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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-23BX01102

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-23BX01102

mardi 22 août 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-23BX01102
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme B A a demandé au tribunal administratif de Pau d'annuler l'arrêté du 22 novembre 2022 par lequel le préfet du Gers lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et l'a astreinte à se présenter une fois par semaine au commissariat d'Auch.

Par un jugement n° 2202753 du 22 mars 2023, le tribunal administratif de Pau a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête enregistrée le 21 avril 2023, Mme A, représentée par

Me Dumaz Zamora, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement n° 2202753 du tribunal administratif de Pau du 22 mars 2023 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 22 novembre 2022 du préfet du Gers ;

3°) d'enjoindre au préfet du Gers de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai d'une semaine à compter de la date de notification de la décision à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision est insuffisamment motivée, en l'absence de mention de ses efforts d'intégration, ce qui révèle un défaut d'examen circonstancié de sa situation ;

- le préfet s'est estimé lié par la décision de la Cour nationale du droit d'asile rejetant sa demande d'asile sans avoir procédé à une propre appréciation de sa situation ;

- le seul relevé Telemofpra produit en défense, qui mentionne une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 2 novembre 2022, ne suffit pas à établir que cette décision aurait été lue en audience publique à cette date ; le préfet a méconnu les articles L. 611-1 4° et L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi et celle tendant à l'obligation hebdomadaire de pointage :

- ces décisions sont privées de base légale en raison des illégalités entachant la mesure d'éloignement ;

- la mesure l'astreignant à se présenter une fois par semaine au commissariat d'Auch pour une durée indéterminée a méconnu l'article L. 721-7 du code précité.

Par une décision n° 2023/006140 du 8 juin 2023, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a admis Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents () de cour administrative d'appel, Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. Mme A, ressortissante gabonaise née en 1983, est entrée en France en novembre 2020 pour y solliciter l'asile. Sa demande d'asile a été rejetée en dernier lieu par la Cour nationale du droit d'asile le 2 novembre 2022. Par un arrêté du 22 novembre 2022, le préfet du Gers lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et l'a astreinte à se présenter une fois par semaine au commissariat d'Auch. Mme A relève appel du jugement du 22 mars 2023 par lequel le tribunal administratif de Pau a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

3. En premier lieu, Mme A reprend ses moyens de première instance tiré de la méconnaissance du 4° de l'article L. 611-1 et de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'absence de production de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ayant rejeté son recours contre le refus opposé à sa demande d'asile par le directeur de l'office français de la protection des réfugiés et apatrides. Toutefois, il ressort des termes du jugement attaqué que la présidente du tribunal administratif de Pau a relevé à juste titre que les mentions figurant sur le relevé " TelemOfpra " produit par le préfet du Gers, lesquelles font foi jusqu'à preuve du contraire, ainsi que le précise l'article R. 532-57 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, indiquent que le recours formé le 7 juin 2022 par Mme A à l'encontre de la décision du directeur de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a été rejeté par une décision de la Cour nationale du droit d'asile, lue en audience publique le 2 novembre 2022. Dans ces conditions, dès lors que l'intéressée n'apporte pas plus en appel qu'en première instance d'élément démontrant que ces mentions seraient erronées, le préfet du Gers a pu légalement estimer, à la date de l'arrêté attaqué, que la requérante se trouvait dans le cas visé au 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans lequel il pouvait légalement édicter à son encontre une obligation de quitter le territoire français. Par suite, ces moyens doivent être écartés.

4. En deuxième lieu, si Mme A soutient nouvellement en appel que la mesure l'obligeant à se présenter une fois par semaine au commissariat d'Auch serait illégale dès lors que l'arrêté en litige ne fixe pas sa durée, il ressort toutefois des termes même de l'arrêté en litige que l'intéressée devra se présenter au commissariat pour y " indiquer les diligences effectuées dans la préparation de son départ ", et que le préfet a ainsi implicitement mais nécessairement entendu limiter cette astreinte à la période de trente jours qui lui a été accordée pour quitter volontairement le territoire français. Par suite, le moyen invoqué en appel tiré de ce que le préfet du Gers aurait méconnu l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lequel prévoit que la durée d'une telle mesure ne peut se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire, doit être écarté.

5. En troisième et dernier lieu, Mme A reprend, dans des termes similaires, les autres moyens invoqués en première instance, sans pièce nouvelle ni critique utile du jugement. Elle n'apporte ainsi aucun élément susceptible de remettre en cause l'appréciation de la première juge qui a suffisamment et pertinemment répondu à ces moyens. Par suite, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus à juste titre par la présidente du tribunal administratif de Pau.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel apparaît manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative citées au point 1, en ce compris les conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme B A.

Une copie sera adressée pour information au préfet du Gers.

Fait à Bordeaux, le 22 août 2023.

Bénédicte Martin

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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