mercredi 20 septembre 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-23BX00550 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SOPENA |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C B a demandé au tribunal administratif de Pau d'annuler l'arrêté du 21 octobre 2021 par lequel le préfet des Pyrénées-Atlantiques lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Par un jugement n° 2103309 du 26 janvier 2023, le tribunal administratif de Pau a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête, enregistrée le 24 février 2023, M. B, représenté par Me Sopena, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Pau du 26 janvier 2023 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 21 octobre 2021 du préfet des Pyrénées-Atlantiques ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à son conseil, de la somme de 2 000 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- le jugement est irrégulier en ce qu'il est entaché d'erreurs d'appréciation ;
- le tribunal n'a pas examiné la fin de non-recevoir opposée par le préfet des Pyrénées-Atlantiques tirée de l'irrecevabilité de sa demande ;
- l'arrêté en litige est insuffisamment motivé, ce qui révèle un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il dispose d'une adresse stable et de ressources légales sur le territoire français, et qu'il est père de deux enfants mineurs de nationalité française ;
- la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le risque de fuite n'est pas caractérisé, qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public, et qu'il dispose d'une promesse d'embauche de son ancien employeur ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public.
Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme Karine Butéri, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. B, ressortissant ivoirien né le 15 mai 1997, a été interpellé lors de son entrée en France le 3 juillet 2017 pour usage de faux documents et escroquerie. Le 4 juillet 2017, il a fait l'objet d'une décision de remise aux autorités espagnoles. A la suite d'une nouvelle interpellation le 6 décembre 2018 pour vérification de son droit au séjour, les services de police ont relevé sa situation irrégulière sur le territoire français. Par un arrêté du même jour, dont la légalité a été confirmée par le tribunal administratif de Pau et par la cour administrative d'appel de Bordeaux, le préfet des Pyrénées-Atlantiques lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Le 13 juin 2019, M. B a sollicité son admission au séjour en qualité de conjoint de français et s'est vu délivrer une carte de séjour temporaire valable du 4 mars 2020 au 3 mars 2021. A l'expiration de son titre de séjour, l'intéressé n'a pas entrepris les démarches nécessaires à son renouvellement. Le 29 juillet 2021, M. B a été interpellé et placé en garde à vue pour des faits de violences avec arme sur sa compagne. Déféré le 31 juillet 2021, il a été placé sous contrôle judiciaire par le juge des libertés et de la détention près le tribunal judiciaire de Pau. Par un arrêté en date du 21 octobre 2021, le préfet des Pyrénées-Atlantiques lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. M. B relève appel du jugement du 26 janvier 2023 par lequel le tribunal administratif de Pau a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur la régularité du jugement attaqué :
3. En premier lieu, M. B soutient que le tribunal administratif de Pau n'a pas répondu à la fin de non-recevoir opposée par le préfet des Pyrénées-Atlantiques. Toutefois, comme relevé au point 5 du jugement, les premiers juges n'étaient pas tenus de se prononcer sur ce moyen dès lors qu'ils ont rejeté au fond la requête de l'intéressé. Par suite, le jugement attaqué n'est pas entaché d'irrégularité.
4. En second lieu, si M. B soutient que le tribunal administratif de Pau a commis des erreurs d'appréciation en estimant à tort qu'il ne justifie pas d'une activité salariée régulière depuis plusieurs années, qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et qu'il représente une menace pour l'ordre public, ces erreurs, à les supposer établies, n'affectent que le bien fondé du jugement et non sa régularité. Par suite, à supposer que l'appelant ait entendu invoquer un moyen tiré de l'irrégularité du jugement, ce moyen ne saurait être accueilli.
