LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-23BX01701

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-23BX01701

jeudi 9 octobre 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-23BX01701
TypeDécision
Recoursplein contentieux
PublicationC
Formation6ème chambre (formation à 3)
Avocat requérantPAGE

Texte intégral

Vu la rocédure suivante :


rocédure contentieuse antérieure :

La société Waterleau Grou a demandé au tribunal administratif de la Guyane d’établir le décom te général du marché n° 973-311-12-27-MT-MN conclu avec la commune de Saint- Laurent du Maroni ayant our objet la création d’une station d’é uration et de condamner cette commune à lui verser la somme de 4 668 317,28 euros HT.


ar un jugement n° 2100536 du 27 avril 2023, le tribunal administratif de la Guyane a rejeté sa demande ainsi que la demande reconventionnelle de la commune de Saint-Laurent du Maroni tendant à la condamnation de la société Waterleau Grou à lui ayer la somme de 40 657, 69 euros.


rocédure devant la cour :


ar une requête et des mémoires enregistrés le 23 juin 2023 et les 19 se tembre et 15 novembre 2024, la société Waterleau Grou , re résentée ar Me ichon, demande à la cour :


d'annuler ce jugement n° 2100536 du 27 avril 2023 du tribunal administratif de la Guyane ;

d’établir le décom te général du marché n° 973-311-12-27-MT-MN conclu avec la commune de Saint-Laurent du Maroni ayant our objet la création d’une station d’é uration ;

de condamner cette commune à lui verser la somme de 4 668 317,28 euros HT ;

de mettre à la charge de la commune de Saint-Laurent du Maroni la somme de 10 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Elle soutient que :
- en estimant que le décom te général avait été établi en juillet 2020, les remiers juges ont entaché leur décision d’erreurs de droit ou, à tout le moins, d’erreurs de fait et d’insuffisance de motivation ;
- ar ordre de service n° 38-1, ris en date du 27 mars 2018 et notifié le 17 avril suivant, le maître d’œuvre a notifié une décision rétroactive d’ajournement des travaux, à com ter du 12 décembre 2017 ; les travaux ont été ajournés entre le 12 décembre 2017 et le 18 juin 2018 au motif notamment de l’absence d’eaux usées ermettant la réalisation d’essais conformes à la réglementation ; contrairement à ce que soutient le maître d'ouvrage, cet ajournement ne trouve as sa cause dans les réserves liées à l’étanchéité ;
- elle a dû subir les conséquences d’un nombre de jours d’intem érie, soit 154 jours, largement su érieur aux 10 jours ouvrés initialement révus sur la ériode d’exécution du marché ; ce niveau exce tionnel d’intem éries est à l’origine de surcoûts d’un montant de 244 469,89 euros qu’il convient de mettre à la charge du maître d'ouvrage ;
- l’arrêt des aiements des états d’acom tes à com ter de l’état d’avancement n° 23 a conduit au désengagement des sous-traitants et à l’immobilisation du chantier entre décembre 2016 et juillet 2017 ; cette situation rocède d’une faute du maître d'ouvrage qui s’était engagé à régler les états d’acom te lors de leur résentation et à lever la limitation du règlement des travaux aux 80% révus contractuellement ; le maître d'ouvrage a ris un engagement qu’il n’a as res ecté ; aucun élément ne ermet de retenir que l’absence de aiement relèverait de la res onsabilité du trésorier de la commune ; la commune a également commis une faute en ne renant aucune mesure our garantir le aiement de son restataire ; le grou ement a signalé lusieurs fois ces difficultés et a continué les travaux dans la mesure du ossible ; ce n’est que le 17 mai 2017 que le maître d'ouvrage s’est em aré du sujet ; les retards de aiement ont également sensiblement ralenti l’avancement des travaux ; ces fautes sont à l’origine d’un réjudice d’un montant de 283 131,65 euros assorti des intérêts moratoires d’un montant de 60 243,04 euros ;
- les mouvements sociaux de grande am leur survenus du 23 mars au 24 avril 2017 ont rendu im ossible l’accès au chantier endant 22 jours ouvrés ; cette situation est à l’origine d’un surcoût de 12 441,18 euros ;
- les vols et la sécurisation du site sont à l’origine de surcoûts d’un montant de 197 389,38 euros HT ; cette somme corres ond à la rise en charge d’une restation de gardiennage com lémentaire du mois d’avril 2017 au mois de mars 2018, de rimes su lémentaires réglées our le rolongement de l’assurance tous risques chantiers du mois de janvier 2017 au mois de juillet 2018 ainsi que our des o érations de sécurisation du site menées à com ter du mois de mai 2018 ; si le grou ement est res onsable de la sécurisation du chantier endant l’exécution des travaux, l’allongement du délai d’exécution trouve son origine dans des fautes du maître d'ouvrage ; l’obligation contractuelle esant sur le grou ement ne eut s’entendre que dans un contexte normal ; l’ajournement des travaux décidés entre le 12 décembre 2017 et le 18 juin 2018 ayant été décidé ar la maîtrise d'œuvre en lien avec le maître d'ouvrage, au motif notamment de l’absence d’eaux usées ermettant la réalisation d’essais conformes à la réglementation ; l’ajournement des travaux entre le 12 décembre 2017 et le 18 juin 2018 ne résultant as d’une faute de sa art, elle eut rétendre à l’indemnisation des réjudices subis du fait de cet ajournement au titre de l’article 49.1.1 du CCAG Travaux ;
- eu égard à la date de fin contractuelle d’exécution du marché et aux fautes commises ar la maîtrise d’ouvrage, elle est fondée à obtenir l’indemnisation du réjudice tenant au règlement indu de 92 708,63 euros au titre des frais d’alimentation électrique du chantier et de raccordement électrique en fin de chantier ;
- elle a droit à une indemnisation à hauteur de la somme de 320 489,06 euros acquittée au titre de l’octroi de mer ; à la date d’établissement de son offre, le 13 se tembre 2013, les équi ements des stations d’é uration bénéficiaient de uis le 27 novembre 2012 de l’exonération de la taxe dite « octroi de mer », a liquée notamment en Guyane aux im ortations et livraisons de biens ; cette exonération a été su rimée et l’octroi de mer rétabli au taux de 17,5% ar une délibération du Conseil régional de la Guyane du 16 se tembre 2014, entrée en vigueur le 1er janvier 2015 ;
- eu égard aux retards im utables à la commune, elle doit être condamnée à lui verser les sommes com lémentaires de 272 790,95 euros our la valorisation des frais liés au rolongement du délai de garantie sur les équi ements électromécaniques, de 173 854,17 euros au titre de la erte de rendement au cours de la hase de montage de ces équi ements, de 13 833,75 euros au titre des surcoûts des garanties bancaires et de 2 307 315,29 euros au titre des ertes d’industrie et sous amortissements des frais généraux ;
- les demandes reconventionnelles de la commune ne sont as fondés ;


