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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-23BX00588

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-23BX00588

mercredi 19 avril 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-23BX00588
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme B A a demandé au tribunal administratif de la Martinique d'annuler la décision du 21 avril 2021 par laquelle le directeur régional de Pôle emploi Martinique l'a définitivement positionnée dans l'emploi de " conseillère emploi " de la filière " relation de service " au niveau d'emploi 2.2 de la catégorie 2, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux.

Par un jugement n° 2100604 du 22 décembre 2022, le tribunal administratif de la Martinique a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 1er et 29 mars 2023, Mme A, représentée par Me Ben Abderrazak, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de la Martinique du 22 décembre 2022 ;

2°) d'annuler la décision du 21 avril 2021 du directeur régional de Pôle emploi Martinique, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé à l'encontre de cette décision ;

3°) d'enjoindre au directeur régional de Pôle emploi Martinique de la positionner dans l'emploi de " chargé de relation de service " de la filière " relation de service " au niveau 3.1 de la catégorie 3, avec effet rétroactif au 1er mars 2021, à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de la direction régionale de Pôle emploi Martinique le versement d'une somme de 3 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le jugement attaqué est insuffisamment motivé dès lors qu'il ne repose pas sur des motifs résultant d'une analyse des circonstances particulières de sa situation alors que la décision du 21 avril 2021 constitue une rétrogradation soit une sanction qui lui fait grief ;

- le jugement est entaché d'une " erreur manifeste d'appréciation " dès lors que le tribunal a rejeté sa demande au motif qu'elle n'a pas remis en cause son rattachement à la filière " relation de service " alors que le fait de contester son positionnement dans la classe 2 de la catégorie 2 en tant que " conseiller relation de service " valait également contestation des conséquences de ce positionnement à savoir son rattachement à l'emploi de " conseillère emploi " du métier " conseil " de la filière " relation de service " ;

- son nouveau positionnement dans le niveau d'emploi 2.2 de la catégorie 2, en tant que " conseiller relation de service " revient à la rétrograder dans un emploi inférieur à celui qu'elle exerçait avant la mise en place de la nouvelle classification dès lors qu'elle a été promue le 1er mars 2018 dans l'emploi de " conseiller référent " de niveau III ; d'ailleurs, lors des élections professionnelles de 2019, elle a voté dans le même collège que les conseillers référents de niveau III.

Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme Karine Butéri, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n° 2003-1370 du 31 décembre 2003 ;

- le décret n° 2021-81 du 28 janvier 2021 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. Mme A, agent contractuel de droit public exerçant ses fonctions au sein de l'agence Pôle emploi de Schœlcher, y occupait depuis 2018 un emploi de niveau III de " conseillère référente " de la filière " conseil à l'emploi ". Par deux courriers des 22 et 27 février 2021, le directeur général adjoint de Pôle emploi l'a informée que, conformément au nouveau dispositif de classement des emplois mis en place à compter du 1er février 2021, elle était désormais positionnée au 9ème échelon de la catégorie 2, niveau d'emploi 2.2, et rattachée à l'emploi de " conseillère emploi " du métier " conseil " de la filière " relation de service ". En vue de contester ce positionnement, Mme A a saisi, le 23 mars 2021, la commission consultative paritaire locale qui, le 12 avril 2021, a rendu un avis défavorable à sa demande de révision de rattachement. Par une décision du 21 avril 2021, le directeur régional de Pôle emploi Martinique a définitivement positionné l'intéressée dans l'emploi de " conseillère emploi " de la filière " relation de service " du niveau d'emploi 2.2 de la catégorie 2. Par un courrier du 28 mai 2021, Mme A a formé à l'encontre de cette décision un recours gracieux qui a fait l'objet d'une décision implicite de rejet. Elle relève appel du jugement du 22 décembre 2022 par lequel le tribunal administratif de la Martinique a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 21 avril 2021 et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.

