lundi 9 janvier 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX03167 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | MATHIEU ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B A a demandé au tribunal administratif de la Guyane d'annuler l'arrêté du 15 juillet 2020 par lequel le préfet de la Guyane a refusé de lui délivrer un titre de séjour et d'enjoindre au préfet, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " l'autorisant à travailler, ou à titre subsidiaire de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans l'attente un récépissé l'autorisant à travailler.
Par un jugement du 27 octobre 2022, le tribunal a annulé l'arrêté du 15 juillet 2020 et a enjoint au préfet de la Guyane de délivrer à Mme A, dans un délai de deux mois suivant la notification du jugement, un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " l'autorisant à travailler en Guyane.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 26 décembre 2022, le préfet de la Guyane, représenté par la SELAS Mathieu et Associés, demande à la cour d'annuler ce jugement et de rejeter la demande présentée par Mme A devant le tribunal.
Il soutient que : Mme A est entrée irrégulièrement sur le territoire en 2012, à l'âge de 18 ans ; elle est majeure et ne démontre aucune intégration professionnelle pour subvenir à ses besoins ; la présence de sa famille sur le territoire, même en situation régulière, ne suffit pas à caractériser une atteinte à sa vie privée et familiale, de sorte que la décision de refus de titre de séjour ne méconnaît ni l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni le 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; c'est ainsi à tort que le tribunal a annulé cette décision.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, de nationalité haïtienne, est entrée en France en février 2012 et a présenté une demande de titre de séjour reçue le 12 janvier 2014 par les services de la préfecture de la Guyane, restée sans réponse. Le 7 février 2019, elle a sollicité à nouveau son admission au séjour en invoquant sa vie privée et familiale, et le préfet de la Guyane a rejeté cette demande par un arrêté du 15 juillet 2020. Par un jugement du 27 octobre 2022 dont le préfet relève appel, le tribunal administratif de la Guyane a annulé cet arrêté au motif qu'il portait au droit de Mme A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte contraire aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que l'intéressée, entrée en France à l'âge de 17 ans, y avait des attaches familiales constituées par sa mère en situation régulière et cinq membres de sa fratrie, dont trois en situation régulière et un de nationalité française, tandis qu'il ne ressortait pas des pièces du dossier qu'elle aurait conservé des attaches en Haïti depuis le décès de son père survenu le 7 juin 2020.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. (). "
3. En se bornant à faire valoir que Mme A serait entrée en France à l'âge
de 18 ans, ce qui est inexact, et qu'elle ne démontrerait aucune intégration professionnelle, ce qui est dépourvu de pertinence au regard du motif d'annulation, le préfet de la Guyane ne conteste pas utilement le bien-fondé du jugement.
4. Il y a lieu, par adoption des motifs pertinents retenus par les premiers juges, d'écarter le moyen tiré de ce que le refus de titre de séjour ne porterait pas au droit de Mme A
au respect de sa vie privée et familiale une atteinte contraire aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et aux dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel du préfet de la Guyane
est manifestement dépourvue de fondement et peut, dès lors, être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête du préfet de la Guyane est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Mme B A. Une copie en sera adressée au préfet de la Guyane.
Fait à Bordeaux, le 9 janvier 2023.
La présidente-assesseure de la 2ème chambre,
Anne Meyer
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026