ar deux mémoires en défense enregistrés le 31 mai et le 25 octobre 2024, la commune de Saint-Laurent du Maroni, re résentée ar Me age, conclut au non-lieu à statuer sur la demande d’établissement du décom te général et au rejet du sur lus des conclusions de la requête et demande, ar la voie de l’a el incident, que la société Waterleau Grou soit condamnée à lui ayer la somme de 40 657,69 euros restant due, a rès l’im utation du montant de 254 389 euros, au titre de la levée des réserves et des acom tes versés. Elle sollicite enfin la somme de 10 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Elle soutient que :
- le décom te général a été établi et notifié à la société qui l’a contesté dans son mémoire en réclamation ;
- la demande d’indemnisation relative à l’arrêt des aiements et des états d’acom te devra être rejetée ; elle n’a commis aucune faute en arrêtant le aiement eu égard au lafond de 80% du montant du marché ouvant être réglé jusqu’au constat d’achèvement des travaux révu ar l’article 3.3.5 du CCA  ; une tranche de 10% su lémentaire ouvait être ayée à la fin de la ériode de mise au oint mais le marché n’est as arrivé à ce stade en raison de la défaillance de la société requérante ; la société ne eut utilement soutenir que cette sti ulation du marché aurait été modifiée à l’occasion d’un com te rendu de réunion de coordination ; seul un avenant ouvait rocéder à une telle modification ;
- com te tenu du montant de 254 389 euros nécessaire our la levée de réserves, selon le constat établi le 13 novembre 2020, cette somme a été im utée à la société Waterleau Grou dans le décom te général ; eu égard à l’état des aiements, cette société est ainsi redevable d’une somme de 40 657,69 euros ; elle ne eut donc solliciter une quelconque somme au titre du aiement des acom tes ;
- les rétentions liées aux jours d’intem éries seront écartées au regard du caractère forfaitaire du rix du marché ; la survenance de fortes luies en Guyane n’a rien d’exce tionnel ni d’im révu ; la société ne démontre as le caractère exce tionnel des intem éries dont elle se révaut ni qu’elles auraient bouleversé l’économie générale du contrat ; les sti ulations invoquées de l’article 4.2 du CCA ont our objet les causes de rolongations du délai d’achèvement des travaux et sont ino érantes our justifier d’un droit à indemnisation ;
- les sti ulations de l’article 18.3 du CCAG Travaux révoient que le titulaire est res onsable des installations de chantier ; des frais liés à la réservation des installations de chantiers ne euvent être mis à la charge du maître d'ouvrage qu’en cas d’évènement de force majeure ; aucun évènement de ce ty e n’a été signalé ar le titulaire ;
- s’agissant des frais de vol et de sécurisation, les articles 8.6 du CCA et 18.1 et 31.4.1 et 31.4.3 du CCAG Travaux révoient que le titulaire est res onsable de toutes les mesures d’ordre et de sécurité et a la garde du chantier ; il a arait que la société Waterleau Grou n’avait mis en lace aucune mesure de sécurisation du chantier ; la société Waterleau Grou ne eut demander l’indemnisation des frais de sécurisation des ouvrages résultant de l’allongement du délai d’exécution alors que l’ajournement des travaux de décembre 2017 à juin 2018 lui est directement im utable ; à titre subsidiaire, la sus ension du chantier de décembre 2017 à juin 2018 ne saurait avoir aucune incidence sur les frais de sécurisation du chantier en dehors de cette ériode ; les frais dont le aiement est réclamé our la ériode d’avril à décembre 2017 ainsi que ceux ostérieurs à juin 2018 ne sauraient donc être im actés ar cette sus ension ;
- s’agissant de l’alimentation électrique, les documents du marché informaient le titulaire de ce qu’en hase chantier, il devait rendre les dis ositions nécessaires our faire face à ses besoins et de ce que l’usine ne serait alimentée qu’en hase d’ex loitation ; aucun élément ne ermet d’établir que les frais ex osés dé assaient ce qui était contractuellement révu ; si les frais d’alimentation électrique étaient à la charge du maître d’ouvrage endant les hases de mise au oint et de mise en service, rien ne rouve que la hase de mise en service se serait déroulée en décembre 2016 ;
- s’agissant des mouvements sociaux, 22 jours d’immobilisation sur un chantier de 24 mois ne ermettent as de retenir l’existence d’un bouleversement de l’économie générale du contrat ; de lus, le chantier débuté le 3 avril 2014 our 24 mois a connu de nombreux retards dûment signalés ar la maîtrise d'œuvre et totalement im utables au titulaire ; l’immobilisation d’un chantier qui aurait dû être achevé de uis rès d’une année ne saurait justifier une indemnisation ;
- sur l’octroi de mer, l’a lication de cette taxe, qui rocède d’un retard de la société à commander les équi ements taxés, ne saurait être mise à la charge du maitre d’ouvrage à qui aucune faute ne eut être im utée sur ce oint ; de lus, la société ne justifie ni de la date d’im ortation des équi ements, alors que l’exonération a été rétablie ar la suite, ni avoir sollicité, à titre individuel, le bénéfice d’une exonération ; elle n’établit as la réalité du réjudice allégué ;
- les réjudices invoqués au titre des garanties bancaires sur les équi ements, garanties bancaires, ertes de rendement sur la hase de montage des équi ements, et ertes d’industrie rocèdent des retards cumulés du chantier, lesquels sont im utables à la société ;
- les rétentions indemnitaires résentées ar la société ne sont étayées ar aucun élément tangible ; les documents é ars roduits ne sont as de nature à établir la réalité ni le montant des réjudices allégués.



