mardi 24 octobre 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-23BX01180 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre (formation à 3) |
| Avocat requérant | BLAISE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A se disant Sekou Camara a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 26 août 2022 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné.
Par un jugement n° 2205305 du 29 mars 2023, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 mai et 25 juillet 2023, M. A se disant Camara, représenté par Me Blaise, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement n° 2205305 du tribunal administratif de Bordeaux du 29 mars 2023 ;
2°) d'annuler l'arrêté de la préfète de la Gironde du 26 août 2022 ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire d'une durée d'un an portant la mention " salarié " ou la mention " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation administrative ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé et est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- la préfète a estimé, à tort qu'il n'avait pas justifié de son identité, alors que les actes d'état civil qu'il a présentés sont réputés authentiques, en application de l'article 47 du code civil, et que la préfète n'a saisi ni le juge judiciaire ni les autorités ivoiriennes pour procéder à des vérifications ;
- la décision lui refusant le séjour est entachée d'erreur de fait et d'erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'une autorisation de travail lui a été délivrée antérieurement à cette décision ;
- eu égard à sa situation personnelle, familiale et professionnelle, l'arrêté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision fixant le pays de renvoi méconnait les dispositions du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juin 2023, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. A se disant Camara a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Michaël Kauffmann a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A se disant Camara est entré en France, selon ses déclarations, le 12 août 2016. Postérieurement au rejet de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés (OFPRA) et apatrides le 27 juin 2017, confirmé par la Cour nationale du droit d'asile le 2 février 2018, l'intéressé a sollicité, le 28 avril 2022, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 421-1, L. 423-23 ou L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 26 août 2022, la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné. M. A se disant Camara relève appel du jugement du 29 mars 2023 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, ainsi que l'ont indiqué les premiers juges, l'arrêté contesté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. La circonstance que la préfète de la Gironde se serait méprise en estimant qu'il ne justifiait pas de son identité est sans incidence sur la motivation de l'arrêté et relève de son bien-fondé. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut, par suite, qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des autres éléments du dossier que la préfète de la Gironde n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. A se disant Camara. La circonstance que la préfète n'a pas tenu compte de ce qu'une autorisation de travail lui a été délivrée, antérieurement à la date de l'arrêté, le 18 juillet 2022 et se borne à mentionner la demande d'autorisation de travail présentée pour son compte n'est pas, à elle seule, de nature à révéler un tel défaut d'examen alors, en toute hypothèse, qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que cet élément aurait été de nature à lui ouvrir un droit au séjour. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de sa situation doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiants de son état civil ; / 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; () ". L'article L. 811-2 du même code dispose que : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies à l'article 47 du code civil. ". En vertu de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil () des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. () ". Aux termes de l'article L. 142-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Afin de mieux garantir le droit au séjour des personnes en situation régulière et de lutter contre l'entrée et le séjour irréguliers des étrangers en France, peuvent être relevées, mémorisées et faire l'objet d'un traitement automatisé de données à caractère personnel dans les conditions prévues par le règlement (UE) 2016/679 du 27 avril 2016 relatif à la protection des personnes physiques à l'égard des traitements des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données et par la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, les empreintes digitales ainsi qu'une photographie des ressortissants étrangers : / 1° Qui sollicitent la délivrance, auprès d'un consulat ou à la frontière extérieure des Etats parties à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990, d'un visa afin de séjourner en France ou sur le territoire d'un autre Etat partie à ladite convention ; ces empreintes et cette photographie sont obligatoirement relevées en cas de délivrance d'un visa ; () ".
5. L'article 47 du code civil précité pose une présomption de validité des actes d'état civil établis par une autorité étrangère dans les formes usitées dans ce pays. Il résulte également de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis.
6. Pour rejeter la demande de titre de séjour formée par M. A se disant Camara, la préfète de la Gironde a notamment considéré que ses documents d'état civil étaient dépourvus de force probante.
7. D'une part, il ressort des pièces du dossier qu'à l'occasion de sa demande de titre de séjour, M. A se disant Camara a produit un acte de naissance délivré au nom de Camara, prénom Sekou, né le 14 juin 1982 à Seguela, en Côte d'Ivoire, ainsi qu'un passeport et un certificat de nationalité ivoirienne reprenant ces informations. Toutefois, la consultation du fichier Visabio, prévu par l'article L. 142-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a permis aux services de la préfecture de la Gironde de constater, par la correspondance des empreintes digitales, que l'intéressé avait obtenu un visa C court séjour auprès des autorités consulaires au Mali sous le nom de B, prénom Sekou, né le 14 mai 1975 au Mali. Les autorités consulaires n'ont, à cette occasion, pas remis en cause l'authenticité du passeport délivré avec cette dernière identité. Si le requérant indique qu'il s'est trouvé menacé pour son appartenance au parti du Front Populaire Ivoirien et qu'il a dû quitter la Cote d'Ivoire, en transitant par le Mali, en changeant d'identité, il ne produit aucune pièce susceptible de corroborer ses affirmations. Par ailleurs, la circonstance que la conformité de ses documents d'état civil n'ait pas été contestée lors de l'instruction de son dossier devant l'OFPRA et de sa précédente demande de titre de séjour, au titre de l'asile, n'est pas, à elle seule, de nature à établir leur force probante. Ainsi, sans être tenue d'effectuer des diligences complémentaires auprès du juge judiciaire ou des autorités ivoiriennes afin de vérifier l'authenticité des documents d'état civil qui lui ont été présentés, la préfète de la Gironde pouvait légalement, sans entacher sa décision d'erreur de fait, d'erreur de droit ou d'erreur d'appréciation, se fonder sur le seul motif tiré de ce que, eu égard aux résultats de la consultation du fichier Visabio, ces documents ne pouvaient être regardés comme faisant foi, pour rejeter la demande de titre de séjour de M. A se disant Camara.
