'estimant tenu de suivre l'avis du collège de médecins de l'OFII pour rejeter la demande de renouvellement du titre de séjour.

14. En cinquième lieu, le collège de médecins de l'OFII a estimé, dans son avis du 1er avril 2022, que l'état de santé de Mme B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais que, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans son pays d'origine, cette dernière peut effectivement y bénéficier d'un traitement approprié. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'OfII venant au soutien de ses dires, doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi.

15. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a souffert d'un carcinome du col utérin qui a été soigné en France par radio chimiothérapie. Selon le compte-rendu d'imagerie par résonance magnétique (IRM) pelvienne, réalisé le 21 janvier 2022 dans le cadre d'un bilan à deux ans de la radio chimiothérapie, Mme B présente un aspect post-thérapeutique sans signe de récidive locorégionale. Il ressort également du compte-rendu de consultation effectuée le 25 janvier 2022 auprès d'un médecin cancérologue que l'intéressée est en état de rémission complète depuis plus de deux ans. Ce même compte-rendu précise que Mme B doit être revue dans six mois pour un bilan sanguin et un scanner, et incite cette dernière à se soumettre à un suivi gynécologique. La rémission complète de Mme B est, au surplus, confirmée par le certificat médical du 3 juin 2022 rédigé par le médecin du centre de radiothérapie qui a pris en charge l'intéressée.

16. Il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment des extraits du plan national de développement sanitaire 2018-2022 établi par le ministère de la santé du Bénin, que Mme E ne pourrait bénéficier d'un suivi médical effectif dans ce pays, contrairement à ce qu'a estimé le préfet sur la base de l'avis collégial des médecins de l'OFII. Si la requérante fait encore valoir que les séances de radio chimiothérapie qu'elles a subies lui ont causé des douleurs lombaires, il n'est pas non plus établi au dossier que le traitement médical dont a elle besoin pour soulager ces douleurs ne serait pas effectivement accessible au Bénin.

17. Dans ces circonstances, le préfet n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en prenant l'arrêté en litige.

18. En sixième lieu, les soins dont Mme B a bénéficié pendant près de trois ans en France ne lui donnent pas vocation, par eux-mêmes, à demeurer sur le territoire français. Il est néanmoins vrai que Mme B a un fils qui séjourne en France sous couvert d'une carte de résident, trois petits-enfants et qu'elle est hébergée à Déols par la belle-sœur de son fils. Pour autant, elle est entrée en France à l'âge de 56 ans et a donc passé l'essentiel de son existence dans son pays d'origine où elle conserve de fortes attaches familiales dès lors que son époux et ses trois autres enfants y résident. Dans ces conditions, le préfet n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de la requérante à mener une vie privée et familiale normale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

19. En septième lieu, si la requérante fait état des relations qu'elle a nouées en France avec ses petits-enfants nés en 2008, 2010 et 2015, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en prenant la décision en litige, le préfet aurait porté une atteinte aux intérêts supérieurs de ces derniers, qui vivent avec leur père et mère. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

20. En huitième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision en litige serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de la requérante.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

21. En premier lieu, la décision portant refus de séjour n'étant pas entachée d'illégalité, la requérante n'est pas fondée à exciper de son illégalité à l'appui de sa contestation de l'obligation de quitter le territoire français.

22. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet se serait, au prix d'une erreur de droit, estimé tenu de prendre l'obligation de quitter le territoire français en litige, en omettant ainsi de procéder à un examen circonstancié de la situation personnelle de la requérante.

23. En troisième lieu, ainsi qu'il a été dit au point 16, il n'est pas établi que le suivi médical dont a besoin Mme B ne serait pas possible dans son pays d'origine. Par suite, l'obligation de quitter le territoire français en litige n'a pas méconnu les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

24. En quatrième lieu, il résulte des points 18 à 20 que les moyens tirés de l'atteinte à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, à l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision fixant à trente jours le délai de départ volontaire :

25. En premier lieu, les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachées d'illégalité, la requérante n'est pas fondée à exciper de leur illégalité à l'appui de sa contestation de la décision fixant le délai de départ volontaire.

26. Le délai de trente jours accordé à un étranger pour exécuter une obligation de quitter le territoire français correspond au délai de droit commun susceptible d'être accordé en application de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, visé par l'arrêté en litige. Dans ces conditions, la fixation à trente jours du délai de départ volontaire accordé à Mme B n'avait pas à faire l'objet d'une motivation spécifique. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit ainsi être écarté.

27. En troisième lieu, il résulte du point 20 que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

En ce qui concerne le pays de renvoi :

28. Les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachées d'illégalité, la requérante n'est pas fondée à exciper de leur illégalité à l'appui de sa contestation de la décision fixant le pays de renvoi.

29. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté en litige du 2 mai 20122. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

30. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat, qui ne peut être regardé comme la partie perdante à l'instance, la somme que demande l'appelante au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE

Article 1er : Le jugement n° 2200742 du tribunal administratif de Limoges du 29 septembre 2022 est annulé.

Article 2 : La demande de première instance et le surplus des conclusions d'appel de Mme B sont rejetés.

Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à Mme D F épouse B et au ministre de l'intérieur. Copie pour information en sera délivrée au préfet de l'Indre.

Délibéré après l'audience du 6 février 2023 à laquelle siégeaient :

Mme Florence Demurger, présidente,

M. Frédéric Faïck, président-assesseur,

M. Anthony Duplan, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2023.

Le rapporteur,

Frédéric A

La présidente,

Florence Demurger

La greffière,

Catherine Jussy

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.

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