Vu les autres ièces du dossier.


Vu :
- le code des marchés ublics ;
- l’arrêté du 8 se tembre 2009 ortant a robation du cahier des clauses administratives générales a licables aux marchés ublics de travaux ;
- le code de justice administrative.


Les arties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.


Ont été entendus au cours de l’audience ublique :
- le ra ort de M. Sté hane Gueguein,
- les conclusions de M. Anthony Du lan, ra orteur ublic
- et les observations de Me ilorge, re résentant la société Waterleau Grou .



Considérant ce qui suit :

ar un marché n° 973-311-12-27-MT-MN notifié le 3 avril 2014, la commune de Saint-Laurent du Maroni a confié au grou ement d’entre rises Sarl Waterleau Grou , Sas Aqua T , Sarl Hydrogec et Atelier d’architecture Doré-Marton, ayant our mandataire la société Waterleau Grou , la réalisation du lot n° 1 « construction de la station d’é uration » de la création du ôle é uratoire Sud. Ce marché a été conclu our un montant global et forfaitaire de 16 885 684 euros hors taxes (HT), avec un délai d’exécution de vingt-quatre mois, soit deux mois our la hase de ré aration, treize mois our le délai d’exécution des travaux, trois mois our la ériode de mise en oint/mise en régime et six mois our la ériode d’observation. ar un ordre de service n° 1, la date de démarrage de la ériode de ré aration a été fixée au 3 avril 2014. ar un ordre de service n° 3-1, la date de démarrage des travaux a été fixée au 23 juin suivant. ar un avenant n° 1 du 9 juillet 2015, l’achèvement des travaux a été re orté au 29 se tembre 2016 com te tenu du délai d’instruction du ermis de construire, qui n’a été délivré que le 12 se tembre 2014. ar un avenant n° 2 du 28 août 2017, la date de fin contractuelle du marché initialement fixée au 3 avril 2016 a été rétroactivement re ortée au 12 janvier 2017. ar un ordre de service n° 37-1 du 27 novembre 2017, le maître d’œuvre a notifié au mandataire l’interdiction d’entre rendre la mise en service des installations en l’absence de certification de l’étanchéité des ouvrages, de conformité aux réconisations du bureau de contrôle et de livraison de l’ensemble des équi ements. A la suite du constat de fin de travaux établi le 28 mars 2018, le re résentant du ouvoir adjudicateur a adressé au grou ement, le 21 juin suivant, une mise en demeure d’exécuter les travaux indis ensables. Le 12 juillet 2018, la Direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement a constaté l’arrêt de l’ensemble du dis ositif d’é uration et l’absence de res ect des rescri tions règlementaires. ar un constat du 22 novembre 2018, le maître d’œuvre a estimé que la ériode de mise au oint et de mise en service n’était as terminée, a rolongé la ériode de mise au oint, uis a ra elé au mandataire du grou ement son obligation de remédier aux dysfonctionnements relevés. ar un ordre de service n° 48-1 du 19 avril 2019, il l’a mis en demeure d’exécuter une cinquantaine de rescri tions en vue d’assurer la mise en conformité des équi ements défectueux ou non o érationnels. La réce tion des ouvrages a été rononcée le 14 novembre 2019, assortie de dix-neuf réserves, étant récisé que les oints 3 à 9, 11 et 15 de l’ordre de service n° 47 et les oints 1 à 6, 9 à 11, 13, 15, 19, 21 à 25, 27, 30, 32, 33, 35 à 38 et 42 à 46 de l’ordre de service n° 48 étaient levés ou en cours de l’être ar l’ex loitant de l’usine de traitement, la Société Guyanaise des Eaux. Le 13 novembre 2020, le constat de arfait achèvement des travaux établi ar le maître d’œuvre fait état de l’absence de levée des réserves ar le grou ement, uis relève six nouvelles malfaçons.

