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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-23BX01093

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-23BX01093

jeudi 9 octobre 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-23BX01093
TypeDécision
Recoursplein contentieux
PublicationC
Formation6ème chambre (formation à 3)
Avocat requérantDUPOUY CHARLES

Texte intégral

Vu la rocédure suivante :

rocédure contentieuse antérieure :

M. B... C... a demandé au tribunal administratif de au de rononcer la décharge des cotisations su lémentaires d’im ôt sur le revenu et de rélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l’année 2015 ainsi que des énalités corres ondantes.
 
ar un jugement n° 2100575 du 23 février 2023, le tribunal administratif de au a rejeté sa demande.

rocédure devant la cour :

ar une requête et un mémoire, enregistrés le 21 avril 2023 et le 9 novembre 2023, M. C..., re résenté ar Me Du ouy, demande à la cour :

1°) d’annuler ce jugement du tribunal administratif de au du 23 février 2023 ;

2°) de rononcer la décharge des cotisations su lémentaires d’im ôt sur le revenu et de rélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l’année 2015 ainsi que des énalités corres ondantes ;

3°) de mettre à la charge de l’État le versement de la somme de 2 400 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- le bien immobilier situé 5 avenue de Verdun à Biarritz constituait sa résidence rinci ale lors de sa cession le 9 janvier 2015, ce qui lui ermettait de bénéficier de l’exonération de la lus-value révue ar les dis ositions du 1° du II de l’article 150 U du code général des im ôts ; à la même date, le bien immobilier situé 23 avenue de l’Im ératrice à Biarritz ne constituait as sa résidence rinci ale ;
- c’est à tort que le tribunal a considéré, our estimer que le bien situé 5 avenue de Verdun ne constituait as sa résidence rinci ale, que la dangerosité du terrain se trouvant avenue de l’Im ératrice ne re résentait as un évènement s écifique justifiant un déménagement, que son changement d’adresse n’avait as été orté à la connaissance de sa banque et que les attestations notariales non datées qu’il avait roduites n’avaient as valeur robante ; il justifie que son changement d’adresse a bien été signifié au notaire et que tous les courriers ont bien été réce tionnés au 5 avenue de Verdun ; l’une au moins armi les attestations de voisinage roduites, celle de M. A..., rouve que l’a artement était en état d’être habité et que son nom figurait sur la boîte aux lettres ; les avis de contravention de son véhicule garé avenue de Verdun constituent un indice su lémentaire de ce qu’il résidait à cette adresse ; les attestations versées au dossier, ar les habitants de l’immeuble avec lesquels il n’a aucun lien de arenté, établissent une résidence habituelle et effective et non une résence onctuelle au 5 avenue de Verdun ; ce ne sont as des attestations de com laisance.

ar des mémoires en défense, enregistrés le 12 se tembre 2023 et le 11 décembre 2023, ce dernier n’ayant as été communiqué, le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu’aucun des moyens de la requête n’est fondé.


Vu les autres ièces du dossier.

Vu :
- le code général des im ôts et le livre des rocédures fiscales ;
- le code de justice administrative.


Les arties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience ublique :
- le ra ort de Mme
Karine Butéri,
- et les conclusions de M. Anthony Du lan, ra orteur ublic.


Considérant ce qui suit :

1. Le 25 avril 2012, M. B... C... a acquis une villa dénommée « Rayon vert », située 23 avenue de l’Im ératrice à Biarritz, qui est devenue sa résidence rinci ale au cours de la même année. Le 29 juin 2012, M. C... a également acquis, au rix de 100 000 euros, un a artement, situé 5 avenue de Verdun à Biarritz, qu’il a revendu le 9 janvier 2015 our un montant de 545 000 euros, en le déclarant comme constituant sa résidence rinci ale. Il a alors bénéficié, sur le fondement des dis ositions du 1° du II de l’article 150 U du code général des im ôts, de l’exonération de la lus-value immobilière résultant de cette cession. A la suite d’un contrôle sur ièces, l’administration a remis en cause l’exonération de cette lus-value et M. C... a en conséquence été notamment assujetti, au titre de l’année 2015, à des cotisations su lémentaires d’im ôt sur le revenu et de contributions sociales. Il relève a el du jugement du 23 février 2023 ar lequel le tribunal administratif de au a rejeté sa demande tendant à la décharge de ces im ositions.

