mercredi 11 octobre 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-23BX01538 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CESSO |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A B a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 3 août 2021 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour.
Par un jugement no 2201670 du 21 février 2023, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête enregistrée le 6 juin 2023, Mme B, représentée par Me Cesso, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 21 février 2023 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 3 août 2021 de la préfète de la Gironde ;
3°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer son dossier dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision en litige est signée par une autorité incompétente, une délégation régulière de la préfète à son signataire devant être justifiée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) est irrégulier en l'absence de signature de l'un des médecins membre de ce collège ; le collège de médecins n'a pas pris position sur l'accès effectif aux soins nécessaires à son état de santé au Nigéria alors que les soins psychiatriques y sont particulièrement défaillants en termes de nombre de psychiatres rapporté à la population de ce pays, de coûts des traitements et de stigmatisation des personnes souffrant de troubles psychiques ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation au regard de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle souffre de multiples troubles relatifs à un état anxio-dépressif et suit un traitement dont l'arrêt brutal aurait des conséquences d'une exceptionnelle gravité ;
- elle méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'elle réside depuis 2014 en France où elle est socialement intégrée, notamment par l'apprentissage de la langue, et n'est pas défavorablement connue des forces de l'ordre ; par ailleurs, elle n'a plus de lien avec sa famille restée au Nigéria ;
- elle méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle.
Le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux, par une décision n o 2023/003968 en date du 13 avril 2023, a admis Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme Karine Butéri, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. ()".
2. Mme B, ressortissante nigériane née en 1972, est entrée irrégulièrement en France en juillet 2014 pour y solliciter l'asile. Sa demande d'asile a été rejetée en dernier lieu par la Cour nationale du droit d'asile le 15 décembre 2016. Elle a fait l'objet le 20 mars 2017 d'une mesure d'éloignement qu'elle n'a pas exécutée et a sollicité, le 15 mars 2021, un titre de séjour mention " vie privée et familiale " sur le fondement des dispositions des articles L. 425-9, L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en se prévalant de son état de santé et de la durée de son séjour en France. Par un arrêté du 3 août 2021, la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour.
Mme B relève appel du jugement du 21 février 2023 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cette décision.
3. En premier lieu, Mme B soutient nouvellement en appel que l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) est irrégulier en l'absence de signature de l'un des membres de ce collège. Toutefois, il ressort des pièces du dossier de première instance que l'avis de ce collège du 8 juin 2021 comporte le nom, le prénom et la signature des trois médecins qui le composaient. L'appelante ne peut, dans ces conditions, utilement faire valoir que l'une de ces signatures serait illisible. Par suite, il y a lieu d'écarter le moyen.
4. En deuxième lieu, il ressort de l'avis du collège de médecins de l'OFII du 8 juin 2021 que l'état de santé de la requérante nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Pour contester cet avis, Mme B, qui présente un syndrome anxio-dépressif, a produit en première instance une attestation d'accompagnement psychologique établie le 23 mai 2017 par une psychologue qui relève que l'intéressée présente des troubles du sommeil et un sentiment de désespoir " ainsi que des idées noires liées à l'envie de mourir " consécutives aux évènements traumatiques subis, deux certificats médicaux établis par des médecins généralistes le 10 avril 2018 et le 16 décembre 2020 dont il ressort que son état de santé nécessite des soins médicaux et la prise d'un traitement, une attestation du 14 septembre 2021 qui énonce que l'intéressée fait l'objet d'un suivi psychologique depuis le 4 mai 2021 et qu'elle présente des épisodes dépressifs ponctuels nécessitant un suivi ainsi qu'un certificat médical du 17 septembre 2021 qui mentionne qu'elle est atteinte d'un état anxio-dépressif avec des troubles de l'adaptation. Elle produit en appel un certificat médical du 21 mars 2023 indiquant qu'elle souffre d'un syndrome anxio-dépressif et une attestation de suivi psychologique du 17 mars 2023 ainsi que des rapports de l'Organisation mondiale de la Santé et d'organismes non gouvernementaux comportant des données à caractère général sur l'offre de soins concernant les pathologies psychologiques au Nigéria. Toutefois, s'il ressort des pièces médicales du dossier que l'état de santé de Mme B nécessite des soins, les éléments produits ne permettent pas, eu égard à leur caractère ancien ou peu circonstancié, de remettre en cause l'avis du collège de médecins de l'OFII selon lequel le défaut de prise en charge de son état de santé ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Dès lors, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision litigieuse aurait été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L.425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. En troisième et dernier lieu, Mme B se borne à reprendre, dans des termes similaires à ceux énoncés en première instance et sans critique utile du jugement ni élément de fait ou de droit nouveau ni pièce nouvelle, les autres moyens ci-dessus visés, invoqués devant le tribunal et auxquels les premiers juges ont suffisamment et pertinemment répondu. Par suite, il y a lieu d'écarter ces autres moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Bordeaux.
6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Une copie sera adressée pour information au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 11 octobre 2023.
Karine Butéri
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026