Saisi le 7 novembre 2018 ar le maître d’ouvrage, à la suite du mémoire en réclamation résenté le 31 mai 2018 ar le mandataire du grou ement, le comité consultatif interrégional de aris de règlement amiable des différends relatifs aux marchés ublics a rendu son avis le 22 juin 2020. Le 30 juillet suivant, le cabinet Artelia, maître d'œuvre de l’o ération, a communiqué à la commune de Saint-Laurent du Maroni un rojet de décom te général fixant le montant des travaux la somme de 17 291 752,28 euros.

La société Waterleau Grou relève a el du jugement ar lequel le tribunal administratif de la Guyane a rejeté ses demandes tendant à établir le décom te général du marché et à condamner la commune de Saint-Laurent du Maroni à lui ayer la somme de 4 668 317,28 euros HT. La commune de Saint-Laurent du Maroni, ar la voie de l’a el incident, demande à la cour d’annuler le jugement en tant qu’il a rejeté ses conclusions reconventionnelles tendant à la condamnation de la société Waterleau Grou à lui ayer la somme de 40 657, 69 euros restant due, selon elle, com te tenu des acom tes réglés et des travaux de re rise des réserves d’un montant de 254 389 euros.

Sur l’exce tion de non-lieu à statuer :

Aux termes de l’article 13.42 du CCAG Travaux a licable : « 13.4.2. Le rojet de décom te général est signé ar le re résentant du ouvoir adjudicateur et devient alors le décom te général. / Le re résentant du ouvoir adjudicateur notifie au titulaire le décom te général à la lus tardive des deux dates ci-a rès : -trente jours à com ter de la réce tion ar le maître d'œuvre de la demande de aiement finale transmise ar le titulaire ; -trente jours à com ter de la réce tion ar le re résentant du ouvoir adjudicateur de la demande de aiement finale transmise ar le titulaire (…) ». Aux termes de l’article 13.4.3 de ce CCAG : « Dans un délai de trente jours com té à artir de la date à laquelle ce décom te général lui a été notifié, le titulaire envoie au re résentant du ouvoir adjudicateur, avec co ie au maître d'œuvre, ce décom te revêtu de sa signature, avec ou sans réserves, ou fait connaître les motifs our lesquels il refuse de le signer. / Si la signature du décom te général est donnée sans réserve ar le titulaire, il devient le décom te général et définitif du marché. La date de sa notification au ouvoir adjudicateur constitue le dé art du délai de aiement. / Ce décom te lie définitivement les arties, sauf en ce qui concerne les montants des révisions de rix et des intérêts moratoires afférents au solde. / En cas de contestation sur le montant des sommes dues, le re résentant du ouvoir adjudicateur règle, dans un délai de trente jours à com ter de la date de réce tion de la notification du décom te général assorti des réserves émises ar le titulaire ou de la date de réce tion des motifs our lesquels le titulaire refuse de signer, les sommes admises dans le décom te final. A rès résolution du désaccord, il rocède, le cas échéant, au aiement d'un com lément, majoré, s'il y a lieu, des intérêts moratoires, courant à com ter de la date de la demande résentée ar le titulaire. / Ce désaccord est réglé dans les conditions mentionnées à l'article 50 du résent CCAG (…) ».

Il résulte de l’instruction que si le cabinet Artelia, maître d'œuvre, a, ar un courrier du 30 se tembre 2021, envoyé un rojet de décom te général à la commune de Saint-Laurent du Maroni, cette dernière ne justifie ni avoir signé ce document ni l’avoir notifié à la société Waterleau, mandataire du grou ement titulaire. ar conséquent, la commune de Saint-Laurent du Maroni n’est as fondée à soutenir que les conclusions de la société Waterleau Grou tendant à ce que la cour fixe le montant du décom te du marché seraient dé ourvues d’objet.

Sur la régularité du jugement attaqué :

La société Waterleau Grou a demandé au tribunal administratif de la Guyane d’établir le décom te général du marché à un montant de 4 668 317,28 euros et de condamner la commune de Saint-Laurent du Maroni à lui verser cette somme. A rès avoir estimé, au oint 3 de son jugement, que la commune de Saint-Laurent du Maroni s’était a ro riée le rojet de décom te général transmis ar son maître d'œuvre réalablement à l’introduction de la requête de la société Waterleau Grou , et au regard des écritures de la société qui tendaient en réalité à ce que le décom te général intègre une somme de 4 668 317,28 euros HT en lus du montant du marché, le tribunal administratif a estimé que les conclusions tendant à ce que la commune arrête un rojet de décom te général étaient irrecevables et a décidé de les regarder comme tendant à ce que le montant du décom te général du marché soit arrêté à la somme de 21 960 069,56 euros HT et que la commune soit condamnée à lui verser la somme de 4 668 317,28 euros HT. Les remiers juges, qui n’ont, ce faisant, rejeté aucune des conclusions dont ils étaient saisis comme étant irrecevables, ont suffisamment motivé leur décision. La circonstance qu’ils auraient, à cette occasion, commis une erreur de droit ou de fait ressortit du bien-fondé du jugement et ne saurait entacher sa régularité.

