mardi 4 juillet 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-23BX00143 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre (formation à 3) |
| Avocat requérant | DOUNIES |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La SARL Hôtel Restaurant Le Saint Psalmet a demandé au tribunal administratif de Limoges d'annuler pour excès de pouvoir la décision implicite par laquelle la maire d'Eymoutiers a refusé d'abroger l'arrêté municipal du 24 janvier 2022 réglementant le stationnement et la circulation durant le déroulement des marchés.
Par une ordonnance n° 2201498 du 14 novembre 2022, le vice-président du tribunal administratif de Limoges a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 14 janvier 2023, la SARL Hôtel Restaurant Le Saint Psalmet demande à la cour :
1°) d'annuler cette ordonnance du 14 novembre 2022 du vice-président du tribunal administratif de Limoges ;
2°) d'annuler la décision implicite de la maire d'Eymoutiers portant refus d'abroger son arrêté du 24 janvier 2022 ;
3°) d'enjoindre à la maire d'Eymoutiers d'abroger son arrêté du 24 janvier 2022 dans un délai de quinze jours à compter de l'arrêt à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de la commune d'Eymoutiers une somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- c'est à tort que les premiers juges ont considéré que sa demande de première instance était tardive dès lors qu'elle présentait des conclusions à fin d'annulation du refus d'abroger l'arrêté du 24 janvier 2022, et non à fin d'annulation de cette décision ;
- le refus d'abroger l'arrêté du 24 janvier 2022 est insuffisamment motivé ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales ;
- il est disproportionné ;
- il est entaché de détournement de pouvoir.
Par ordonnance du 21 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 7 avril 2023 à 12 h.
Un mémoire a été présenté pour la commune d'Eymoutiers le 5 juin 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Marie-Pierre Beuve Dupuy,
- les conclusions de Mme Isabelle Le Bris, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 24 janvier 2022, la maire de la commune d'Eymoutiers a interdit le stationnement de véhicules autres que ceux appartenant aux commerçants participant au marché le samedi entre 06h00 et 13h00 sur la place Karl Marx ainsi que la circulation des véhicules sur le boulevard Karl Marx de 06h00 et 13h00. Par un courrier du 24 juin 2022, la SARL Hôtel Restaurant Le Saint Psalmet a demandé à la maire de la commune d'Eymoutiers d'abroger cet arrêté. En raison du silence gardé sur cette demande, une décision implicite de rejet est née. La SARL Hôtel Restaurant Le Saint Psalmet relève appel de l'ordonnance du 14 novembre 2022 par laquelle le vice-président du tribunal administratif de Limoges a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cette décision implicite de rejet.
2. Aux termes de l'article L. 243-2 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration est tenue d'abroger expressément un acte réglementaire illégal ou dépourvu d'objet, que cette situation existe depuis son édiction ou qu'elle résulte de circonstances de droit ou de fait postérieures, sauf à ce que l'illégalité ait cessé () ". Il résulte de ces dispositions qu'après l'expiration du délai de recours contentieux, la contestation d'un acte réglementaire peut prendre la forme d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre la décision refusant de l'abroger.
3. Pour rejeter comme tardive la demande présentée par la SARL Hôtel Restaurant Le Saint Psalmet, le premier juge a estimé que son courrier du 24 juin 2022 constituait un recours gracieux intervenu postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux contre l'arrêté du 24 janvier 2022. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, dans ce courrier, la SARL Hôtel Restaurant Le Saint Psalmet demandait expressément l'abrogation de cet arrêté. Ainsi, la demande présentée devant le tribunal administratif, qui tendait à l'annulation du refus implicite d'abroger l'arrêté du 24 janvier 2022, ne pouvait se voir opposer l'expiration du délai de recours contentieux contre cet arrêté. Par conséquent, c'est à tort que le vice-président du tribunal administratif de Limoges a rejeté comme irrecevable la demande dont il était saisi. Son ordonnance du 14 novembre 2022 est donc irrégulière et doit, par suite, être annulée.
4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de renvoyer l'affaire devant le tribunal administratif de Limoges.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune d'Eymoutiers la somme de 1 200 euros à verser à la SARL Hôtel Restaurant Le Saint Psalmet au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : L'ordonnance n° 2201498 du 14 novembre 2022 du vice-président du tribunal administratif de Limoges est annulée.
Article 2 : L'affaire est renvoyée au tribunal administratif de Limoges.
Article 3 : La commune d'Eymoutiers versera la somme de 1 200 euros à la SARL Hôtel Restaurant Le Saint Psalmet au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à la SARL Hôtel Restaurant Le Saint Psalmet et à la commune d'Eymoutiers.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2023 à laquelle siégeaient :
Mme Marie-Pierre Beuve Dupuy, présidente,
M. Manuel Bourgeois, premier conseiller,
Mme Agnès Bourjol, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2023.
L'assesseur le plus ancien,
Manuel Bourgeois
La présidente rapporteure,
Marie-Pierre Beuve DupuyLa greffière,
Sylvie Hayet
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026