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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-22BX03130

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-22BX03130

jeudi 1 juin 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-22BX03130
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme A B a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 28 avril 2021 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans.

Par un jugement n° 2103621 du 21 décembre 2021, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête, enregistrée le 21 décembre 2022, Mme B, représentée par Me Cazanave, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 21 décembre 2021 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 28 avril 2021 de la préfète de la Gironde ;

3°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde, d'une part, de procéder au réexamen de sa situation dans le délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir et, dans l'attente, de la munir sans délai d'une autorisation provisoire de séjour, et d'autre part, de prendre toute mesure à l'effet de mettre fin à son signalement dans le système d'information Schengen ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à con conseil de la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision de refus d'admission au séjour méconnaît le 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur et est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation dès lors qu'elle établit que le père de son enfant entretient une relation stable avec ce dernier par un soutien financier et un accueil régulier pendant les vacances scolaires ;

- elle porte atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant tel que protégé par l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et l'article 24 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne dès lors que cette décision emporte nécessairement la rupture des relations avec son père ;

- la mesure d'éloignement est entachée d'un défaut de base légale compte tenu des illégalités affectant le refus de séjour ;

- cette décision méconnaît le 6° de l'article L 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui protège de l'éloignement le parent d'un enfant français ;

- les décisions fixant le pays de renvoi et lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans sont privées de base légale du fait de l'illégalité du refus de séjour et de la mesure d'éloignement ;

- la préfète, en prononçant une interdiction de retour pendant deux ans, a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation de son fils, lequel sera séparé pour une longue durée de son père français, et alors qu'elle ne représente pas une menace pour l'ordre public ;

- les articles 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et 24 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne sont méconnus en ce que la durée de l'interdiction de retour apparaît disproportionnée.

Par une décision n° 2022/000695 en date du 24 novembre 2022, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a admis Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme Karine Butéri, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. ()".

2. Mme B, ressortissante camerounaise née en 1993, est entrée en France le 8 septembre 2019 munie d'un titre de séjour temporaire portant la mention " étudiant " délivré par les autorités belges et valable jusqu'au 31 octobre 2019. En juillet 2020, elle a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français qu'elle n'a pas exécutée et a sollicité en décembre 2020 la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'un enfant français né en 2018. Par un arrêté du 28 avril 2021, la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer ce titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans. Mme B relève appel du jugement du 21 décembre 2021 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande d'annulation de cet arrêté.

3. En premier lieu, la requérante reprend en appel les moyens développés en première instance tirés de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences des décisions contenues dans l'arrêté en litige sur sa situation et celle de son fils ainsi que celui tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, dans des termes similaires, sans critique utile du jugement. Elle n'apporte devant la cour aucun élément de droit ou de fait nouveau, ni aucune nouvelle pièce à l'appui de ces moyens auxquels le tribunal administratif a suffisamment et pertinemment répondu en relevant notamment que Mme B ne démontrait pas, par les seules attestations produites et la justification de virements bancaires effectués postérieurement à la date de la décision attaquée, que le père français de son enfant participerait d'une quelconque manière depuis sa naissance ou depuis au moins deux ans à l'éducation et à l'entretien de cet enfant qui vit avec l'intéressée. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par les premiers juges.

4. En second lieu, compte tenu de ce qui précède, Mme B n'est pas fondée à exciper en appel de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français pour soutenir que la décision fixant le pays de renvoi et celle prononçant une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans sont illégales. Elle n'est pas davantage fondée, pour les motifs exposés au point précédent, à soulever le moyen tiré de ce que l'autorité préfectorale n'aurait pas suffisamment pris en compte l'intérêt supérieur de son enfant tel que protégé par l'article 24 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne reprenant les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Ces moyens doivent par suite être écartés.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Une copie sera adressée pour information au préfet de la Gironde.

Fait à Bordeaux, le 1er juin 2023.

Karine Butéri

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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