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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-23BX00516

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-23BX00516

mercredi 19 juillet 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-23BX00516
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantZORO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme A C a demandé au tribunal administratif de Poitiers d'annuler l'arrêté du 16 novembre 2020 par lequel la préfète de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'arrêté du 9 juin 2022 par lequel la préfète de la Vienne a de nouveau refusé de lui délivrer un titre de séjour.

Par un jugement n°s 2100133, 2202110 du 24 janvier 2023, le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête enregistrée le 21 février 2023, Mme C, représentée par Me Zoro, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Poitiers du 24 janvier 2023 ;

2°) d'annuler les arrêtés des 16 novembre 2020 et 9 juin 2022 pris à son encontre ;

3°) d'enjoindre à la préfète de la Vienne, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ou, à titre subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et de procéder au réexamen de sa demande dans le délai d'un mois, le tout sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement au profit de son conseil d'une somme de 3000 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

- les décisions de refus de titre de séjour des 16 novembre 2020 et 9 juin 2022 sont entachées d'un vice de procédure dès lors qu'elles n'ont pas été précédées de la consultation de la commission du titre de séjour ;

En ce qui concerne l'arrêté du 16 novembre 2020 :

- la décision de refus de titre de séjour est entachée d'une erreur de droit dès lors que la condition de détention de l'autorisation de séjour prévue à l'article L. 832-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne s'applique pas aux étrangers qui remplissent les conditions de séjour définies au 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- cette décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'elle réside sur le territoire avec son fils, D, de nationalité française qui est scolarisé, qu'elle est parfaitement intégrée dans la société française, que la garde de ses deux autres enfants restés à Mayotte a été attribuée à leur père, qui n'est pas celui de D et que l'absence de titre de séjour l'empêche de travailler et de subvenir à ses besoins et à ceux de son fils ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant dès lors que le refus de titre de séjour l'empêche de travailler et de subvenir aux besoins de son fils ; les enfants français nés d'un parent étranger résidant en métropole, comme son fils, sont injustement discriminés par rapport aux enfants français de parents d'origine mahoraise.

En ce qui concerne l'arrêté du 9 juin 2022 :

- la décision de refus de titre de séjour est entachée d'une erreur de droit dès lors que la condition de détention de l'autorisation de séjour prévue à l'article L. 441-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne s'applique pas aux étrangers, parents d'un enfant français, qui remplissent les conditions de séjour définies à l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile;

- cette décision méconnaît les stipulations des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'un enfant français en date du 23 juin 2020 ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par une décision n° 2023/002185 du 16 mars 2023, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a admis Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. Mme C, ressortissante comorienne née le 29 décembre 1988, est entrée, selon ses déclarations, le 29 juillet 2011 à Mayotte, où elle a bénéficié de titres de séjours valables dans la limite de ce département du 30 mars 2015 au 7 avril 2020. Puis, selon ses déclarations, elle est entrée en France métropolitaine le 8 janvier 2020. Le 23 juin 2020, Mme C a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français. Par un arrêté du 16 novembre 2020, la préfète de la Vienne a refusé de faire droit à cette demande. Le 15 juin 2021, Mme C a sollicité la délivrance d'un titre de séjour au titre de sa vie privée et familiale. Par un arrêté du 9 juin 2022, le préfet de la Vienne a également refusé de lui délivrer ce titre de séjour. Mme C relève appel du jugement du 24 janvier 2023 par lequel le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces deux arrêtés.

3. En premier lieu, Mme C reprend en appel ses moyens tirés de ce que les décisions de refus de titre de séjour en litige sont entachées d'une erreur de droit dès lors que la condition de détention de l'autorisation spéciale de séjour prévue à l'article L. 832-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, devenu l'article L. 441-8 du même code, ne s'applique pas aux étrangers qui remplissent les conditions de séjour définies aux articles L. 313-11 6° et L. 423-23 de ce code, alors respectivement applicables à chaque décision. Toutefois, elle ne se prévaut, au soutien de ces moyens, d'aucun élément de fait ou de droit nouveau par rapport à l'argumentation développée en première instance et ne critique pas utilement la réponse pertinente apportée par les premiers juges. Par suite, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Poitiers.

4. En deuxième lieu, Mme C reprend en appel son moyen tiré de ce que la décision de refus de titre de séjour du 9 juin 2022 méconnaît les dispositions des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, en se bornant à indiquer avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'un enfant français le 23 juin 2020 sans contester le fait que sa demande de titre de séjour du 15 juin 2021 n'était pas formulée sur le même fondement, elle n'apporte aucun élément de nature à infirmer l'appréciation portée par les premiers juges qui ont écarté à juste titre ce moyen en relevant que le préfet de la Vienne pouvait légalement refuser de délivrer un titre de séjour à Mme C au seul motif qu'elle était entrée en métropole irrégulièrement faute d'avoir obtenu au préalable l'autorisation spéciale prévue par l'article L. 441-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Poitiers.

5. En troisième lieu, Mme C reprend en appel ses moyens tirés de ce que les deux décisions de refus de titre de séjour prises à son encontre méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. A ce titre elle fait valoir en appel que la garde de ses deux autres enfants restés à Mayotte a été attribuée à leur père, qui n'est pas celui de son fils présent avec elle sur le territoire français. Toutefois cette circonstance, au demeurant non établie, ne suffit pas à remettre en cause l'appréciation des premiers juges qui ont à juste titre estimé que Mme C ne justifiait pas avoir noué en métropole des liens personnels et familiaux d'une particulière intensité avec d'autres personnes que son fils mineur et ne démontrait pas non plus que la cellule familiale ne pourrait se reconstituer à Mayotte, où sont nés tous ses enfants et où ces derniers résident, de même que le père de celui de ses fils qui l'accompagne. En outre, si elle produit en appel un certificat de scolarité de son fils pour l'année 2022/2023, un avis d'imposition au titre de l'année 2021, une quittance de loyer pour le mois de janvier 2023 et une attestation de la caisse d'allocations familiales du 6 février 2023, ces éléments sont postérieurs aux arrêtés en litige et, par suite, sans incidence sur leur légalité. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par les motifs qui viennent d'être exposés et par adoption des motifs pertinemment retenus par les premiers juges.

6. En dernier lieu, compte tenu de ce qui a été dit précédemment, Mme C n'étant pas au nombre des étrangers pouvant obtenir de plein droit un titre de séjour, le préfet n'était pas tenu de soumettre son cas à la commission du titre de séjour avant de rejeter ses demandes. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions en litige auraient été prises à l'issue d'une procédure irrégulière doit être écarté.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions aux fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B E.

Une copie sera adressée pour information à la préfète de la Gironde.

Fait à Bordeaux, le 19 juillet 2023.

Frédéric Faïck

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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