mercredi 9 juillet 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-23BX01447 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Formation | 6ème chambre (formation à 3) |
| Avocat requérant | SARL CAZIN MARCEAU AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La société hôtelière de Cayenne a contesté devant le tribunal administratif de la Guyane la décision par laquelle sa demande d'aide au titre du dispositif " coûts fixes rebond " pour la période de janvier à octobre 2021 a été rejetée et a formulé un recours gracieux pour que son dossier soit instruit.
Par une ordonnance n° 2200644 du 6 mars 2023 le président du tribunal administratif de la Guyane a rejeté ces demandes.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 26 mai 2023, la SAS société hôtelière de Cayenne, représentée par Me Cazin, demande à la cour :
1°) d'annuler cette ordonnance du 6 mars 2023 du président du tribunal administratif de la Guyane ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société soutient que :
- l'ordonnance attaquée méconnait l'article R. 222-1 du code de justice administrative ; la requête n'était pas dénuée de conclusions tendant à l'annulation d'une décision ni dénuée de tout moyen ; le tribunal ne pouvait ignorer la décision dont la légalité était contestée puisqu'elle a, par un mémoire en régularisation, souscrit à la demande de production de cette décision ; la requête comportait une critique explicite de l'identification et de l'auteur de la décision du 23 mars 2022 ; la requête, formulée sans le recours à un avocat, devait être regardée comme soumettant au juge le bien fondé du rejet de sa demande pour tardiveté ;
- le moyen tiré de l'incompétence de la DRFIP de la Guyane a été clairement exposé ; un courrier du 16 mai 2022 de cette direction régionale admet qu'elle n'est pas compétente pour traiter la demande d'aide ;
- la décision du 23 mars 2023 comporte, pour seule signature, le logo de la DRFIP ; cette décision ne mentionne pas son auteur ;
- les dispositions de l'article 4 du décret n° 2021-1430 du 3 novembre 2021 instituant une aide "coûts fixes rebond" ne précisent pas les conséquences du dépôt d'une demande en dehors des dates qu'il mentionne ; la question de l'effet couperet de cette période de dépôt est à mettre en balance avec la modification du cadre réglementaire durant la période de dépôt des demandes du fait de l'entrée en vigueur du décret n°2021-1581 du 7 décembre 2021.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 août 2023, le ministre de l'économie, des finances, et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;
- l'ordonnance n° 2020-705 du 10 juin 2020 ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020, modifié ;
- le décret n° 2021-1430 du 3 novembre 2021 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Stéphane Gueguein,
- les conclusions de M. Anthony Duplan, rapporteur public
Considérant ce qui suit :
1. La SAS société hôtelière de Cayenne a déposé, le 17 mars 2022, une demande d'aide au titre du dispositif " coûts fixes rebond " institué par le décret n° 2021-1430 du 3 novembre 2021 pour la période de janvier à octobre 2021. Par décision du 23 mars 2022, la direction générale des finances publiques a informé cette société du rejet de sa demande d'aide au motif de sa tardiveté. La société hôtelière de Cayenne a entendu contester cette décision devant le tribunal administratif de la Guyane auprès duquel elle a formulé un recours gracieux pour que son dossier soit instruit. Elle relève appel de l'ordonnance du 6 mars 2023 par laquelle le président du tribunal administratif de la Guyane a rejeté sa demande par application des 4° et 7° de l'article R.222-1 du code de justice administrative.
Sur la régularité de l'ordonnance attaquée :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. () Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ".
4. En premier lieu, il ressort des termes de ses écritures en première instance que la société hôtelière de Cayenne a formulé, dans sa requête enregistrée le 23 mai 2022, une demande de " recours gracieux () pour que (son) dossier soit instruit " et, dans le mémoire en réplique enregistré le 27 juillet 2022, soit postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux, une " demande () d'intercéder auprès " de la direction générale des finances publiques " aux fins d'obtenir sa clémence et de reconsidérer sa décision ". Ainsi que l'a retenu le président du tribunal administratif, de telles demandes pouvaient être rejetées par voie d'ordonnance sur le fondement des dispositions citées au point 2 du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative dès lors qu'elles ne comportent l'énoncé d'aucune conclusion au sens de l'article R.411-1 du code de justice administrative.
5. En second lieu, si la société Hôtelière de Cayenne est fondée à soutenir qu'elle a également formulé, dans sa demande de première instance, des conclusions tendant à contester la décision du 23 mars 2022 par laquelle sa demande d'aide a été rejetée, ce que le premier juge a envisagé, il demeure que cette demande, qui n'était motivée que par la circonstance selon laquelle des " raisons exceptionnelles d'organisation entre la Guyane et la Métropole ", et notamment la coïncidence entre les opérations liées à la clôture et à la certification de ses comptes annuels et la période de dépôt des demandes, étaient à l'origine du dépôt tardif de sa demande d'aide, n'était assortie que d'un moyen inopérant. Dans ces conditions, et alors que les interrogations formulées par la société dans son mémoire en réplique quant à l'intervention de la direction des finances publiques de la Guyane à l'instance malgré le courrier électronique du 16 mai 2022 par lequel ce service lui avait indiqué ne pas intervenir dans le cadre de ce dispositif d'aide ne concernaient pas la décision du 23 mars 2022 et ne pouvaient donc être interprétées comme un moyen critiquant l'incompétence de l'auteur de cette décision, c'est à bon droit que le président du tribunal administratif de la Guyane a rejeté les conclusions dirigées contre la décision du 23 mars 2022 sur le fondement des dispositions citées au point 2 du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
6. Il résulte de ce qui précède que la société hôtelière de Cayenne n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par l'ordonnance attaquée, le président du tribunal administratif de Guyane a rejeté sa demande. Les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées par voie de conséquence.
DECIDE :
Article 1er : La requête de la SAS société hôtelière de Cayenne est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SAS société hôtelière de Cayenne et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 26 juin 2025 à laquelle siégeaient :
Mme Karine Butéri, présidente,
M. Stéphane Gueguein, président assesseur,
Mme Caroline Gaillard, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 juillet 2025.
Le rapporteur,
Stéphane Gueguein La présidente,
Karine Butéri
La greffière,
Andréa Detranchant
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026