mercredi 20 septembre 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-23BX00675 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C A B a demandé au tribunal administratif de Pau d'annuler les arrêtés du 1er février 2023 par lesquels la préfète des Landes, d'une part, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, et d'autre part, l'a assigné à résidence.
Par un jugement n° 2300303 du 10 février 2023, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Pau a, d'une part, annulé la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, et d'autre part, rejeté le surplus des conclusions de sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
I- Par une requête, enregistrée le 9 mars 2023 sous le n° 23BX00675, M. A B, représenté par Me Mora, demande à la cour :
1°) d'annuler l'article 3 du jugement du magistrat désigné du tribunal administratif de Pau du 10 février 2023 qui rejette le surplus des conclusions de sa demande ;
2°) d'annuler les décisions du 1er février 2023 de la préfète des Landes lui faisant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de renvoi et l'assignant à résidence ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 3 500 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le jugement attaqué est entaché d'un " défaut d'examen " dès lors que le premier juge a considéré que la décision d'assignation à résidence satisfaisait à l'exigence de motivation prescrite par l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors que cet article n'est plus en vigueur ;
- les décisions en litige ne sont pas suffisamment motivées dès lors que la préfète se contente d'énoncer des faits sans les développer ;
- elles méconnaissent l'article L. 141-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que la préfète n'établit pas que l'interprète qui est intervenu lors de la notification des décisions litigieuses était agréé ;
- elles méconnaissent l'article L. 613-4 du même code dès lors que les principaux éléments des décisions prises à son encontre ne lui ont pas été communiqués dans une langue qu'il comprend ;
- elles ont été prises en méconnaissance des droits de la défense et du principe du contradictoire ;
- elles portent une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il réside en France depuis 2020 et qu'il y a tissé des liens forts.
II- Par une requête enregistrée le 10 mars 2023 sous le n° 23BX00686, M. A B demande à la cour de prononcer le sursis à exécution du jugement n° 2300303 du 10 février 2023 du magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Pau, d'enjoindre à la préfète des Landes de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa demande dans le délai de huit jours à compter de la notification de la décision à intervenir et de lui remettre son passeport dans le même délai.
Il soutient, en invoquant l'article R. 811-17 du code de justice administrative, que le sursis est justifié compte tenu des conséquences difficilement réparables que pourrait avoir l'exécution du jugement attaqué.
Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme Karine Butéri, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; () Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter les conclusions à fin de sursis à exécution d'une décision juridictionnelle frappée d'appel, () ainsi que, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement ".
2. M. A B, ressortissant colombien, est entré en France le 8 mars 2020 muni d'un visa valable jusqu'au 5 mars 2021. Il a été interpellé le 26 janvier 2023 par les services de gendarmerie à l'occasion d'un contrôle routier. Par des arrêtés du 1er février 2023, la préfète des Landes, d'une part, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, et d'autre part, l'a assigné à résidence. Par un jugement du 10 février 2023, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Pau a, d'une part, annulé la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, et d'autre part, rejeté le surplus des conclusions de la demande de l'intéressé qui tendait à l'annulation de ces arrêtés. M. A B relève appel de ce jugement en tant qu'il a rejeté sa demande tendant à l'annulation des décisions lui faisant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de renvoi et l'assignant à résidence. Il demande, par ailleurs, qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement.
Sur la jonction :
3. Les requêtes nos 23BX00675 et 23BX00686 de M. A B tendent, pour l'une, à l'annulation partielle et, pour l'autre, au sursis à exécution du même jugement. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par une seule ordonnance.
Sur la requête n° 23BX00675 :
En ce qui concerne la régularité du jugement attaqué :
4. Hormis dans le cas où le juge de première instance a méconnu les règles de compétence, de forme ou de procédure qui s'imposaient à lui et a ainsi entaché son jugement d'une irrégularité, il appartient au juge d'appel non d'apprécier le bien-fondé des motifs par lesquels le juge de première instance s'est prononcé sur les moyens qui lui étaient soumis mais de se prononcer directement sur les moyens dirigés contre la décision administrative contestée dont il est saisi dans le cadre de l'effet dévolutif de l'appel. Par suite, à supposer qu'il ait entendu soulever un tel moyen, M. A B ne peut utilement se prévaloir de ce que le jugement attaqué serait entaché d'une erreur de droit.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, aux termes de l'articles L. 613-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une décision portant obligation de quitter le territoire français est également informé qu'il peut recevoir communication des principaux éléments, traduits dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de supposer qu'il la comprend, des décisions qui lui sont notifiées en application des chapitres I et II ".
6. M. A B soutient qu'il n'a pas reçu les principaux éléments des arrêtés litigieux dans une langue qu'il comprend en méconnaissance des dispositions de l'article L.613-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, les conditions de notification d'une décision administrative sont sans incidence sur sa légalité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 613-4, qui transpose en droit interne le 2 de l'article 12 de la directive du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les Etats membres au retour des ressortissants des pays tiers en séjour irrégulier, soulevé à l'appui des conclusions dirigées contre la mesure d'éloignement, est inopérant.
7. En second lieu, M. A B reprend, dans des termes similaires et sans critique utile du jugement, les autres moyens visés ci-dessus invoqués en première instance. Il n'apporte ainsi aucun élément de droit ou de fait nouveau, ni aucune pièce nouvelle à l'appui de ces moyens auxquels le tribunal a suffisamment et pertinemment répondu. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le premier juge.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel n° 23BX00675 est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative citées au point 1. Les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.
Sur la requête n° 23BX00686 :
9. La présente ordonnance rejetant au fond la requête de M. A B dirigée contre le jugement n° 2300303 du 10 février 2023 du magistrat désigné du tribunal administratif de Pau, les conclusions de la requête n° 23BX00686 tendant à ce que la cour prononce le sursis à exécution de ce jugement sont devenues sans objet. Il n'y a donc pas lieu de statuer sur ces conclusions. Cette ordonnance n'impliquant aucune mesure d'exécution, les conclusions aux fins d'injonction doivent être rejetées.
ORDONNE :
Article 1er : La requête n° 23BX00675 est rejetée.
Article 2er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de sursis à exécution de la requête n° 23BX00686.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête n° 23BX00686 est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B.
Une copie sera adressée pour information à la préfète des landes.
Fait à Bordeaux, le 20 septembre 2023.
Karine Butéri
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°s 23BX00675, 23BX00686
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026