Sur la régularité du jugement attaqué :

3. Aux termes de l'article L. 9 du code de justice administrative : " Les jugements sont motivés ". Contrairement à ce que soutient l'appelante, le tribunal a suffisamment détaillé et motivé les raisons pour lesquelles il a estimé que les moyens soulevés par Mme A devaient être écartés comme inopérants en raison de la situation de compétence liée dans laquelle se trouvait l'administration, en application de l'article 26 du décret du 28 janvier 2021, pour la reclasser au 9ème échelon de la catégorie 2 du niveau d'emploi 2.2. Par ailleurs, si Mme A soutient que ce jugement est entaché d' " erreur manifeste d'appréciation " en ce que les premiers juges ont à tort estimé qu'elle n'a pas remis en cause son rattachement à la filière " relation de service " dans l'emploi de " conseillère emploi ", cette argumentation est relative au bien-fondé du jugement et non à sa régularité. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation du jugement attaqué doit être écarté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

4. D'une part, aux termes de l'article 3 du décret du 31 décembre 2003 fixant les dispositions applicables aux agents contractuels de droit public de Pôle emploi : " Les agents mentionnés à l'article 1er sont répartis, en fonction de leur emploi, dans l'une des catégories d'emplois 1, 2, 3 et 4 et dans l'une des trois filières suivantes : relation de service, support et management. / La catégorie d'emplois 1 comporte deux niveaux d'emplois (1.1 et 1.2), les catégories d'emplois 2 et 3 comportent chacune trois niveaux d'emplois (2.1, 2.2, 2.3, 3.1, 3.2 et 3.3) et la catégorie d'emplois 4 comporte un niveau d'emploi (4). / Les filières relation de service et support comportent les catégories d'emplois 1, 2, 3 et 4, la filière management comporte les catégories d'emplois 3 et 4. / Les emplois sont classés dans les différentes catégories d'emplois par décision du directeur général ".

5. D'autre part, il résulte du tableau de correspondance de l'article 26 du décret du 28 janvier 2021 modifiant les dispositions applicables aux agents contractuels de droit public de Pôle emploi que les agents mentionnés à l'article 1er du décret du 31 décembre 2003 en fonction à la date d'entrée en vigueur du présent décret, qui étaient classés au 9e échelon du niveau d'emploi III, sont désormais reclassés au 9e échelon du niveau d'emploi 2.2. Par ailleurs, l'article 27 de ce décret dispose que : " Dans le mois qui suit l'entrée en vigueur du présent décret, l'agent se voit notifier son positionnement dans un emploi et une filière du référentiel des métiers de Pôle emploi. L'agent qui conteste ce rattachement peut saisir la commission paritaire compétente dans un délai d'un mois à compter de la date de la notification. / La commission paritaire rend un avis sur la contestation dans un délai d'un mois à compter de sa saisine et peut demander au directeur général la révision du positionnement contesté. Le directeur général notifie à l'agent, dans les quinze jours qui suivent l'avis de la commission paritaire, son positionnement définitif ". Enfin, il ressort de la décision n° 2021-26 du 29 janvier 2021 du directeur général de Pôle emploi relative à la classification des emplois des agents contractuels de droit public de Pôle emploi, que le niveau d'emploi 2.2 de la filière " relation de service " correspond à la catégorie d'emploi " conseiller relation de service supérieur 2e classe ".

6. Mme A, qui occupait, jusqu'au 1er février 2021, un emploi de niveau III de " conseillère référente " de la filière " conseil à l'emploi " au 9ème échelon, indice 523, a été informée par l'administration qu'en vertu du nouveau dispositif de classification des emplois introduit par le décret du 31 décembre 2003 fixant les dispositions applicables aux agents contractuels de droit public de Pôle emploi, elle était désormais positionnée au 9ème échelon, indice 526, de la catégorie 2, niveau d'emploi 2.2 dans l'emploi de " conseillère emploi " du métier " conseil " de la filière " relation de service ". A la suite de l'avis défavorable émis par la commission consultative paritaire locale le 12 avril 2021, le directeur régional de Pôle emploi Martinique a définitivement positionné l'intéressée, par une décision du 21 avril 2021, dans l'emploi de " conseillère emploi " de la filière " relation de service " du niveau d'emploi 2.2 de la catégorie 2. Ainsi que l'ont à juste titre relevé les premiers juges, ce reclassement automatique, qui résulte de la stricte application du tableau de correspondance de l'article 26 du décret du 28 janvier 2021, n'était subordonné à aucune appréciation de l'administration à laquelle il s'imposait. Par suite, eu égard à la situation de compétence liée dans laquelle se trouvait le directeur régional de Pôle emploi Martinique et alors que Mme A ne remet pas utilement en cause son appartenance à la filière " relation de service ", les moyens invoqués par l'intéressée sont inopérants.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Une copie sera adressée pour information au directeur régional de Pôle emploi Martinique.

Fait à Bordeaux, le 19 avril 2023.

Karine Butéri

La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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