mercredi 16 août 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-23BX01114 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A C a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 27 juillet 2022 par lequel la préfète de la Gironde a prononcé sa remise aux autorités grecques.
Par un jugement n° 2205766 du 22 mars 2023, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête enregistrée le 24 avril 2023, Mme C, représentée par Me Meaude, demande à la cour :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 22 mars 2023 ;
3°) d'annuler l'arrêté du 27 juillet 2022 de la préfète de la Gironde ;
4°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travailler et de procéder au réexamen de sa situation ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement au profit de son conseil d'une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- la décision prononçant sa remise aux autorités grecques est insuffisamment motivée ;
- cette décision méconnaît les dispositions de l'article L. 621-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que son droit d'être entendue dès lors qu'elle n'a pas été mise en mesure de présenter ses observations préalablement à son édiction ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation, compte-tenu de la carence des autorités grecques pour permettre aux réfugiés de bénéficier d'un logement, d'un emploi et d'une prise en charge médicale, et compte-tenu de son état de santé ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par une décision n° 2023/007560 du 20 juin 2023, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a admis Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. Mme A C, ressortissante congolaise, déclare être entrée en France le 20 décembre 2020 en provenance de la Grèce, où elle bénéficiait de la protection internationale par une décision du 8 novembre 2018. Sa demande d'asile formulée en France le 14 septembre 2021, a été rejetée comme irrecevable par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 31 décembre 2021, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 3 juin 2022, au regard de la protection qui lui a été accordée par les autorités grecques. Par un arrêté du 27 juillet 2022, la préfète de la Gironde, estimant sans que ce soit contesté que l'intéressée entrait dans le cas prévu par l'article L. 621-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a décidé sa remise d'office aux autorités grecques sur le fondement de l'article L. 621-1 du même code. Mme C relève appel du jugement du 22 mars 2023 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
3. Par une décision n° 2023/007560 du 20 juin 2023, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a accordé l'aide juridictionnelle totale à Mme C. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de statuer sur ses conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, à l'appui du moyen tiré de ce que l'arrêté contesté est insuffisamment motivé, Mme C ne se prévaut devant la cour d'aucun élément de fait ou de droit nouveau par rapport à l'argumentation développée en première instance et ne critique pas utilement la réponse apportée par le tribunal administratif. Par suite, il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs pertinemment retenus par les premiers juges.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 621-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation au refus d'entrée à la frontière prévu à l'article L. 332-1, à la décision portant obligation de quitter le territoire français prévue à l'article L. 611-1 et à la mise en œuvre des décisions prises par un autre État prévue à l'article L. 615-1, l'étranger peut être remis, en application des conventions internationales ou du droit de l'Union européenne, aux autorités compétentes d'un autre État, lorsqu'il se trouve dans l'un des cas prévus aux articles L. 621-2 à L. 621-7. / L'étranger est informé de cette remise par décision écrite et motivée prise par une autorité administrative définie par décret en Conseil d'État. Il est mis en mesure de présenter des observations et d'avertir ou de faire avertir son consulat, un conseil ou toute personne de son choix ".
6. D'une part, en vertu des dispositions de l'article L. 621-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, eu égard aux effets et aux conditions d'exécution d'une décision de remise d'un étranger aux autorités compétentes d'un autre Etat membre, la personne concernée doit être mise à même de présenter utilement des observations et d'avertir ou de faire avertir son consulat, un conseil ou toute personne de son choix préalablement à l'exécution de la décision. Par suite, ces dispositions n'imposent pas de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations avant l'adoption de la décision de remise, mais uniquement avant son exécution d'office.
7. D'autre part, ainsi que l'ont à juste titre relevé les premiers juges, Mme C a bénéficié le 2 juin 2022 d'un entretien auprès de la préfecture de la Gironde au cours duquel elle a pu faire valoir tous éléments la concernant et ne fait état devant le tribunal ou devant la cour d'aucune circonstance nouvelle ou évolution de sa situation intervenue depuis cette date. En se bornant à faire valoir à tort en appel, qu'une décision d'éloignement a été prise à son encontre immédiatement après son audition du 2 juin 2022, voir antérieurement, alors que cette décision a été annulée pour défaut de délégation de signature par jugement du tribunal administratif du 9 juin 2022, elle ne remet pas utilement en cause l'appréciation des premiers juges. Il y a lieu, dès lors, d'écarter les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 621-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du droit d'être entendue par les motifs qui viennent d'être exposés et par adoption des motifs pertinemment retenus par le tribunal administratif de Bordeaux.
8. En troisième lieu, Mme C reprend son moyen tiré de ce que l'arrêté en litige est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation. Toutefois, elle ne se prévaut devant la cour d'aucun élément de fait ou de droit nouveau par rapport à l'argumentation développée en première instance et ne critique pas utilement la réponse apportée par le tribunal administratif. Par suite, il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs pertinemment retenus par les premiers juges.
9. En dernier lieu, aux termes de l'article 3, paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale " Il résulte de ces stipulations que dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Ces stipulations sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
10. Si Mme C, qui a la qualité de réfugiée, fait valoir que la décision prononçant sa remise aux autorités grecques méconnaît l'intérêt supérieur de son fils dès lors qu'elle ne parle pas grec, qu'elle ne dispose plus de titre de séjour et qu'elle ne peut bénéficier d'une aide sociale pour l'alimentation et l'hébergement de son fils, elle n'apporte toutefois pas d'éléments suffisamment étayés permettant d'estimer qu'elle et son fils seraient privés d'un accès aux dispositifs d'aide de droit commun ou que cet Etat ne serait pas en mesure d'assumer leur prise en charge dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile. Dès lors, la décision prononçant sa remise aux autorités grecques, qui n'a ni pour objet, ni pour effet, de la séparer de son fils, n'a pas méconnu l'intérêt supérieur de ce dernier garanti par les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
11. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative citées au point 1, y compris les conclusions aux fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
ORDONNE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme C tendant à son admission à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Une copie en sera adressée pour information au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 16 août 2023
Elisabeth Jayat
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026