mercredi 3 mai 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-23BX00819 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CABINET PIERRE YVES CHICOT |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A E D a demandé au tribunal administratif de la Guadeloupe d'annuler la décision du 2 février 2022 par laquelle le maire de la commune de Capesterre Belle-Eau a prononcé son licenciement à compter du 15 février 2022.
Par un jugement n° 2200206 du 24 janvier 2023, le tribunal administratif de la Guadeloupe a annulé la décision du 2 février 2022 portant licenciement de M. D en tant qu'elle prend effet avant l'expiration du délai de préavis qui lui était applicable et a rejeté le surplus de sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête enregistrée le 24 mars 2023, la commune de Capesterre Belle-Eau, représentée par Me Chicot, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de la Guadeloupe du 24 janvier 2023 ;
2°) d'annuler la décision du 2 février 2022 du maire de la commune de Capesterre Belle-Eau ;
3°) de mettre à la charge de M. D le versement d'une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le tribunal administratif a commis une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation dans l'interprétation de la règle du préavis en ne tenant pas compte du régime juridique auquel est soumis le collaborateur de cabinet ;
- la " lecture du préavis " doit être appréciée " au regard des dispositions prises par le maire de la commune qui a proposé à M. D d'être reversé dans l'administration " avec une prise de fonctions au 16 février 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la cour a désigné, par une décision du 21 décembre 2022, Mme C B pour statuer par voie d'ordonnance en application des dispositions de l'article R.222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. D a été recruté, par un contrat à durée déterminée signé le 1er septembre 2020, en qualité de directeur de cabinet du maire de la commune de Capesterre Belle-Eau, pour une durée de six ans. Par une décision en date du 2 février 2022, reçu par l'intéressé le 7 février suivant, le maire de la commune de Capesterre Belle-Eau a prononcé le licenciement de M. D à compter du 15 février 2022. Par une ordonnance du 10 mars 2022, le juge des référés du tribunal administratif de la Guadeloupe a rejeté la demande de suspension d'exécution de cette décision pour absence de moyen propre à créer un doute sérieux quant à sa légalité. Par un jugement du 24 janvier 2023, le tribunal administratif de la Guadeloupe a annulé la décision du 2 février 2022 en tant qu'elle prend effet avant l'expiration du délai de préavis qui lui était applicable et a rejeté le surplus de la demande de M. D qui tendait à l'annulation totale de cette décision ainsi qu'à l'indemnisation des préjudices en résultant. Le maire de la commune de Capesterre Belle-Eau doit être regardé comme relevant appel de ce jugement dans la seule mesure où il a annulé la décision du 2 février 2022 en tant qu'elle prend effet avant l'expiration du délai de préavis qui lui était applicable.
3. Aux termes de l'article 40 du décret du 15 février 1988 pris pour l'application de l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif aux agents non titulaires de la fonction publique territoriale, dans sa rédaction applicable au litige : " L'agent recruté pour une durée indéterminée ainsi que l'agent qui, engagé par contrat à durée déterminée, est licencié avant le terme de son contrat, a droit à un préavis qui est de : / - huit jours pour l'agent qui justifie auprès de l'autorité qui l'a recruté d'une ancienneté de services inférieure à six mois de services ; / - un mois pour celui qui justifie auprès de l'autorité qui l'a recruté d'une ancienneté de services égale ou supérieure à six mois et inférieure à deux ans ; / - deux mois pour l'agent qui justifie auprès de l'autorité qui l'a recruté d'une ancienneté de services égale ou supérieure à deux ans () / La date de présentation de la lettre recommandée notifiant le licenciement ou la date de remise en main propre de la lettre de licenciement fixe le point de départ du préavis. / Le préavis ne s'applique pas aux cas de licenciement prévus à l'article 4 et au titre IX ".
4. Il résulte de ces dispositions que l'agent non titulaire de la fonction publique territoriale recruté pour une durée indéterminée ou pour une durée déterminée ne peut être légalement licencié avant le terme de son contrat par l'autorité territoriale compétente qu'après un préavis, sauf si le licenciement est prononcé pour des motifs disciplinaires ou au cours ou à l'expiration d'une période d'essai. La circonstance que le préavis auquel l'agent non titulaire avait droit n'a pas été respecté par la décision de licenciement n'est pas de nature à entraîner l'annulation totale de cette décision, mais la rend seulement illégale en tant qu'elle prend effet avant l'expiration du délai de préavis applicable.
5. Après avoir constaté qu'à la date d'envoi de la lettre de notification de son licenciement M. D justifiait d'une ancienneté de services égale ou supérieure à six mois et inférieure à deux ans, les premiers juges, qui ont fait application des dispositions citées au point 3, ont estimé que l'intéressé avait droit à un préavis d'un mois à compter de la remise en main propre de la lettre l'informant de son licenciement, intervenue à la date non contestée du 7 février 2022, soit jusqu'à la date du 7 mars 2022. Ils en ont déduit que la décision du 2 février 2022 portant licenciement de M. D était illégale en tant que ce licenciement avait pris effet le 15 février 2022 soit avant l'expiration, le 7 mars 2022, du délai de préavis d'un mois, et ont en conséquence annulé cette décision dans cette mesure. Contrairement à ce que soutient la commune de Capesterre Belle-Eau en appel et alors même que M. D aurait été affecté dans de nouvelles fonctions le 16 février 2022, en statuant ainsi, le tribunal a fait une exacte application des dispositions citées au point 3.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de la commune de Capesterre Belle-Eau est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la commune de Capesterre Belle-Eau est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Capesterre Belle-Eau.
Copie en sera adressée à M. A D.
Fait à Bordeaux, le 3 mai 2023.
La présidente désignée,
Karine B
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026