jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-23BX00846 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Formation | 6ème chambre (formation à 3) |
| Avocat requérant | DE FROMENT |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme C G a demandé au tribunal administratif de Mayotte d'annuler la décision du 5 janvier 2021 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis à sa charge une somme de 75 000 euros au titre de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, d'annuler le titre de perception émis par la direction départementale des finances publiques de l'Essonne le 20 janvier 2021 pour le recouvrement de ladite somme, et d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le ministre de l'intérieur sur sa contestation de ce titre exécutoire.
Par un jugement n° 2100323, 2104494 du 7 février 2023, le tribunal administratif de Mayotte a réduit à 45 000 euros le montant de la contribution spéciale mise à la charge de Mme G, a annulé le titre exécutoire du 20 janvier 2021 en tant qu'il excédait ce dernier montant, et a rejeté le surplus de la demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 29 mars 2023, Mme C G, représentée par Me Lopy, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Mayotte du 7 février 2023 en tant qu'il a laissé à sa charge le paiement de la somme de 45 000 euros correspondant au montant réduit de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme de 45 000 euros représentant le montant de la contribution spéciale restant à sa charge ;
3°) à titre subsidiaire, de réduire le montant de cette contribution spéciale à la somme de 15 000 euros ;
4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et de l'État une somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le jugement est entaché d'un défaut de motivation en ce qu'il retient à son point 7 que le fait d'avoir retrouvé un sac postule automatiquement un lien de salariat ;
- le jugement est entaché d'une contradiction de motifs ;
- le jugement méconnait le principe de contradictoire et a dénaturé les dires pourtant clairs des personnes entendues ;
- c'est à tort que les premiers juges ont estimé qu'elle avait la qualité d'employeur de MM. J, H et E ; M. H avait tissé avec elle des liens d'amitié et est intervenu pour son entreprise comme simple " superviseur " sans qu'aucune relation salariale n'ait été mise en place entre eux ; M. E n'est pas non plus intervenu pour accomplir un travail rémunéré et il a ainsi été mis hors de cause au cours de la procédure pénale ; elle n'a pas non plus employé M. J ;
- MM. H et J ont bénéficié d'une régularisation de leur droit au séjour après le contrôle de police et ne peuvent plus, dès lors, être considérés comme des travailleurs étrangers en situation irrégulière ;
- il appartient à la cour de réduire le montant de la contribution spéciale en litige dès lors que l'application du " bouclier pénal ", prévu à l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, aurait dû conduire l'OFII à fixer cette contribution, non pas à 75 000 euros, mais à 15 000 euros dans l'hypothèse d'un nombre de travailleurs employés en situation irrégulière égal à trois.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 février 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration, représenté par Me De Froment, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme G une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que tous les moyens de la requête doivent être écartés comme infondés.
Par ordonnance du 15 février 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 19 avril 2024 à 12h 00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gueguein, rapporteur,
- et les conclusions de M. Anthony Duplan, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. A l'occasion d'un contrôle effectué le 23 septembre 2020 dans un entrepôt à Mamoudzou, les services de police ont constaté la présence, en action de travail, de deux ressortissants comoriens, MM. F (alias E) et J, et d'un ressortissant burundais, M. K, dépourvus de titres les autorisant à séjourner et à travailler sur le territoire français. Deux autres travailleurs en situation irrégulière, M. A D, de nationalité burundaise, et M. H L, de nationalité comorienne, travaillaient également dans l'entrepôt dont la propriétaire, Mme G, exerçait une activité dans le commerce des fruits et légumes. Par courrier du 21 octobre 2020, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a informé Mme G qu'elle était susceptible de se voir appliquer la contribution spéciale pour l'emploi d'un travailleur étranger en situation irrégulière, prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, et l'a invitée à présenter ses observations. Par décision du 5 janvier 2021, le directeur général de OFII a mis à la charge de Mme G la contribution spéciale pour l'emploi irrégulier de travailleurs étrangers pour un montant de 91 250 euros correspondant à l'emploi irrégulier de cinq étrangers, réduit à la somme de 75 000 euros en application du " bouclier pénal " prévu à l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur. En vue du recouvrement de cette somme, un titre exécutoire a été émis le 20 janvier 2021 par le directeur départemental des finances publiques de l'Essonne. Mme G a demandé au tribunal administratif de Mayotte d'annuler la décision de l'OFII du 5 janvier 2021, le titre exécutoire du 20 janvier 2021 ainsi que le rejet implicite de sa contestation de ce titre. Par jugement du 7 février 2023, le tribunal a réduit à 45 000 euros le montant de la contribution spéciale mise à la charge de Mme G après avoir estimé que M. K séjournait régulièrement sur le territoire français en qualité de réfugié et qu'il n'était pas établi que M. A D avait travaillé pour le compte de l'intéressée. Mme G relève appel de ce jugement en tant qu'il a laissé à sa charge le paiement de cette somme de 45 000 euros.
