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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-23BX01129

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-23BX01129

mercredi 16 août 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-23BX01129
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantRENAUDIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. C B a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler la décision du 30 juin 2022 par laquelle le préfet de Lot-et-Garonne a rejeté sa demande de regroupement familial formulée au bénéfice de son épouse Mme A E.

Par un jugement n° 2205699 du 8 mars 2023, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête enregistrée le 26 avril 2023, M. B, représenté par Me Renaudie, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 8 mars 2023 ;

2°) d'annuler la décision du 30 juin 2022 du préfet de Lot-et-Garonne ;

3°) d'enjoindre au préfet de Lot-et-Garonne de lui délivrer l'autorisation de regroupement familial sollicitée ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais exposés en première instance, et la même somme au titre des frais exposés en appel.

Il soutient que :

- la décision en litige est entachée d'erreur de fait, d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que la condamnation pénale sur laquelle s'est fondé le préfet pour lui refuser le bénéfice du regroupement familial au profit de son épouse a été effacée du bulletin n° 2 de son casier judiciaire par jugement du 28 juin 2022 du tribunal judiciaire d'Agen, que le tribunal a ainsi procédé à un constat objectif de son amendement et de sa réinsertion sociale, que les faits qui lui sont reprochés sont isolés et anciens et qu'il ne s'est plus fait connaître des autorités depuis cette condamnation ;

- cette décision porte une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale dès lors qu'il entretient une relation ancienne et stable avec son épouse, qu'il contribue à l'entretien de sa fille née de sa précédente union, qu'il est inséré professionnellement et qu'il a été réhabilité de son unique condamnation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. B, ressortissant marocain marié le 23 octobre 2010 à une ressortissante française, a bénéficié d'un titre de séjour en qualité de conjoint de Français valable du 16 décembre 2010 au 16 décembre 2011, régulièrement renouvelé, puis s'est vu délivrer une carte de résident valable du 17 décembre 2013 au 16 décembre 2023. Le 9 décembre 2019, M. B a été condamné par le tribunal de grande instance d'Agen à 4 mois d'emprisonnement avec sursis à raison de faits de menaces de mort réitérées et de harcèlement commis à l'encontre de son épouse entre le 11 juin 2017 et le 17 janvier 2019. Le 13 août 2021, il a divorcé de son épouse française et s'est remarié le 24 août 2021 avec une compatriote marocaine. Le 7 septembre 2021, il a sollicité le bénéfice du regroupement familial au profit de cette dernière. Par une décision du 30 juin 2022, le préfet de Lot-et-Garonne a rejeté sa demande. M. B relève appel du jugement du 8 mars 2023 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cette décision.

3. En premier lieu, M. B reprend ses moyens tirés ce que la décision refusant le bénéfice du regroupement familial au profit de son épouse est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. S'il se prévaut, comme il l'avait déjà fait devant le tribunal, d'avoir bénéficié par jugement du 5 janvier 2023 du tribunal judiciaire d'Agen d'une exclusion de la mention au bulletin n° 2 de son casier judiciaire de sa condamnation du 9 décembre 2019, cette circonstance est sans incidence sur la possibilité qu'avait le préfet de prendre en compte les faits à l'origine de cette condamnation pour apprécier s'il se conformait aux principes essentiels régissant la vie familiale en France. Ainsi, M. B n'apporte en appel aucun élément de droit ou de fait nouveau, ni aucune nouvelle pièce à l'appui de ces moyens auxquels le tribunal administratif a suffisamment et pertinemment répondu. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par les motifs qui viennent d'être exposés et par adoption des motifs retenus par les premiers juges. Pour les mêmes motifs, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision refusant le bénéfice du regroupement familial au profit de son épouse est entachée d'erreur de fait.

4. En second lieu, M. B reprend son moyen tiré de ce que la décision refusant le bénéfice du regroupement familial au profit de son épouse porte une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale. A ce titre, il produit nouvellement en appel des attestions de voisins faisant état de son attachement à son épouse, des justificatifs de déplacements au Maroc, une liste des échanges téléphoniques avec son épouse entre les mois de février et d'avril 2023, des justificatifs de six transfert d'argent au profit de son épouse entre le 14 août 2021et le 12 juillet 2022 et des photos du couple non datées. Toutefois, ces documents, dont certains sont au demeurant postérieurs à la décision litigieuse, ne sont pas de nature à infirmer l'appréciation portée par les premiers juges qui ont écarté à juste titre ce moyen en relevant notamment qu'il ressortait des pièces du dossier que M. B, après son divorce le 13 août 2021 avec Mme D, avait épousé Mme E le 24 août 2021, soit environ un an avant la décision litigieuse et qu'il n'établissait ni l'ancienneté et la stabilité de sa relation avec son épouse, ni l'impossibilité pour les époux de même nationalité de faire de courts séjours dans leurs pays de résidence respectifs. Par suite, il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs pertinemment retenus par le tribunal administratif de Bordeaux. Pour les mêmes motifs, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision refusant le bénéfice du regroupement familial au profit de son épouse est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative citées au point 1, y compris les conclusions aux fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Une copie en sera adressée pour information au préfet de Lot-et-Garonne.

Fait à Bordeaux, le 16 août 2023

Elisabeth Jayat

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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