2. Aux termes de l’article 150 U du code général des im ôts, dans sa rédaction a licable aux im ositions en litige : « I. – Sous réserve des dis ositions ro res aux bénéfices industriels et commerciaux, aux bénéfices agricoles et aux bénéfices non commerciaux, les lus-values réalisées ar les ersonnes hysiques ou les sociétés ou grou ements qui relèvent des articles 8 à 8 ter, lors de la cession à titre onéreux de biens immobiliers bâtis ou non bâtis ou de droits relatifs à ces biens, sont assibles de l'im ôt sur le revenu dans les conditions révues aux articles 150 V à 150 VH. / (…) II. – Les dis ositions du I ne s'a liquent as aux immeubles, aux arties d'immeubles ou aux droits relatifs à ces biens : / 1° Qui constituent la résidence rinci ale du cédant au jour de la cession (…) ». 

3. Il résulte de ces dis ositions que la lus-value réalisée ar une ersonne hysique lors de la cession à titre onéreux d’un bien immobilier qui constitue sa résidence rinci ale au jour de la cession n’est as assible de l’im ôt sur le revenu. Sont considérés comme résidence rinci ale au sens de ces dis ositions les immeubles qui constituent la résidence habituelle et effective du ro riétaire au jour de la cession.
 
4. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la reuve au contribuable, il a artient au juge de l’im ôt, au vu de l’instruction et com te tenu, le cas échéant, de l’abstention d’une des arties à roduire les éléments qu’elle est seule en mesure d’a orter et qui ne sauraient être réclamés qu’à elle-même, d’a récier si un contribuable rem lit les conditions légales d’une exonération.

5. M. C..., alors marié et ère de trois enfants, soutient que la villa, située 23 avenue de l’Im ératrice à Biarritz, a constitué sa résidence rinci ale du 1er juillet 2012 au 31 mai 2013 uis du 29 décembre 2014 au 11 octobre 2017, date à laquelle il a déménagé à Dijon, et qu’entre ces deux ériodes de tem s, soit du 1er juin 2013 au 28 décembre 2014, il avait our résidence rinci ale l’a artement situé 5 avenue de Verdun à Biarritz, qu’il a cédé le 9 janvier 2015. Au soutien de cette allégation, il se révaut tout à la fois de la dangerosité du site sur lequel est bâtie la villa située 23 avenue de l’Im ératrice qu’il aurait quittée « le tem s d’obtenir les garanties nécessaires sur la sécurité des lieux » et de l’o ortunité qui s’offrait alors à lui d’emménager avec ses trois enfants dans l’a artement situé 5 avenue de Verdun où le locataire venait de décéder.

6. Il résulte de l’instruction que, ar deux arrêtés du 29 janvier 2001 et du 30 novembre 2001 relevant que la artie ouest de la arcelle cadastrée section AA n° 61 située 23 avenue de l’Im ératrice eut résenter un danger ermanent our leurs occu ants en raison du glissement de terrain de la falaise « Bernain » au droit de la ro riété, le maire de Biarritz a ordonné des mesures de sûreté sur les ro riétés rivées. Il n’est as contesté que, lors de l’acquisition de la villa, le 25 avril 2012, M. C... avait connaissance de cette situation, une étude de faisabilité de confortement de la falaise au droit de la villa réalisée le 11 janvier 2011 dans le cadre de cette acquisition ayant fait état d’éboulements en 1965, 2001 et 2008 au droit de la résidence voisine et ayant constaté que le recul de falaise était un hénomène continu se roduisant de façon discontinue ar séquences d’éboulements de masse entraînant un recul de quelques mètres à chaque événement. Il ne résulte de l’instruction ni que se serait roduit un évènement s écifique justifiant le déménagement de M. C... our raisons de sécurité au mois de juin 2013, soit un eu moins d’un an a rès son emménagement dans la villa le 1er juillet 2012, ni que des travaux de consolidation de la falaise auraient été entre ris avant le 28 décembre 2014, date à laquelle il aurait réemménagé à la villa. Il résulte au contraire de l’instruction, notamment de quatre courriels adressés à la munici alité de Biarritz entre le 14 mars 2017 et le 19 novembre 2020, que les démarches de consolidation de la falaise datent de 2015. Dans ces conditions, la dangerosité du site d’im lantation de la villa ne saurait justifier, contrairement à ce que M. C... ersiste à soutenir devant la cour, un déménagement en juin 2013. ar ailleurs, si la locataire âgée de l’a artement est décédée à la fin de l’année 2012, il résulte de l’instruction que, lorsque la fille de la défunte a quitté les lieux, le 29 avril 2013, ce bien immobilier n’était as en état d’être habité ar M. C... et ses trois enfants. Ainsi que l’a à juste titre relevé le tribunal, il résulte de l’instruction, notamment d’un ra ort d’ex ertise établi en mars 2015 ar une ex erte agréée agricole et foncier, que, lors d’un état des lieux du 29 avril 2013, ont été constatés l’affaissement du sol dans le séjour, la salle à manger et deux chambres, un dégât des eaux dans la cuisine et des désordres dans la salle de bains dus à infiltrations ar la toiture. Les éléments sanitaires (baignoire, cuvette des toilettes, robinets, chauffe-eau au gaz, ventilation) et les éléments de cuisine, dont l’évier, ont été déclarés en mauvais état. Si M. C... soutient qu’il a rocédé à des travaux ermettant un emménagement au 1er juin 2013, il ne roduit aucune ièce en a el à l’a ui de cette allégation alors qu’en remière instance il a seulement versé au dossier un courriel du 14 mars 2017 attestant de l’intervention d’une entre rise our la réfection des sols du 19 au 21 juin 2013 uis le 24 juin 2013. Ni les attestations des habitants de l’immeuble où se trouve l’a artement, notamment celle établie ar M. A... dont le requérant ersiste à soutenir en a el qu’elle témoigne du caractère habitable de ce bien à com ter du 1er juin 2013 et de son occu ation du fait de la mention de son nom sur la boîte aux lettres, ni une ièce bancaire intitulée « réca itulatif des frais sur roduits et services bancaires – ériode du 1er janvier au 31 décembre 2014 », ortant l’adresse de l’a artement en en-tête, ni l’attestation notariale du 3 avril 2023 confirmant que les courriers adressés au 5 avenue de Verdun en juillet et novembre 2014 « n’ont jamais été retournés ar la oste », ne ermettent d’établir une résidence habituelle et effective durant la ériode considérée. Il en va de même de la circonstance que M. C... se serait acquitté de quatre contraventions our stationnement irrégulier dans la rue de Verdun entre le 19 mars 2013 et le 22 avril 2014 et du fait qu’au titre de l’année 2014, ce contribuable a été assujetti à la taxe d’habitation our l’a artement déclaré comme résidence rinci ale. S’il résulte de l’instruction que M. C... a effectué des démarches au rès des services des im ôts afin de déclarer l’a artement du 5 avenue de Verdun comme étant sa résidence rinci ale du 1er juin 2013 au 28 décembre 2014, il n’a signalé de changement d’adresse à aucun autre service (électricité, gaz, eau) ni même à sa banque.

