mercredi 11 octobre 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-23BX01652 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | NOUVIAN |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B C épouse A a demandé au tribunal administratif de Poitiers d'annuler l'arrêté du 5 octobre 2022 par lequel la préfète des Deux-Sèvres a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Par un jugement no 2202906 du 28 mars 2023, le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête enregistrée le 16 juin 2023 et un bordereau de pièces complémentaires enregistré le 28 juillet 2023, Mme A, représentée par Me Nouvian, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Poitiers du 28 mars 2023 ;
2°) d'annuler l'arrêté de la préfète des Deux-Sèvres du 5 octobre 2022 ;
3°) d'enjoindre à la préfète des Deux-Sèvres de lui délivrer un titre de séjour temporaire à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous la même astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le refus de séjour en litige est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences qu'il emporte sur sa situation personnelle et méconnaît l'article L. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle établit la réalité des violences conjugales que lui a fait subir son mari et qui l'ont conduite à rompre la communauté de vie ;
- il méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et le 9° de l'article L. 611-3 du même code dès lors qu'elle établit qu'elle ne pourra effectivement bénéficier dans son pays d'origine d'un traitement et d'un suivi des troubles psychiques sévères dont elle souffre depuis les violences subies, en raison du défaut de prise en charge des maladies mentales en Côte d'Ivoire, et qu'elle y sera marginalisée, stigmatisée et totalement isolée, ses parents étant décédés ;
- cet arrêté méconnaît l'intérêt supérieur de son enfant protégé par l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant dans la mesure où il aura pour conséquence de la séparer d'elle et de l'empêcher d'exercer son droit de visite, le père de son enfant bénéficiant depuis peu d'un titre de séjour ;
- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que, malgré son handicap, elle est bien intégrée dans la société française où elle réside depuis plus de quatre ans et où l'évolution de de sa situation matérielle et sociale est flagrante, tandis qu'elle justifie ne plus avoir d'attaches dans son pays d'origine ;
- l'ensemble de ces éléments constitue des motifs humanitaires et exceptionnels permettant sa régularisation.
Le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux, par une décision n° 2023/006376 en date du 8 juin 2023, a admis Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, a désigné Mme Karine Butéri, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. ()".
2. Mme A, ressortissante ivoirienne née en 1989, est entrée en France en décembre 2018 sous couvert d'un visa de long séjour en qualité de conjointe de français, puis s'est vu délivrer une carte de séjour pluriannuelle au même titre valable jusqu'au 19 décembre 2021. Séparée de son mari, Mme A a sollicité, le 2 décembre 2021, la délivrance d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale " en se prévalant notamment de la naissance de sa fille issue de son union avec un compatriote et, le 7 avril 2022, elle a complété cette demande de titre de séjour en invoquant son état de santé. Par un arrêté du 5 octobre 2022, la préfète des Deux-Sèvres a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Mme A relève appel du jugement du 28 mars 2023 par lequel le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
3. En premier lieu, Mme A reprend en appel le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au soutien duquel elle produit nouvellement un certificat médical du 16 juin 2023 dont il ressort qu'elle bénéficie d'un suivi médical et que son état de santé justifie une prise en charge spécialisée au long cours. Cette pièce n'est toutefois pas susceptible de remettre en cause l'avis du collège de médecins de l'OFII en date du 9 juin 2022, sur lequel le préfet s'est notamment appuyé, qui indique que si l'état de santé de Mme A nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il n'en demeure pas moins que, compte-tenu de l'offre de soins et des caractéristiques du système de santé en Côte d'Ivoire, elle peut y bénéficier d'un traitement approprié et, qu'au vu des éléments du dossier et à la date de l'avis, elle peut voyager sans risque vers son pays d'origine. Par suite, le moyen doit être écarté.
4. En second lieu, Mme A se borne à reprendre les autres moyens déjà invoqués, dans des termes similaires et sans autre élément nouveau ni nouvelle pièce ni critique utile du jugement, auxquels les premiers juges ont suffisamment et pertinemment répondu. Par suite, les autres moyens ci-dessus visés doivent être écartés par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Poitiers.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative citées au point 1. Les conclusions de Mme A aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du10 juillet 1991 ne peuvent, par voie de conséquence, qu'être rejetées.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C épouse A.
Une copie sera adressée à la préfète des Deux-Sèvres.
Fait à Bordeaux, le 11 octobre 2023.
Karine Butéri
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL01669
03/08/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL01953
03/08/2026
Cour Administrative d'Appel de Nantes — N° CAA44-25NT03278
Refus de conditions matérielles d’accueil par l’OFII – Cour Administrative d’Appel de Nantes (juge des référés) – Rejet de la requête de M. B..., ressortissant tchadien, contestant le refus de l’OFII fondé sur l’absence de demande d’asile dans le délai de 90 jours (article L. 551-15 du CESEDA). La cour confirme le jugement du tribunal administratif de Nantes, estimant que la décision est suffisamment motivée et que l’allégation de vulnérabilité, non étayée, ne constitue pas un motif légitime. La requête est rejetée comme manifestement dépourvue de fondement.
01/07/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA01295
Obligation de quitter le territoire français (OQTF) assortie d’une fixation du pays de renvoi. La Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, rejette la requête de M. B..., ressortissant égyptien, comme manifestement dépourvue de fondement. Elle confirme l’ordonnance du tribunal administratif de Paris qui avait rejeté sa demande d’annulation de l’arrêté préfectoral. La cour retient que l’appelant ne présente aucun argument nouveau de nature à remettre en cause l’analyse des premiers juges, laquelle était fondée sur les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et les stipulations des articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l’homme.
01/07/2026