8. D'autre part, il résulte des motifs retenus au point précédent que le requérant, n'ayant pas présenté à l'appui de sa demande de titre de séjour les documents justifiant de son état civil, ne pouvait, en application de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, se voir délivrer les titres de séjour sollicités. Par suite, il ne peut, en tout état de cause, utilement se prévaloir du moyen tiré de ce que, titulaire d'une autorisation de travail délivrée le 18 juillet 2022, la préfète de la Gironde a entaché sa décision d'erreur de fait et d'erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ne lui délivrant pas une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ". En revanche, il ressort des termes mêmes de l'arrêté contesté que la préfète, après avoir estimé que la demande de titre de séjour présentée par M. A se disant Camara était irrecevable, a toutefois examiné sa situation au regard des dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le requérant peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de ces dispositions.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".
10. Il ressort des pièces du dossier que M. A se disant Camara est présent en France depuis le mois d'août 2016 et n'établit pas, malgré la production d'un curriculum vitae, avoir exercé une activité professionnelle depuis son arrivée sur le territoire et antérieurement à la date de l'arrêté contesté. S'il se prévaut de sa relation, depuis le mois de février 2021, avec une ressortissante ivoirienne qui réside régulièrement en France, l'attestation en ce sens rédigée par l'intéressée ne suffit pas, à elle seule, à justifier de la stabilité de cette relation dont l'ancienneté n'est, au demeurant, pas assez significative pour considérer qu'il aurait désormais ancré en France l'essentiel de sa vie privée et familiale. Si les quelques attestations de proches et du collectif " pour l'égalité des droits " témoignent des liens que l'intéressé a pu nouer en France, elles ne permettent pas, en revanche, de caractériser une insertion particulière et durable dans la société française alors, par ailleurs, que l'enfant mineur de M. A se disant Camara réside en Angola et qu'il s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement prononcée le 26 avril 2018. Par suite, malgré la délivrance d'une autorisation de travail le 18 juillet 2022, compte tenu de la durée et des conditions du séjour sur le territoire du requérant, la préfète de la Gironde n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels l'arrêté contesté a été pris et n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cet arrêté n'est pas davantage entaché d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. ".
12. Si M. A se disant Camara se prévaut, à l'encontre de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour, de la durée de sa présence en France, de son insertion personnelle et professionnelle ainsi que de la présence sur le territoire de sa compagne, ces circonstances ne constituent toutefois pas, eu égard aux motifs exposés au point 10, des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels de nature à justifier la délivrance à l'intéressé d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié ". En particulier, la production d'une promesse d'embauche et d'une autorisation de travail, délivrée le 18 juillet 2022, pour un poste de responsable de la plonge au sein d'un restaurant ne suffit pas pour prétendre à une admission exceptionnelle au séjour, en l'absence d'autres éléments justifiant de ce que l'intéressé disposerait d'une expérience ou d'une qualification particulière dans le secteur d'activité concerné. Par suite, le moyen tiré de ce que la préfète de la Gironde aurait commis une erreur de fait et une erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 435-1 doit être écarté.
13. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".
14. M. A se disant Camara soutient qu'il craint les traitements discriminants, inhumains et dégradants dont il ferait l'objet en cas de retour en Côte d'Ivoire en raison de son appartenance au parti du Front Populaire Ivoirien. Toutefois, il ne produit aucun élément permettant de tenir pour établis la réalité et le caractère personnel des risques allégués, dont l'OFPRA et la CNDA n'ont, au demeurant, pas reconnu l'existence, en cas de retour dans ce pays. Par suite l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la préfète de la Gironde a méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
15. Il résulte de tout ce qui précède que M. A se disant Camara n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande. Les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique doivent être rejetées par voie de conséquence.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A se disant Camara est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A se disant Sekou Camara et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023 à laquelle siégeaient :
Mme Evelyne Balzamo, présidente,
Mme Bénédicte Martin, présidente-assesseure,
M. Michaël Kauffmann, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023.
Le rapporteur,
Michaël Kauffmann La présidente,
Evelyne BalzamoLe greffier,
Christophe Pelletier
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026