Sur l’a el rinci al :

Il résulte de l’instruction que la commune de Saint-Laurent du Maroni s’a ro rie un rojet de décom te général qui, a rès avoir relevé que le montant du marché tel que modifié ar les avenants n° 1 et 2 était de 17 328 160 euros, a arrêté à la somme de 17 291 752,38 euros le montant des travaux réalisés et, com te tenu d’une somme de 254 389 euros retenue au titre des réserves non levées, a fixé le montant dû au grou ement à la somme de 17 067 274,44 euros. La société Waterleau Grou , qui ne critique as le montant des travaux relevant du marché, demande à la cour d’inclure au sein de ce décom te une somme de 4 668 317,28 euros HT corres ondant à l’indemnisation des travaux su lémentaires et frais ex osés our l’exécution du marché.

Aux termes de l’article 10.1.1 du cahier des clauses administratives générales a licables aux marchés ublics de travaux (CCAG) a licable en l’es èce, issu de l’arrêté du 8 se tembre 2009 a licable aux marchés our lesquels une consultation a été engagée avant le 1er avril 2014 : « Les rix sont ré utés com rendre toutes les dé enses résultant de l'exécution des travaux, y com ris les frais généraux, im ôts et taxes, et assurer au titulaire une marge our risques et bénéfice. (…) A l'exce tion des seules sujétions mentionnées dans le marché comme n'étant as couvertes ar les rix, ceux-ci sont ré utés tenir com te de toutes les sujétions d'exécution des travaux qui sont normalement révisibles dans les conditions de tem s et de lieu où s'exécutent ces travaux, que ces sujétions résultent notamment : - de l'utilisation du domaine ublic et du fonctionnement des services ublics ; - de hénomènes naturels (…). Les rix sont ré utés avoir été établis en considérant qu'aucune restation n'est à fournir ar le maître de l'ouvrage. ».

D’une art, les difficultés rencontrées dans l'exécution d'un marché à forfait ne euvent ouvrir droit à indemnité au rofit de l'entre rise titulaire du marché que dans la mesure où celle-ci justifie soit que ces difficultés trouvent leur origine dans des sujétions im révues ayant eu our effet de bouleverser l'économie du contrat, soit qu'elles sont im utables à une faute de la ersonne ublique commise notamment dans l'exercice de ses ouvoirs de contrôle et de direction du marché, dans l'estimation de ses besoins, dans la conce tion même du marché ou dans sa mise en œuvre, en articulier dans le cas où lusieurs cocontractants artici ent à la réalisation de travaux ublics.

D’autre art, le titulaire du marché a droit à l’indemnisation intégrale du réjudice qu’il a subi du fait de retards dans l’exécution du marché im utables au maître de l’ouvrage ou à ses autres cocontractants et distincts de l’allongement de la durée du chantier due à la réalisation des travaux su lémentaires, dès lors que ce réjudice a araît certain et résente avec ces retards un lien de causalité directe.

En ce qui concerne les surcoûts liés à la rolongation du délai d’exécution des travaux :

La société Waterleau Grou soutient que l’arrêt du chantier entre le 31 octobre 2017 et le mois de juin 2018 est im utable à une faute du maître d'ouvrage, que l’ajournement des travaux rononcé à com ter du 12 décembre 2017 résulte des retards subis dans le cadre du lot n° 2 du marché em êchant l’alimentation de la station d’é uration et qu’elle est fondée à solliciter l’indemnisation des surcoûts en résultant.

Il résulte de l’instruction que, dès le mois de novembre 2017, la société Waterleau Grou a demandé, à lusieurs re rises, que la maîtrise d'œuvre rocède au constat de la fin des travaux de construction à com ter du 31 octobre 2017 et initie la hase de mise au oint des ouvrages. Si le com te-rendu de la réunion de coordination du 31 octobre 2017 mentionne que le maître d’œuvre déclare être d’accord our rononcer l’achèvement des travaux au motif que les réserves existantes ne sont as bloquantes our le lancement de la ériode de mise au oint, il demeure que, ar un ordre de service n° 37-1 du 27 novembre 2017, le même maître d’œuvre a interdit au grou ement d’entre rendre la mise en service des installations de la station d’é uration sans avoir, d’une art, attesté de l’étanchéité des ouvrages, conformément à l’article 602 du cahier des clauses techniques articulières (CCT ), et remédié aux non-conformités mentionnées ar le bureau de contrôle et, d’autre art, attesté de la livraison de tous les équi ements, et articulièrement les équi ements du laboratoire, conformément à l’article 9.3.1 du cahier des clauses administratives articulières (CCA ). A la suite de l’accord trouvé lors de la réunion du comité de coordination du 28 mars 2018, le maitre d’œuvre a, ar un ordre de service n° 38-1 du 27 mars 2018, rononcé l’ajournement des travaux jusqu’à la fin des travaux du lot n°2 ermettant l’alimentation en eaux usées de la station d’é uration et a dressé, le 28 mars suivant, un constat d’achèvement des travaux de construction au 31 octobre 2017.

Il résulte toutefois également de l’instruction, et notamment des termes du com te-rendu de la réunion de coordination du 28 mars 2018 et du courrier du 3 avril 2018 ar lequel le maître d'œuvre a fait des observations sur ledit com te-rendu, que l’ordre de service n° 37-1 est intervenu au motif, non contesté, de l’observation de nombreux suintements sur les voiles des deux bassins lors de la visite de chantier organisé à la suite de la réunion de coordination du 31 octobre 2017 et que la société n’a jamais roduit les attestations sollicitées à cette occasion et n’a as fait suite à la ro osition de méthodologie de mise en eaux des bassins. De lus, il résulte des termes du com te-rendu de coordination réalisé ar la société Waterleau Grou que l’im ossibilité d’alimenter la station ne constituait as un obstacle à une réce tion rovisoire des installations.