Sur la régularité du jugement :
2. En premier lieu, il résulte des points 7 et 8 du jugement critiqué que les premiers juges ont écarté une branche du moyen tiré de l'erreur d'appréciation en retenant que M. H avait exercé une activité salariée au bénéfice de la requérante sur la base de plusieurs éléments dont la présence d'un sac contenant les affaires de l'intéressé sur les lieux du contrôle de police. Ainsi, et alors que par ailleurs la contradiction des motifs affecte le bien-fondé d'une décision juridictionnelle et non sa régularité, Mme G n'est pas fondée à soutenir que le jugement attaqué serait entaché d'un défaut de motivation.
3. En second lieu, contrairement à ce que soutient Mme G, les premiers juges n'ont pas méconnu le principe du contradictoire en écartant, au point 8 de leur jugement, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation en relevant l'absence de liens directs entre elle et M. E. Le jugement attaqué n'est donc pas entaché d'irrégularité sur ce point.
Sur le bien-fondé de la contribution spéciale :
4. Aux termes de l'article L. 5221-8 du code du travail : " L'employeur s'assure auprès des administrations territorialement compétentes de l'existence du titre autorisant l'étranger à exercer une activité salariée en France () ". Aux termes de l'article L. 8251-1 du même code : " Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France. () ". L'article L. 8253-1 du code du travail dispose que : " Sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger non autorisé à travailler, une contribution spéciale. Le montant de cette contribution spéciale est déterminé dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. Il est, au plus, égal à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12 () ".
5. Il appartient au juge administratif, saisi d'un recours contre une décision mettant à la charge d'un employeur les contribution spéciale et forfaitaire prévues par les dispositions précitées de vérifier la matérialité des faits reprochés à l'employeur et leur qualification juridique au regard de ces dispositions.
6. La qualification de contrat de travail dépend des seules conditions de fait dans lesquelles le travailleur exerce son activité. A cet égard, la qualité de salarié suppose nécessairement l'existence d'un lien juridique, fût-il indirect, de subordination du travailleur à la personne qui l'emploie, le contrat de travail ayant pour objet et pour effet de placer le travailleur sous la direction, la surveillance et l'autorité de son cocontractant. Dès lors, pour l'application des dispositions de l'article L. 8251-1 du code du travail, il appartient à l'autorité administrative de relever, sous le contrôle du juge, les indices objectifs de subordination permettant d'établir la nature salariale des liens contractuels existant entre un employeur et le travailleur qu'il emploie. Enfin, les contributions ont pour objet de sanctionner les faits d'emploi d'un travailleur étranger séjournant irrégulièrement en France, ou démuni d'un titre l'autorisant à exercer une activité salariée, sans qu'un élément intentionnel ne soit nécessaire à la caractérisation du manquement.
