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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-23BX00292

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-23BX00292

jeudi 28 mars 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-23BX00292
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantSP AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. C A et Mme D B épouse A ont demandé au tribunal administratif de Pau d'annuler, d'une part, les arrêtés du 20 septembre 2022 par lesquels le préfet des Hautes-Pyrénées leur a refusé la délivrance d'un titre de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi, et a prononcé à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant dix-huit mois, et d'autre part, les arrêtés du même jour les assignant à résidence.

Par un jugement n°s 2202109 et 2202110 du 28 septembre 2022, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Pau a, d'une part, renvoyé les conclusions tendant à l'annulation des refus de titre de séjour devant une formation collégiale de ce tribunal et, d'autre part, rejeté les conclusions aux fins d'annulation des autres décisions contenues dans les arrêtés attaqués.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête, enregistrée le 31 janvier 2023, M. et Mme A, représentés par Me Pather, demandent à la cour :

1°) d'annuler le jugement de la magistrate désignée du tribunal administratif de Pau du 28 septembre 2022 ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hautes-Pyrénées de leur délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai d'une semaine à compter de la notification de la décision à intervenir ;

3°) d'enjoindre au préfet des Hautes-Pyrénées de procéder à l'effacement de leur signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen sans délai à compter de la notification de la décision à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'État le versement à leur conseil de la somme de 1 200 euros en application des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Ils soutiennent que :

En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français :

- en raison de l'illégalité des refus de séjour, les décisions portant obligation de quitter le territoire français sont illégales ;

* les refus de séjour sont insuffisamment motivés au regard des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

* ces décisions sont entachées d'une erreur de droit ;

* elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de leur situation et de leurs conséquences ;

* elles méconnaissent l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

* elles méconnaissent les articles L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

* elles méconnaissent l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- les mesures d'éloignement sont entachées d'un défaut de motivation ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elles méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elles méconnaissent l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

En ce qui concerne les décisions refusant un délai de départ volontaire :

- ces décisions sont illégales en raison de l'illégalité des obligations de quitter le territoire français ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elles méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elles méconnaissent l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

En ce qui concerne les décisions fixant le pays de renvoi :

- ces décisions sont illégales en raison de l'illégalité des obligations de quitter le territoire français.

En ce qui concerne les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français :

- ces décisions sont insuffisamment motivées ;

- elles sont illégales en raison de l'illégalité des obligations de quitter le territoire français ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L.612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elles méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elles méconnaissent l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

En ce qui concerne les décisions portant assignation à résidence :

- ces décisions sont illégales en raison de l'illégalité des obligations de quitter le territoire français et des refus d'octroi d'un délai de départ volontaire.

Le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux, par deux décisions n° 2022/015602 et 2022/015605 du 8 décembre 2022, a admis M. et Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme Karine Butéri, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. et Mme A, ressortissants de nationalité albanaise, sont entrés en France le 3 mai 2018. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides puis de la Cour nationale du droit d'asile. Le 21 janvier 2020, ils ont sollicité la délivrance d'un titre de séjour auprès du préfet des Hautes-Pyrénées. Par deux jugements du 26 janvier 2021, le tribunal administratif de Pau a annulé les décisions implicites de rejet de leurs demandes de titre de séjour et a enjoint au préfet de procéder au réexamen de leurs demandes. M. et Mme A se sont vus délivrer, le 16 février 2022, un récépissé les autorisant à travailler. Par des arrêtés du 20 septembre 2022, le préfet des Hautes-Pyrénées a refusé de leur délivrer un titre de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de dix-huit mois. Par des décisions du même jour, ils ont été assignés à résidence. M. et Mme A doivent être regardés comme relevant appel du jugement de la magistrate désignée du tribunal administratif de Pau du 28 septembre 2022 en tant qu'il a rejeté leurs conclusions aux fins d'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de renvoi, interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de dix-huit mois et assignation à résidence.

3. En premier lieu, M. et Mme A soutiennent, à l'appui de leur moyen tiré de l'exception d'illégalité des refus de titre de séjour en litige, que le préfet des Hautes-Pyrénées n'a pas sérieusement examiné leurs demandes d'admission exceptionnelle au séjour et qu'il s'est contenté de vérifier s'ils remplissaient les conditions de délivrance d'un titre de séjour mention " salarié ". Toutefois, il ressort de la lecture des arrêtés en litige du 20 septembre 2022, qu'après avoir cité les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet a examiné la demande de séjour de M. et Mme A à l'aune de ces dispositions et en a conclu qu'ils ne remplissaient pas les conditions d'octroi d'un titre de séjour au motif de l'admission exceptionnelle. Par suite, ce moyen doit être écarté.

4. En second lieu, M. et Mme A, en reprenant dans des termes identiques leurs moyens de première instance visés ci-dessus, sans critique utile du jugement, n'apportent en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau de nature à remettre en cause l'appréciation du premier juge qui y a pertinemment répondu. Par suite, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Pau.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R.222-1 du code de justice administrative. Les conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et à Mme D B épouse A.

Une copie sera adressée pour information au préfet des Hautes-Pyrénées.

Fait à Bordeaux, le 28 mars 2024.

Karine Butéri

La République mande et ordonne au Ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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