Dans ces conditions, en l’absence d’éléments ermettant, d’une art, d’identifier une faute du maître d'ouvrage dans l’exercice de ses ouvoirs de contrôle et de direction du marché et, d’autre art, d’im uter le retard résultant de cet ajournement des travaux au maître de l’ouvrage ou à d’autres artici ants à l’o ération de travaux, la société Waterleau Grou n’est as fondée à demander l’engagement de la res onsabilité contractuelle de la commune au titre des réjudices invoqués et à solliciter l’inscri tion au sein du décom te général des surcoûts liés à la rolongation du délai d’exécution des travaux.

En ce qui concerne l’arrêt des aiements en fin de chantier et les acom tes :

Aux termes de l’article 3.3.5 du cahier des clauses administratives articulières (CCA ) : « Les ouvrages ou restations faisant l'objet du résent marché seront réglés suivant l'avancement des restations. Les rojets de décom te mensuels et généraux seront résentés dans la forme et suivant l'ordre de la décom osition du rix global et forfaitaire et seront remis au maître d'œuvre dans les conditions fixées ar les articles 13 du CCAG-TX, en trois exem laires, our le 10 du mois suivant l'exécution des travaux. Dans ces rojets, les restations détaillées dans la décom osition du rix global et forfaitaire, et qui ne sont as achevées, feront l'objet d'une évaluation en ourcentage de l'avancement desdites restations. Ces ourcentages seront évalués ar l'Entre rise et vérifiés ar le Maître d'Œuvre, dans la limite des lafonds suivants à chaque éta e d'avancement ». Les sti ulations du même article du CCA révoient que le aiement des acom tes et aiements seront limitées à 80% du montant du marché jusqu’au constat de fin des travaux de construction, our ce qui concerne les travaux de génie civil et, jusqu’à la fin de la ériode de mise au oint des installations our les dé enses d’équi ement.

Ainsi que l’ont relevé à juste titre les remiers juges, il est constant que les demandes de aiement direct et les demandes d’acom tes n’ont donné lieu à aucun versement à com ter de l’état d’avancement n° 23 malgré l’engagement ris en ce sens ar le maître d'ouvrage lors de la réunion de coordination du 7 juillet 2016. La société requérante soutient que cette situation a occasionné l’arrêt des restations des sous-traitants et des ertes de rendement considérables et réclame à ce titre l’allocation d’une somme de 283 131,65 euros, assortie des intérêts moratoires d’un montant de 60 243,04 euros, au titre des dé enses su lémentaires.

Il ressort du com te-rendu du comité de coordination du 7 juillet 2016 que les arties se sont entendues our retenir qu’en dehors des ostes nécessitant la réalisation de test ostérieurement au constat d’achèvement des travaux, lesquels doivent suivre le lafonnement du aiement indiqué ar l'article 3.3.5 du CCA , les ostes du métré liés aux travaux euvent être mis à 80% une fois que le matériel est livré et même à 100% une fois que les travaux sont achevés. Il n’est ar ailleurs as contesté qu’en avril 2017, alors que le constat de fin des travaux n’était as intervenu, un montant corres ondant à 88% du rix du marché, largement su érieur à celui révu ar le contrat, avait été mis en aiement. De lus, il ne résulte d’aucun élément de l’instruction que l’arrêt des aiements serait im utable au maître d’ouvrage. Dans ces conditions, la société Waterleau Grou n’est as fondée à solliciter l’inscri tion au sein du décom te général de la somme de 283 131,65 euros au titre des dé enses su lémentaires.

En ce qui concerne les surcoûts liés aux intem éries :

La société Waterleau Grou soutient avoir subi 154 jours d’intem érie sur la ériode d’exécution des travaux, laquelle initialement rogrammées sur une ériode 24 mois s’est déroulée entre le 3 avril 2014 et le 14 novembre 2019, et sollicite l’indemnisation d’un réjudice d’un montant de 244 469,89 euros corres ondant à des ertes de rendement, des frais d'encadrement su lémentaires et un surcoût généré ar les installations de chantier et matériels divers réellement mobilisés générés ar ce niveau exce tionnel d’intem érie. Si ce nombre de jours d’intem érie dé asse largement celui des jours ré utés révisibles révu à l’article 4.2 du cahier des clauses administratives articulières (CCA ), soit dix, il demeure que ces sti ulations du CCA ont our seul objet d’aménager les modalités de com utation du délai d’exécution du marché révus ar les sti ulations de l’article 18.3 du CCAG-Travaux auxquelles elles renvoient et, ar voie de conséquence, de dégager la res onsabilité des entre rises quant aux retards dans l’exécution des travaux au sens de l’article 20 de ce CCAG. Ainsi que le ra elle l’article 4.2 du CCA , les rolongations our intem éries, sauf intem éries exce tionnelles ouvrant droit à indemnisation en a lication de l'article 18.3 du CCAG-Travaux, n'ouvrent as droit à indemnisation et la société mandataire ne eut donc solliciter l’engagement de la res onsabilité de la commune sur ce fondement.

