mercredi 9 août 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-23BX01557 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | DIOMPY |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2022 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans.
Par un jugement n° 2301027 du 11 mai 2023, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête enregistrée le 8 juin 2023, M. B, représenté par Me Diompy, demande à la cour :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle, à titre provisoire ;
2°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 11 mai 2023 ;
3°) d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2022 de la préfète de la Gironde ;
4°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de huit jours suivant la notification de la décision à intervenir, ou à défaut, de procéder au réexamen de sa situation et de le munir d'une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté en litige est entaché d'incompétence de son auteur dès lors que la délégation de signature accordée est extrêmement large et ne permet pas d'apprécier si la secrétaire générale de la préfecture bénéficiait d'une habilitation pour signer les décisions en litige ;
- la motivation de l'arrêté en litige, en ne prenant pas en compte pleinement sa situation, est incomplète au regard des exigences des articles L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, ce qui révèle un défaut d'examen circonstancié de sa situation ;
- le refus de séjour a méconnu les dispositions des articles L. 423-5 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie personnelle, familiale et professionnelle, principe à valeur constitutionnelle également garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :il a pu bénéficier de plusieurs titres de séjour en raison de ses liens familiaux sur le territoire français, notamment ses deux enfants nés à Bordeaux, il est très impliqué dans leur vie et contribue à leur entretien et leur éducation depuis leur naissance, malgré les tentatives d'obstruction de leur mère dont il est divorcé depuis 2021, et il est intégré dans la société française par le travail et dispose d'une promesse d'embauche ;
- ce refus a méconnu l'intérêt supérieur de ses enfants de voir leur père, tel que protégé par l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la mesure d'éloignement et la décision d'interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans sont privées de base légale en raison de l'illégalité du refus de séjour ;
- ces décisions sont entachées d'une erreur manifeste dans l'appréciation de leurs conséquences sur sa situation personnelle, familiale sociale et professionnelle.
Par une décision n° 2023/008052 en date du 27 juillet 2023, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a admis M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. B, ressortissant russe né en 1971, déclare être entré en France à la fin de l'année 2010 avec son épouse et leur fille aînée. Il a bénéficié après le rejet de sa demande d'asile de titres de séjour portant la mention " vie privée et familiale " renouvelés en dernier lieu jusqu'au 26 juin 2020. Après avoir rejoint l'Arménie en février 2020, il est de nouveau entré sur le territoire français le 4 février 2022 et a sollicité le 3 mai 2022 la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 22 décembre 2022, la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans. M. B relève appel du jugement du 11 mai 2023 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle, à titre provisoire :
3. M. B ayant obtenu le 27 juillet 2023 le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, ses conclusions tendant à l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle, ont perdu leur objet.
Sur les autres conclusions :
4. En premier lieu, et comme l'ont relevé à juste titre les premiers juges, Mme Aurore Le Bonnec, secrétaire générale de la préfecture de la Gironde, a reçu, par un arrêté du 16 juin 2022 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, délégation de signature de la préfète à l'effet de signer notamment tous arrêtés entrant dans le champ d'application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cette délégation n'est ni trop large ni trop imprécise, contrairement à ce que soutient M. B. Par suite, ce moyen ne peut être qu'écarté.
5. En deuxième lieu, M. B reprend en appel ses moyens tirés de ce que le refus de séjour serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, au soutien desquels il produit de nouvelles pièces, notamment une attestation d'un de ses proches et des éléments relatifs à la société qui lui a proposé une embauche en qualité de technicien qualifié. Toutefois, ces éléments, qui sont au demeurant postérieurs à l'arrêté en litige et très peu circonstanciés, n'apparaissent pas de nature à remettre en cause l'appréciation des premiers juges, qui ont écarté ces moyens en relevant notamment que l'intéressé, dont le divorce a été prononcé par jugement du 14 décembre 2021, n'a donné aucun signe de vie pendant les deux années qu'il a passées hors de France, ni pourvu à l'entretien de ses deux enfants, la deuxième née en France à qui il a simplement offert quelques fruits, bonbons et une paire de baskets lorsqu'il est revenu en France, que les attestations établies par la directrice de l'école de sa plus jeune fille et un médecin attestant qu'il accompagne régulièrement ses enfants, ne démontrent pas davantage, en raison de leur caractère stéréotypé et peu circonstancié, qu'il contribuerait de manière significative à leur éducation ni qu'il exercerait le droit de visite qui lui a été accordé par ce jugement, et qu'il n'existe aucun obstacle à ce qu'il poursuive l'activité professionnelle ponctuelle qu'il a reprise en France dans son pays d'origine. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
6. En troisième et dernier lieu, M. B reprend, dans des termes similaires et sans critique utile du jugement, les autres moyens invoqués en première instance. Il n'apporte en appel aucun élément de droit ou de fait nouveau, ni aucune nouvelle pièce à l'appui de ces moyens, auxquels le tribunal administratif a suffisamment et pertinemment répondu. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par les premiers juges.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative citées au point 1. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant à l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée pour le surplus.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Une copie sera adressée pour information au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 9 août 2023.
Catherine Girault
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026