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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-23BX01299

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-23BX01299

jeudi 10 août 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-23BX01299
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme A C a demandé au tribunal administratif de Poitiers d'annuler l'arrêté du 19 septembre 2022 par lequel le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.

Par un jugement n° 2203162 du 13 avril 2023, le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête, enregistrée le 13 mai 2023, Mme C, représentée par Me Epouli Bombogo, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Poitiers du 13 avril 2023 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 19 septembre 2022 du préfet de la Vienne ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui délivrer une carte de séjour temporaire d'un an dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ou à défaut, de réexaminer sa situation en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour le temps de l'instruction du dossier, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté en litige est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- il est entaché d'erreurs de fait ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle dispose en France de liens personnels et familiaux en raison de sa vie de couple avec M. B ainsi que de sa vie de famille avec sa mère et son beau-père et justifie de son intégration sur le territoire par la poursuite sans interruption de ses études, une nouvelle inscription ayant été faite au titre de la rentrée 2022/2023 pour une formation de secrétaire médicale et pharmaceutique par correspondance ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.

Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme Karine Butéri, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. Mme C, ressortissante gabonaise née le 9 mai 1997, est entrée en France le 30 décembre 2018, munie d'un visa de court séjour. Le 27 octobre 2021, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de ses liens personnels et familiaux. Par un arrêté du 19 septembre 2022, le préfet de la Vienne a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Mme C relève appel du jugement du 13 avril 2023 par lequel le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

3. En premier lieu, Mme C réitère en appel les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle. A l'appui de ces moyens, elle se prévaut, d'une part, d'une présence en France depuis plus de cinq ans et soutient qu'elle n'a plus aucune attache au Gabon. Elle ne fournit cependant aucun justificatif à l'appui de ses allégations alors qu'il ressort des pièces jointes au mémoire produit par le préfet devant le tribunal, et notamment du formulaire de demande de renouvellement du titre de séjour de sa mère daté du 24 novembre 2021, que l'intéressée a au moins sa grand-mère, un frère et une sœur au Gabon. D'autre part, si elle fait valoir qu'alors même qu'elle a produit à l'appui de sa demande de titre de séjour une attestation d'hébergement de son père adoptif datée du 25 octobre 2021, elle était déjà à cette époque en couple avec un ressortissant français, Mme C n'a produit aucun élément susceptible d'établir l'ancienneté de la vie de couple dont elle se prévaut. Dès lors, la requérante n'apporte, en appel, aucun élément de fait ou de droit nouveau de nature à remettre en cause l'appréciation des premiers juges qui ont pertinemment répondu à ces moyens. Par suite, il y a lieu de les écarter par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Poitiers.

4. En second lieu, Mme C reprend, dans des termes similaires et sans critique utile du jugement, les autres moyens invoqués en première instance visés ci-dessus. Elle n'apporte ainsi à leur soutien aucun élément de droit ou de fait nouveau, ni aucune pièce nouvelle à l'appui de ces moyens auxquels le tribunal a suffisamment et pertinemment répondu. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par les premiers juges.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative citées au point 1. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C.

Une copie sera adressée pour information au préfet de la Vienne.

Fait à Bordeaux, le 10 août 2023.

Karine Butéri

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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