7. Il résulte également de l’instruction que l’exercice ar le service de son droit de communication au rès d’EDF a ermis de mettre en évidence que la consommation d’électricité à la villa au titre de la ériode du 1er juin 2013 au 28 décembre 2014 est restée stable alors que la consommation d’électricité à l’a artement, au titre de la même ériode, n’est as celle d’une famille de quatre ersonnes dont trois enfants. Si M. C... fait état d’un dysfonctionnement du com teur électrique installé à l’a artement, il résulte de l’instruction, notamment d’un courriel d’un conseiller EDF du 17 juin 2016, que ce dysfonctionnement s’est seulement roduit à artir du 26 juillet 2014. Dans le cadre de son droit de communication au rès de GDF, l’administration a obtenu des informations montrant, d’une art, que le com teur our la consommation de gaz à l’a artement n’a été ouvert que le 18 février 2014 alors que la chaudière de ce logement est une chaudière au gaz, et d’autre art, que la consommation de gaz y était très faible sur la ériode considérée. Ces constats ne sont as remis en cause ar M. C... qui, notamment, n’a roduit aucune facture de gaz ou d’électricité.

8. Dès lors, l’a artement situé 5 avenue de Verdun à Biarritz, que M. C... a cédé le 9 janvier 2015, ne constituait as, à la date de cette cession, sa résidence rinci ale. ar suite, c’est à bon droit que l’administration a remis en cause l’exonération de la lus-value réalisée lors de ladite cession, en a lication du 1° du II de l’article 150 U du code général des im ôts sous lequel M. C... l’avait lacée.
 
9. Il résulte de l’ensemble de ce qui récède que M. C... n'est as fondé à soutenir que c'est à tort que, ar le jugement attaqué, le tribunal administratif de au a rejeté sa demande tendant à la décharge des cotisations su lémentaires d’im ôt sur le revenu et de rélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l’année 2015 ainsi que des énalités corres ondantes. ar voie de conséquence, ses conclusions tendant à l’a lication des dis ositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ne euvent qu’être rejetées.




décide :


Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.


Article 2 : Le résent arrêt sera notifié à M. B... C... et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Co ie en sera adressée à la direction s écialisée de contrôle fiscal sud-ouest.


Délibéré a rès l’audience du 18 se tembre 2025 à laquelle siégeaient :

Mme Karine Butéri, résidente,
M. Sté hane Gueguein, résident-assesseur,
Mme Caroline Gaillard, remière conseillère,

Rendu ublic ar mise à dis osition au greffe, le 9 octobre 2025.

Le résident-assesseur,


S. Gueguein
La résidente-ra orteure,


K. Butéri

La greffière,


V. Santana
La Ré ublique mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les arties rivées, de ourvoir à l’exécution de la résente décision.

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