7. Il résulte de l'instruction que, le 23 septembre 2020, trois agents du service territorial de police judiciaire de Mayotte ont effectué, à Kawéni, sur le territoire de la commune de Mamoudzou, un contrôle dans un entrepôt appartenant à Mme G, laquelle exerce une activité de commerce dans le domaine des fruits et légumes. Il résulte du procès-verbal dressé le 23 septembre 2020, qui fait foi jusqu'à preuve contraire, que les fonctionnaires de police ont constaté la présence, dans l'entrepôt, de plusieurs individus qui se sont enfuis en les apercevant. Un autre individu, se présentant sous l'identité de M. F, a été interpellé dans l'entrepôt en train de pelleter un tas de gravier pour préparer du béton nécessaire à la réalisation d'une chape, et a présenté aux policiers une carte d'identité qui n'était pas la sienne. Puis, les agents de police ont constaté qu'un individu, nommé M. B J, était en action de travail sous un coffrage de dalle de plafond. Poursuivant leurs investigations, les policiers ont découvert, toujours dans l'entrepôt, une sacoche contenant le passeport de M. L H ainsi qu'un espace dédié au tri des condiments. Enfin, il résulte des mentions figurant sur le procès-verbal du 23 septembre 2020 que Mme G a fait savoir aux policiers que les individus interpellés travaillaient pour elle dans son entrepôt dédié à son activité commerciale.
8. Au cours de son audition par les services de police, M. F a précisé que sa véritable identité était M. I E et qu'il s'était rendu dans l'entrepôt appartenant à Mme G pour y travailler comme maçon. A cet égard, il résulte de l'instruction que Mme G était en mesure de constater que le document détenu par M. E procédait d'une usurpation d'identité, sa physionomie étant sensiblement différente de celle de la personne dont la photographie était apposée sur ce document, ainsi que l'établissent les mentions du procès-verbal de police. Par ailleurs, au cours de son audition, M. B J a reconnu qu'il était en train d'accomplir, au moment de son interpellation, des travaux de maçonnerie et de soudure dans l'entrepôt de Mme G, laquelle lui fournissait le matériel nécessaire et lui versait directement de l'argent en espèces. Le procès-verbal d'audition de M. F (alias E) confirme également que M. L H travaillait sur le chantier, notamment sur le toit de l'entrepôt. Enfin, Mme G a elle-même confirmé aux policiers, au cours de l'enquête, que les travaux effectués dans son entrepôt l'avaient été en sa présence par M. B J, M. L H et M. F (alias E), et qu'elle rémunérait en espèces les ouvriers dont elle n'ignorait pas qu'ils séjournaient irrégulièrement en France.
9. Par ailleurs, si par une ordonnance n° 2100165 du 25 janvier 2021, le juge des référés du tribunal administratif de Mayotte a suspendu l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français du 20 mai 2020 prise par le préfet à l'encontre de M. L H, il ne résulte pas de l'instruction que ce dernier aurait bénéficié depuis d'un titre l'autorisant à séjourner et à travailler sur le territoire français. De même, l'autorisation provisoire de séjour délivrée à M. B J pour une durée de six mois à compter du 12 juillet 2021, en exécution d'une ordonnance n° 2101652 rendue le 25 mai 2021 par le juge des référés du tribunal, ne permet pas à l'intéressé d'occuper un emploi. Par suite, Mme G n'est pas fondée à soutenir que les intéressés ont bénéficié d'une régularisation de leur droit au séjour à Mayotte.
10. Il résulte de ce qui précède, ainsi que l'ont à bon droit considéré les premiers juges, que MM. E, H Djamaldinne et J ont exercé une activité sous le contrôle de Mme G dans le cadre d'une relation de travail salariée. La circonstance que les convocations adressées à Mme G par le procureur de la République, dans le cadre de l'enquête pénale initiée par le contrôle de police du 23 septembre 2020, ne mentionnaient pas le nom de M. E ne permet pas, à elle seule, d'estimer que l'infraction d'emploi de travailleurs en situation irrégulière ne serait pas établie à l'encontre de cette dernière personne. Dans ces conditions, les moyens tirés de l'erreur de fait et de l'erreur dans la qualification juridique des faits doivent être écartés.