De lus, outre qu’il n’est as contesté que l’avenant n°2 du marché avait our objet d’intégrer les contraintes induites ar les 111 jours ouvrés d’intem éries relevés ar la maîtrise d'œuvre, les remiers juges ont retenu à raison que le nombre de jours d’intem éries relevé ne résentait aucun caractère exce tionnel dans le dé artement de la Guyane, qu’aucune faute ne ouvait être im utée à la commune maître d'ouvrage et que les surcoûts invoqués ne sauraient être regardés comme ayant eu our effet de bouleverser l’économie d’un marché conclu our un montant de de 16 885 684 euros. ar suite, il y a lieu d’écarter la demande d’intégrer la somme de 244 469,89 euros au sein du décom te général du marché.

En ce qui concerne les surcoûts liés aux mouvements sociaux :

La société requérante soutient que les mouvements sociaux de grande am leur survenus du 23 mars au 24 avril 2017 ont rendu im ossible l’accès au chantier endant vingt-deux jours ouvrés et qu’elle a été contrainte de mobiliser un chef de chantier, ce qui a occasionné des frais de 12 441,18 euros. Toutefois, alors que la société n’invoque as l’existence d’une faute de la commune sur ce oint, il résulte de l’instruction que les délais d’exécution du chantier ont été rolongés en conséquence de cette ériode d’immobilisation et que les sujétions ainsi subies n’ont as eu our effet de bouleverser l'économie du contrat. En a lication des rinci es énoncés aux oints 9 et 10 du résent arrêt, il y a lieu d’écarter la demande de la société Waterleau Grou d’inclure au décom te général la somme de 12 441,18 euros.

En ce qui concerne les surcoûts liés aux vols et à la sécurisation du site :

Aux termes de l’article 31.4.1 du CCAG : « Le titulaire rend sur son chantier toutes les mesures d'ordre et de sécurité ro res à éviter des accidents, tant à l'égard du ersonnel qu'à l'égard des tiers. Il est tenu d'observer tous les règlements et consignes de l'autorité com étente. Il assure notamment l'éclairage et le gardiennage de son chantier ainsi que sa signalisation tant intérieure qu'extérieure. Il assure également, en tant que de besoin, la clôture de ses chantiers. ». Aux termes de l’article 31.4.3 du même cahier : « Toutes les mesures d'ordre, de sécurité et d'hygiène rescrites ci-dessus sont à la charge du titulaire. ». L’article 18-1 de ce cahier exclut tout droit à indemnité au titre des ertes, avaries ou dommages causés notamment ar la négligence, l’im révoyance et le défaut de moyens du titulaire du marché. Enfin, aux termes de l’article 8.6 du CCA  : « : La res onsabilité de la garde du chantier et des risques qui en découlent sont à la charge de l’entre rise, et ceci jusqu’à la réce tion et en toutes circonstances. (…) L’entre rise a la libre a réciation des moyens à mettre en œuvre our arvenir aux résultats attendus ».

La société Waterleau Grou demande l’inscri tion au décom te d’une somme de 197 389,38 euros HT au titre de la rise en charge d’une restation de gardiennage com lémentaire du mois d’avril 2017 au mois de mars 2018, de rimes su lémentaires réglées our le rolongement de l’assurance tous risques chantiers du mois de janvier 2017 au mois de juillet 2018 ainsi que our des o érations de sécurisation du site menées à com ter du mois de mai 2018. Elle soutient que l’allongement de la durée du chantier est à l’origine d’une augmentation des charges nécessaires à la sécurité du site qu’il convient de mettre à la charge du maître d'ouvrage.

Il résulte des sti ulations citées au oint 21 que la sécurisation du chantier incombait au grou ement titulaire endant l’exécution des travaux. Dès lors qu’il résulte de ce qui récède que l’allongement de la durée du chantier ne rocède as d’une faute du maître d'ouvrage ou d’un de ses cocontractants autre que le grou ement dont la société Waterleau Grou est le mandataire, cette société n’est as fondée à solliciter l’inscri tion au décom te général de la somme de 197 389,38 euros HT.

En ce qui concerne les frais d’alimentation électrique du chantier et de raccordement électrique en fin de chantier :

Aux termes de l’article 203.3.1 du CCA  : « Le site n’est actuellement as desservi ar l’électricité. En hase chantier, le Titulaire rendra les dis ositions nécessaires (grou e électrogène, raccordement sur le réseau électrique ublic) our faire face à ses besoins.  En hase d’ex loitation, l’usine sera alimentée en limite de ro riété en haute tension de uis le réseau ublic. La nouvelle station d’é uration sera soumise au tarif vert. Ceci im lique la ose d’un transformateur EDF, d’un raccordement électrique et la mise en lace d’un nouveau com tage. Ces travaux sont à la charge du titulaire. ». Il résulte de ces sti ulations que les besoins en électricité du chantier sont à la charge du titulaire du marché.

Il résulte de l’instruction que le grou ement titulaire était ex ressément informé de ce que le site des travaux n’était as raccordé au réseau d’électricité et qu’il lui a artenait de rendre les dis ositions nécessaires our faire face à ses besoins. La circonstance, qui ne eut être regardée ni comme exce tionnelle ni comme im révisible, que le raccordement envisagé ar le grou ement au réseau ublic ait été em êché our des motifs totalement extérieurs au maître d’ouvrage, n’est as de nature à engager la res onsabilité de ce dernier en a lication des rinci es ex osés aux oints 9 et 10 du résent arrêt. En outre, il résulte de ce qui récède que l’allongement de la durée du chantier ne rocède ni d’une faute du maître d'ouvrage ni de celle d’un de ses cocontractants autre que le grou ement dont la société Waterleau Grou est le mandataire, cette société n’est donc as fondée à solliciter l’inscri tion au sein du décom te général de la somme de 92 708,63 euros au titre des frais d’alimentation électrique et de raccordement électrique du chantier.

