mercredi 26 avril 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX02830 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SAINT-MARTIN |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B A a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 3 juin 2022 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour et de renouveler son attestation de demande d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Par un jugement n° 2203354 du 30 août 2022, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête enregistrée le 8 novembre 2022, Mme A, représentée par Me Saint-Martin, demande à la cour :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler le jugement du magistrat désigné du tribunal administratif de Bordeaux du 30 août 2022 ;
3°) d'annuler l'arrêté du 3 juin 2022 de la préfète de la Gironde ;
4°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois, et dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, ou à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois et de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile, et de lui verser l'ensemble des allocations dues, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la régularité du jugement attaqué :
- le jugement est irrégulier dès lors que le tribunal a fondé sa décision de rejet sur la circonstance que sa première demande d'asile aurait fait l'objet d'un examen et d'un rejet par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides puis par la Cour nationale du droit d'asile alors qu'elle n'avait pas fait l'objet d'une décision de rejet prononcée par cette cour ;
- le jugement est irrégulier au regard de l'absence de réponse au moyen tiré du défaut de motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français laquelle ne faisait à tort pas mention de son état de santé ;
- le jugement est irrégulier au regard de l'absence de réponse au moyen tiré du caractère disproportionné de la durée d'interdiction de retour sur le territoire français ;
- le tribunal n'a pas suffisamment motivé sa réponse au moyen tiré de l'erreur d'appréciation de sa situation en ce qu'il n'a pas fait référence aux éléments produits pour établir la réalité des risques encourus dans son pays d'origine.
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté pris dans son ensemble :
- cet arrêté est entaché d'incompétence de son signataire ;
- il n'est pas suffisamment motivé dès lors qu'il est stéréotypé et ne fait en particulier pas mention de son état de santé ;
- il a été pris en méconnaissance de son droit d'être entendue garanti par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- il est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle dès lors que la préfète n'a pas tenu compte de son état de santé.
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences dès lors qu'elle risque de faire l'objet de persécutions en cas de retour dans son pays d'origine.
En ce qui concerne la décision portant refus de renouvellement de l'attestation de demande d'asile :
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 542-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est illégale en raison de l'illégalité du refus de séjour ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et elle est entachée d'une erreur d'appréciation de sa situation au regard de son état de santé.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- cette décision est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'en raison de son orientation sexuelle, sa vie est en danger en cas de retour en Albanie ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation de sa situation.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- cette décision est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-8 et L.612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'elle ne représente pas une menace à l'ordre public et qu'elle n'a pas fait l'objet d'une précédente obligation de quitter le territoire français ;
- la durée de l'interdiction est disproportionnée.
Par une décision n° 2022/014026 du 10 novembre 2022, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a accordé le bénéficie de l'aide juridictionnelle totale à Mme A.
Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux, a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme Karine Butéri, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. Mme B A, ressortissante albanaise née le 5 février 1999, déclare être entrée en France le 20 octobre 2021. Le 9 novembre 2021, elle a sollicité le bénéfice de l'asile. Par une décision du 11 avril 2022, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande. Par un arrêté du 3 juin 2022, la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour et de renouveler son attestation de demande d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Elle relève appel du jugement du 30 août 2022 par lequel le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
3. Par une décision n° 2022/014026 du 10 novembre 2022, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a admis Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de statuer sur ses conclusions, devenues sans objet, tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur la régularité du jugement attaqué :
4. En premier lieu, si Mme A doit être regardée comme soutenant que le jugement attaqué est irrégulier pour être entaché d'erreur de fait en ce que le premier juge a indiqué que sa demande d'asile avait été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) puis par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) alors que cette cour ne s'était pas prononcée sur sa demande, un tel moyen relève du bien-fondé du jugement et n'entache pas sa régularité.
5. En deuxième lieu, Mme A soutient que le jugement est irrégulier dès lors que le premier juge n'a pas répondu aux moyens tirés, pour l'un, du défaut de motivation de l'obligation de quitter le territoire français notamment caractérisé par l'absence de mention de son état de santé et, pour l'autre, du caractère disproportionné de la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français. Toutefois, il ressort de la lecture des points 6 et 20 du jugement attaqué que le premier juge a répondu à ces moyens. Par suite, le jugement attaqué n'est pas entaché d'irrégularité pour omission à statuer.
6. En troisième lieu, l'intéressée soutient que le tribunal n'a pas suffisamment motivé sa réponse au moyen tiré de l'erreur d'appréciation de sa situation en ce qu'il n'a pas fait référence aux éléments produits pour établir la réalité des risques encourus en Albanie et s'est contenté de relever " qu'elle n'a pas apporté dans la présente instance des éléments suffisamment probants pour établir la réalité des risques allégués et remettre ainsi en cause l'appréciation retenue par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ". Toutefois, le juge n'est pas tenu, lorsqu'il écarte un moyen, de répondre à chacun des arguments présentés à l'appui de ce moyen. Il suit de là que le jugement n'est pas entaché d'irrégularité pour insuffisance de motivation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
7. En premier lieu, s'il ressort des pièces du dossier que la demande d'asile de Mme A n'a fait l'objet que d'un rejet de la part de l'OFPRA à la date de l'arrêté en litige, la mention du rejet de sa demande par la CNDA aux points 8 et 10 du jugement attaqué est une simple erreur de plume qui n'a pas eu d'incidence sur le raisonnement du premier juge alors par ailleurs que le jugement indique au point 1 que la demande d'asile a seulement été rejetée par l'OFPRA.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 542-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque le droit au maintien sur le territoire français a pris fin dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 ou L. 542-2, l'attestation de demande d'asile peut être refusée, retirée ou son renouvellement refusé. / Les conditions de refus, de renouvellement et de retrait de l'attestation de demande d'asile sont fixées par décret en Conseil d'Etat. "
9. A l'appui de son moyen tiré de ce que la décision refusant le renouvellement de son attestation de demandeur d'asile méconnaît les dispositions de l'article L. 542-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, Mme A produit nouvellement en appel la consultation de son dossier de demande d'asile. Toutefois, cet élément n'est pas de nature à remettre en cause l'appréciation du premier juge qui a écarté ce moyen au point 10 du jugement attaqué par des motifs qu'il convient d'adopter. Par suite, ce moyen doit être écarté.
10. En troisième lieu, en reprenant dans des termes identiques les autres moyens visés ci-dessus sans aucune critique du jugement, Mme A n'apporte en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau de nature à remettre en cause l'appréciation du premier juge qui y a pertinemment répondu. Par suite, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le magistrat désigné du tribunal administratif de Bordeaux.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme A tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Une copie sera adressée pour information au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 26 avril 2023.
Karine Butéri
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
5
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026