Sur la légalité de l'arrêté en litige :
5. D'une part, M. B soutient que les décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus de délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans sont entachées d'erreurs d'appréciation et d'erreurs manifestes d'appréciation des conséquences qu'elles emportent sur sa situation personnelle. Il ressort des pièces du dossier que l'intéressé, qui a fait l'objet d'une décision de remise aux autorités espagnoles lors de son arrivée en France pour la première fois le 4 juillet 2017, a déclaré être entré irrégulièrement sur le territoire français pour la deuxième fois en 2018. Il a été interpellé le 6 décembre 2018 pour vérification de son droit au séjour, et par un arrêté du même jour, le préfet des Pyrénées-Atlantiques lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. La légalité de cette décision, à laquelle le requérant ne conteste pas ne s'être pas soumis, a été confirmée par le tribunal administratif de Pau le 31 janvier 2019 et par la cour administrative d'appel de Bordeaux le 3 mai 2019. Après avoir conclu un pacte civil de solidarité avec une ressortissante française, Mme A D, le 7 mars 2019, M. B s'est vu délivrer un titre de séjour en qualité de conjoint de français valable du 4 mars 2020 au 3 mars 2021. A l'issue de cette période, il s'est maintenu sur le territoire français en dépit de l'expiration de sa carte de séjour temporaire et n'a entamé aucune démarche tendant à son renouvellement. S'il a déclaré s'être rendu à la préfecture des Pyrénées-Atlantiques le 25 novembre 2021 dans le but de régulariser sa situation administrative, il n'apporte aucun élément au soutien de cette allégation. S'il soutient entretenir des relations avec ses deux enfants de nationalité française, nés à quelques semaines d'intervalle de mères différentes, et participer à leur éducation ainsi qu'à leur entretien, il est constant qu'il ne vit avec aucun de ses enfants ni avec aucune des leurs mères. L'une de ses filles a d'ailleurs fait l'objet d'un placement en famille d'accueil à la suite de l'hospitalisation de sa mère. La production des actes de naissance des enfants, d'une attestation indiquant qu'il verserait à la mère d'une de ses filles la somme de 150 euros par mois à l'amiable ainsi que de ses relevés bancaires sur lesquels figurent des retraits d'argent liquide ne suffisent pas pour tenir pour établie sa participation à l'éducation et à l'entretien de ses enfants. Si M. B déclare avoir commencé à travailler à compter du 27 janvier 2020 pour l'entreprise SARL Laborde, en tant qu'ouvrier paysagiste, d'ailleurs en partie sans autorisation de travail, et s'il produit son premier contrat à durée déterminée, l'avenant à ce contrat ainsi que son contrat à durée indéterminée et trois bulletins de salaires, ces éléments ne permettent pas de considérer que l'intéressé disposerait d'une activité salariée régulière depuis plusieurs années et donc d'une intégration professionnelle stable sur le territoire français. Enfin, M. B, après avoir été interpellé le 29 juillet 2021 pour des faits de violences avec arme sur sa conjointe, a été déféré et placé sous contrôle judiciaire le 31 juillet 2021 par le juge des libertés et de la détention près le tribunal judiciaire de Pau avec interdiction pendant un an de rentrer en contact avec sa victime à savoir sa nouvelle compagne. Ce qui, à la date de l'arrêté attaqué, permettait au préfet de considérer qu'il représentait une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, en faisant obligation à M. B de quitter le territoire français sans délai et en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, le préfet des Pyrénées-Atlantiques n'a pas entaché ses décisions d'erreurs d'appréciation ni d'erreurs manifestes d'appréciation des conséquences qu'elles emportent sur la situation de l'intéressé. Il y a lieu, dès lors, d'écarter les moyens.
6. D'autre part, M. B reprend en appel dans des termes similaires et sans critique utile du jugement, ses autres moyens invoqués en première instance à l'appui desquels il n'apporte aucun élément de droit ou de fait nouveau et auxquels le tribunal a suffisamment et pertinemment répondu. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B.
Une copie sera adressée pour information au préfet des Pyrénées-Atlantiques.
Fait à Bordeaux, le 20 septembre 2023.
Karine Butéri
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026