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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-22BX03092

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-22BX03092

jeudi 13 juillet 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-22BX03092
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantLANDETE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A C a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler les arrêtés du 26 novembre 2022 par lesquels le préfet de Lot-et-Garonne, d'une part, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans, et d'autre part, l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.

Par un jugement n° 2206237 du 2 décembre 2022, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté ses demandes.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête, enregistrée le 16 décembre 2022, M. C, représenté par Me Landete, demande à la cour :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler le jugement du magistrat désigné du tribunal administratif de Bordeaux du 2 décembre 2022 ;

3°) d'annuler les arrêtés du 26 novembre 2022 du préfet de Lot-et-Garonne ;

4°) d'enjoindre au préfet de Lot-et-Garonne de procéder au réexamen de sa situation ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que les arrêtés en litige méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il est entré en France en 2013, qu'il a vécu en Allemagne où il a obtenu un diplôme en chaudronnerie, qu'il a épousé en France une ressortissante allemande, que son épouse est ouvrière agricole et bénéficie de contrats de travail en qualité de saisonnière, et qu'elle est enceinte.

M. C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n°2022/018430 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux du 9 février 2023.

Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme Karine Butéri, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. A C, ressortissant marocain né le 19 février 1990, déclare être entré en France le 10 mai 2013. Par deux arrêtés du 26 novembre 2022, le préfet de Lot-et-Garonne, d'une part, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans, et d'autre part, l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Il relève appel du jugement du 2 décembre 2022 par lequel le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces arrêtés.

Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

3. Par une décision n° 2022/018430 du 9 février 2023, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a accordé l'aide juridictionnelle totale à M. C. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de statuer sur ses conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire qui sont devenues sans objet.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

4. M. C reprend en appel le moyen invoqué en première instance tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ainsi que l'a à juste titre considéré le premier juge, l'intéressé ne justifie pas d'une ancienneté significative de séjour sur le territoire national où il s'est maintenu en situation irrégulière et n'est pas inséré compte tenu notamment des faits pour lesquels il a à plusieurs reprises été interpelé par les services de police et de gendarmerie. Si M. C produit nouvellement en appel le contrat d'engagement réciproque conclu par son épouse avec le département de la Dordogne pour la période du 1er octobre 2022 jusqu'au 31 mars 2023, ainsi qu'un courrier du conseil départemental précisant que celle-ci perçoit le revenu de solidarité active, ces pièces ne permettent pas de considérer que M. C est inséré professionnellement en France dès lors qu'elle concernent son épouse laquelle n'est au demeurant pas davantage insérée professionnellement. Le moyen doit donc être écarté.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative citées au point 1. Les conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.

ORDONNE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. C tendant à son admission à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C.

Une copie sera adressée pour information au préfet de Lot-et-Garonne.

Fait à Bordeaux, le 13 juillet 2023.

Karine Butéri

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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