mardi 16 janvier 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-23BX01491 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre (formation à 3) |
| Avocat requérant | LOMARI |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de La Réunion d'annuler l'arrêté du 4 octobre 2021 par lequel le 1er adjoint du maire de la commune de Bras-Panon a accordé un permis de construire à M. C A en vue de l'édification d'une maison individuelle.
Par une ordonnance n°2101577 du 25 avril 2023, le magistrat désigné du tribunal administratif de La Réunion a donné acte du désistement de la requête de M. B A.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 1er juin 2023 et le 19 octobre 2023, M. B A, représenté par Me Doulouma, demande à la cour :
1°) d'annuler cette ordonnance du tribunal administratif de La Réunion du 25 avril 2023 ;
2°) de renvoyer les parties devant le tribunal administratif de La Réunion pour qu'il soit statué sur sa demande de première instance ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Bras-Panon et de M. C A une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que le juge de première instance a fait une mauvaise application des dispositions de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 septembre 2023, M. C A, représenté par Me Lomari, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. B A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que le juge de première instance a fait une juste application des dispositions de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Edwige Michaud, rapporteure,
- les conclusions de M. Stéphane Gueguein, rapporteur public
- et les observations de Me Franceschini représentant M. B A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a demandé au tribunal administratif de La Réunion d'annuler l'arrêté du 4 octobre 2021 par lequel le 1er adjoint du maire de la commune de Bras-Panon a accordé un permis de construire à son oncle, M. C A, en vue de l'édification d'une maison individuelle. Par une ordonnance du 25 avril 2023, le magistrat désigné du tribunal administratif de La Réunion a donné acte du désistement de la requête de M. B A sur le fondement des dispositions du second alinéa de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative. M. B A relève appel de cette ordonnance.
2. Aux termes du second alinéa de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative : " Le président de la formation de jugement ou le président de la chambre chargée de l'instruction peut en outre fixer un délai, qui ne peut être inférieur à un mois, à l'issue duquel, à défaut d'avoir produit le mémoire récapitulatif mentionné à l'alinéa précédent, la partie est réputée s'être désistée de sa requête ou de ses conclusions incidentes. La demande de production d'un mémoire récapitulatif informe la partie des conséquences du non-respect du délai fixé. ".
3. A l'occasion de la contestation en appel de l'ordonnance prenant acte du désistement d'un requérant en l'absence de réponse à l'expiration du délai qui lui a été fixé pour produire un mémoire récapitulatif, il incombe au juge d'appel, saisi de moyens en ce sens, de vérifier que l'intéressé a reçu la demande mentionnée par les dispositions de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, que cette demande fixait un délai d'au moins un mois au requérant pour répondre et l'informait des conséquences d'un défaut de réponse dans ce délai, que le requérant s'est abstenu de répondre en temps utile et d'apprécier si le premier juge, dans les circonstances de l'affaire, a fait une juste application des dispositions de l'article R. 611-8-1.
4. Il ressort des pièces du dossier qu'en application des dispositions précitées du second alinéa de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, M. B A a été invité, par un courrier du magistrat désigné agissant par délégation du président de la formation de jugement, en date du 10 mars 2023, et dont son conseil a accusé réception le jour même via l'application Télérecours, à produire un mémoire récapitulatif sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 611-8-1 du code de justice administrative dans un délai d'un mois et informé de ce que, à défaut de production d'un mémoire récapitulatif dans ce délai, il serait réputé s'être désisté d'office. Le conseil de M. A a produit un mémoire récapitulatif le 12 avril 2023 à 9h51, soit au-delà du délai franc d'un mois qui expirait le 11 avril 2023 à minuit. Par une ordonnance du 25 avril 2023, le magistrat désigné du tribunal administratif a donné acte de ce désistement.
5. M. B A fait valoir que le recours qu'il a introduit à l'encontre de l'arrêté du 4 octobre 2021 représente un enjeu très important pour lui dans la mesure où le dossier de demande de ce permis de construire prévoit la démolition de l'habitation dans laquelle il vit avec sa mère depuis qu'il est enfant. Il ressort des pièces du dossier de première instance et du dossier d'appel que M. B A a introduit le 8 mars 2019 une requête tendant à l'annulation d'un précédent arrêté du 2 août 2018 accordant un permis de construire à M. C A en vue de l'édification d'une maison sur la parcelle cadastrée section AH n°42. Cet arrêté du 2 août 2018 a été annulé par le tribunal administratif de La Réunion par un jugement n°1900320 du 28 juin 2021. Or, le second permis de construire délivré à M. C A le 4 octobre 2021 concerne cette même parcelle. En outre, M. B A précise qu'il n'a reçu qu'au début du mois d'avril 2023 un constat d'huissier du 23 mars 2023 indiquant qu'il habite avec sa mère dans la maison située sur le terrain d'assiette du projet, utile pour contrer la contestation de l'occupation de cette maison opposée par la commune de Bras-Panon, pour la première fois dans son mémoire en défense enregistré le 13 février 2023. Dans ces circonstances particulières, et eu égard à l'objet du litige, en jugeant que M. B A était réputé s'être désisté de sa demande de première instance pour avoir produit son mémoire récapitulatif avec un jour de retard, le magistrat désigné, qui avait pris connaissance du mémoire récapitulatif à la date de la signature de son ordonnance, n'a pas fait une juste application des dispositions de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative citées au point 2.
6. Il résulte de ce qui précède que M. B A est fondé à demander l'annulation de l'ordonnance du 25 avril 2023 du magistrat désigné du tribunal administratif de La Réunion qu'il attaque. Comme le demande le requérant, il y a lieu de renvoyer l'affaire devant le tribunal administratif de La Réunion pour qu'il soit à nouveau statué sur sa demande.
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Bras-Panon et M. C A la somme que M. B A demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ces mêmes dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de M. B A qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.
DECIDE :
Article 1er : L'ordonnance du 25 avril 2023 du magistrat désigné du tribunal administratif de La Réunion est annulée.
Article 2 : L'affaire est renvoyée au tribunal administratif de La Réunion.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à M. B A, à M. C A et à la commune de Bras-Panon.
Délibéré après l'audience du 12 décembre 2023 à laquelle siégeaient :
Mme Elisabeth Jayat, présidente,
M. Sébastien Ellie, premier conseiller,
Mme Edwige Michaud, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 janvier 2024.
La rapporteure,
Edwige MichaudLa présidente,
Elisabeth Jayat
La greffière,
Virginie Santana
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026