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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-23BX00983

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-23BX00983

jeudi 10 août 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-23BX00983
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantLE GUEDARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler la décision par laquelle la préfète de la Gironde a implicitement rejeté sa demande du 25 juin 2021 tendant à la délivrance d'un titre de séjour ainsi que l'arrêté du 26 août 2022 par lequel la même autorité a rejeté sa demande tendant à la délivrance d'un certificat de résidence, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.

Par un jugement n°s 2200844, 2205225 du 7 mars 2023, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête, enregistrée le 6 avril 2023, M. B, représenté par Me Le Guédard, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 7 mars 2023 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 26 août 2022 de la préfète de la Gironde ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 80 euros par jour de retard, ou à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte et de le munir, dans l'attente, d'une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 1 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision portant refus de délivrer un titre de séjour est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen approfondi de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les stipulations des articles 5 et 7c de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 dès lors qu'il justifie d'une activité professionnelle régulière et de revenus suffisants ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il aurait dû bénéficier d'une régularisation eu égard à son ancienneté sur le territoire français et à son intégration professionnelle exemplaire ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et par les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que ses intérêts privés sont basés en France et que la préfète ne démontre pas qu'il aurait encore des contacts avec sa famille en Algérie ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;

- les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi sont privées de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de délivrer un titre de séjour.

Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme Karine Butéri, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. B, ressortissant algérien né le 27 décembre 1990, déclare être entré régulièrement en France le 5 août 2018 sous couvert d'un visa de court séjour valable jusqu'au 20 août 2018. Le 25 juin 2021, il a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence sur le fondement des stipulations des articles 5 et 7c de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles, et des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Une décision implicite de rejet de sa demande est née le 25 octobre 2021 du silence gardé par la préfète de la Gironde pendant plus de quatre mois. Par un arrêté du 26 août 2022, la préfète de la Gironde a rejeté sa demande tendant à la délivrance d'un certificat de résidence, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. B relève appel du jugement du 7 mars 2023 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande regardée comme tendant à l'annulation de l'arrêté du 26 août 2022.

3. En premier lieu, l'intéressé reprend en appel le moyen tiré de ce que la préfète a commis une erreur manifeste d'appréciation en ne procédant pas à sa régularisation au titre de son intégration professionnelle, au soutien duquel il produit le relevé de sa situation URSSAF depuis 2019, sa déclaration URSSAF du mois de février 2023 et une attestation du 14 mars 2023 du gérant de la SAS TRTS, société en travaux de peinture et vitrerie, qui fait part de son souhait de l'embaucher et souligne ses qualités professionnelles. Toutefois, aucune de ces pièces, dont l'une est au demeurant postérieure au litige, n'est de nature à justifier une intégration professionnelle telle que le préfet aurait entaché son refus de régularisation d'une erreur manifeste d'appréciation. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ce moyen.

4. En deuxième lieu, M. B soutient nouvellement en appel que l'arrêté en litige porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ressort toutefois des pièces du dossier, et notamment de la fiche " famille " remplie par l'intéressé à l'appui de sa demande de titre de séjour, qu'à l'exception d'un frère résidant en France, au demeurant en situation irrégulière, l'ensemble de sa famille réside en Algérie, pays dans lequel il a vécu jusqu'à ses 27 ans. S'il justifie d'une ancienneté de travail de plus de trois ans à la date de l'arrêté attaqué en tant qu'auto-entrepreneur, celle-ci n'a été acquise que par son maintien irrégulier sur le territoire français depuis le 20 août 2018, date d'expiration de son visa de court séjour. En outre, si M. B se prévaut d'une promesse d'embauche du 5 septembre 2022 de la SAS TRTS, société en travaux de peinture et vitrerie, en contrat à durée indéterminée en qualité de chef d'équipe, cet élément n'est pas suffisant pour considérer que le centre de ses intérêts professionnels se trouve en France. Par suite, le moyen doit être écarté.

5. En troisième et dernier lieu, M. B reprend, dans des termes similaires et sans critique utile du jugement attaqué, les autres moyens invoqués en première instance visés ci-dessus. Il n'apporte ainsi aucun élément de droit ou de fait nouveau, ni aucune pièce nouvelle à l'appui de ces moyens auxquels les premiers juges ont suffisamment et pertinemment répondu. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Bordeaux.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative citées au point 1. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Une copie sera adressée pour information au préfet de la Gironde.

Fait à Bordeaux, le 10 août 2023

Karine Butéri

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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