Sur le montant de la contribution spéciale :
11. Aux termes de l'article L. 8253-1 du code du travail : " () l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger non autorisé à travailler, une contribution spéciale. Le montant de cette contribution spéciale est déterminé dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. Il est, au plus, égal à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12. Ce montant peut être minoré en cas de non-cumul d'infractions ou en cas de paiement spontané par l'employeur des salaires et indemnités dus au salarié étranger non autorisé à travailler mentionné à l'article R. 8252-6. Il est alors, au plus, égal à 2 000 fois ce même taux. () L'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de constater et de liquider cette contribution () ". Aux termes de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en vigueur jusqu'au 1er mai 2021 : " Sans préjudice des poursuites judiciaires qui pourront être engagées à son encontre et de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253- 1 du code du travail, l'employeur qui aura occupé un travailleur étranger en situation de séjour irrégulier acquittera une contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine. Le montant total des sanctions pécuniaires prévues, pour l'emploi d'un étranger non autorisé à travailler, au premier alinéa du présent article et à l'article L. 8253-1 du code du travail ne peut excéder le montant des sanctions pénales prévues par les articles L. 8256-2, L. 8256-7 et L. 8256-8 du code du travail ou, si l'employeur entre dans le champ d'application de ces articles, le montant des sanctions pénales prévues par le chapitre II du présent titre. L'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de constater et de fixer le montant de cette contribution. () ". Aux termes de l'article R. 8253-2 du code du travail : " I.- Le montant de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 est égal à 5 000 fois le taux horaire, à la date de la constatation de l'infraction, du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12. / II.- Ce montant est réduit à 2 000 fois le taux horaire du minimum garanti dans l'un ou l'autre des cas suivants : / 1° Lorsque le procès-verbal d'infraction ne mentionne pas d'autre infraction commise à l'occasion de l'emploi du salarié étranger en cause que la méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 ; / 2° Lorsque l'employeur s'est acquitté des salaires et indemnités () / III.- Dans l'hypothèse mentionnée au 2° du II, le montant de la contribution spéciale est réduit à 1 000 fois le taux horaire du minimum garanti lorsque le procès-verbal d'infraction ne mentionne l'emploi que d'un seul étranger sans titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France (). ".
12. Par la décision du 5 janvier 2021, le directeur général de l'OFII a, en application des dispositions précitées de l'article R. 8253-2, fixé à 91 250 euros le montant de la contribution spéciale pour l'emploi irrégulier appliquée à Mme G à raison de 3,65 euros X 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti X 5 (nombre de travailleurs employés en situation irrégulière). Puis, faisant application de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatif au " bouclier pénal ", le directeur de l'OFII a réduit à 75 000 euros le montant de cette contribution.
13. Il appartient au juge administratif de décider, après avoir exercé son plein contrôle sur les faits invoqués et la qualification retenue par l'administration, soit de maintenir la sanction prononcée, soit d'en diminuer le montant jusqu'au minimum prévu par les dispositions applicables au litige, soit d'en décharger l'employeur.
14. Contrairement à ce que soutient Mme G, les dispositions du code du travail et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point 11 ne prévoient pas que le montant de la contribution spéciale serait le simple produit de la somme de 5 000 euros par le nombre de salariés employés. Par suite, Mme G n'est pas fondée à demander que la contribution spéciale en litige soit réduite à la somme de 15 000 euros.
15. Il résulte de tout ce qui précède que Mme G n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Mayotte a laissé à sa charge le paiement de la somme de 45 000 euros au titre de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail.
Sur les frais d'instance :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle aux conclusions présentées par Mme G tendant à ce que l'OFII et l'Etat, qui ne sont pas parties perdantes à l'instance, lui versent une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de Mme G le versement de la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par l'OFII et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme G est rejetée.
Article 2 : Mme G versera à l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié Mme C G, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et au ministre de l'Intérieur.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Karine Butéri, présidente,
M. Stéphane Gueguein, président-assesseur,
Mme Caroline Gaillard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024. Le rapporteur,
Stéphane GuegueinLa présidente,
Karine Butéri
La greffière,
Catherine Jussy
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026