En ce qui concerne les autres demandes :

Il ne résulte as de l’instruction que l’allongement de la durée du chantier rocèderait d’une faute du maître d'ouvrage ou de celle d’un de ses cocontractants autre que le grou ement dont la société Waterleau Grou est le mandataire. ar suite, la société Waterleau Grou n’est as fondée à solliciter l’inscri tion au décom te général des sommes com lémentaires de 272 790,95 euros, au titre de la valorisation des frais liés au rolongement du délai de garantie sur les équi ements électromécaniques, de 173 854,17 euros au titre de la erte de rendement au cours de la hase de montage de ces équi ements, de 13 833,75 euros au titre des surcoûts des garanties bancaires et de 2 307 315,29 euros au titre des ertes d’industrie et sous amortissements des frais généraux.

En ce qui concerne l’octroi de mer :  

Il est constant qu’à la date limite our la remise des offres, soit le 13 se tembre 2013, les équi ements nécessaires à la construction de stations d’é uration bénéficiaient de uis le 27 novembre 2012 de l’exonération de la taxe dite « octroi de mer », a liquée notamment en Guyane aux im ortations et livraisons de biens et que cette exonération a été remise en cause ar une délibération du Conseil régional de la Guyane du 16 se tembre 2014, entrée en vigueur le 1er janvier 2015. La société demande l’inscri tion au décom te général de la somme de 320 489,06 euros au titre du montant d’octroi de mer acquitté our les équi ements im ortés our la réalisation du marché. Il résulte toutefois de l’instruction que la société Waterleau Grou a admis, dans son mémoire en réclamation, qu’elle était informée de la modification du régime fiscal des biens nécessaires à l’o ération de travaux dès le 16 décembre 2013. Ainsi que le soutient la commune de Saint-Laurent du Maroni, la société requérante aurait donc dû, dès le 12 se tembre 2014, date de l’ordre de service initiant la hase de réalisation des travaux, commander les équi ements nécessaires aux o érations de travaux et éviter ainsi leur assujettissement à l’octroi de mer. Dans ces conditions, la somme de 320 489,06 euros qu’elle a dû acquitter ne résente as le caractère d’extériorité nécessaire à sa qualification de sujétions techniques im révues. ar suite, la société Waterleau Grou n’est as fondée à demander l’inscri tion de cette somme au sein du décom te général.

Sur l’a el incident :

Il résulte de l’instruction que, lors des o érations de réce tion, la commune a émis 19 réserves concernant notamment la finalisation du document des ouvrages exécutés, la fourniture des certifications initiales de l’ensemble des moyens de levage et du calibrage et de la mise en service des détecteurs de gaz à incendie, le com lément de la signalisation de sécurité et des équi ements de détection de gaz ar des feux avertisseurs et des sirènes intérieures à la salle d’extraction des boues et des centrifugeuses, l’actualisation de l’analyse fonctionnelle de l’automatisme, la fourniture d’une benne à sable, la mise en conformité et en fonctionnement du lecteur de badge de dé otage, son asservissement, le ont eseur, l’organe d’édition des tickets, et re rendre les resses étou es du lecteur et le rem lacement de lusieurs équi ement.

La société Waterleau Grou , qui ne conteste ni la ertinence de ces réserves ni l’évaluation à 254 389 euros du montant nécessaire à la réalisation des travaux ermettant de les lever, soutient qu’elles sont afférentes à des lots dont elle n’est as titulaire. Il ressort toutefois de la lecture du CCT , et notamment de ses articles 208.1, 208.5, 301.2, 301.5.1,307.2, que l’ensemble des réserves relèvent du lot dont la société Waterleau Grou était titulaire. Il y a donc lieu de valider l’inscri tion de la somme de 254 389 euros au débit du grou ement titulaire au sein du décom te général.

Sur le solde :

Il résulte de l’instruction et de l’ensemble de ce qui récède, d’une art, que la société Waterleau Grou n’est as fondée à demander l’inscri tion d’une somme de 4 668 317,28 euros HT au sein du décom te général, d’autre art et ar conséquent, que le montant total des travaux réalisés doit bien être arrêté à la somme de 17 291 752,38 euros et, enfin, que, com te tenu de l’inscri tion au débit de la somme de 254 389 euros corres ondant aux travaux nécessaires à la levée des réserves, le décom te général du marché n° 973-311-12-27-MT-MN de la commune de Saint-Laurent du Maroni relatif à la création d’une station d’é uration à la somme de doit être arrêté à la somme de 17 067 274,44 euros HT. A rès déduction des versements déjà intervenus au titre des acom tes, le solde global du décom te s’établit à 27 924,78 euros en faveur du grou ement mais est débiteur à hauteur de 40 657,69 euros s’agissant de la société Waterleau Grou . Il y a donc lieu de condamner cette dernière à verser cette somme à la commune de Saint-Laurent du Maroni.

Il résulte de tout ce qui récède que la société Waterleau Grou n’est as fondée à soutenir que c’est à tort que, ar le jugement critiqué, le tribunal administratif de la Guyane a rejeté ses conclusions et que la commune de Saint-Laurent du Maroni est quant à elle fondée à soutenir que c’est à tort que, ar ce même jugement, ledit tribunal administratif a rejeté sa demande reconventionnelle tendant à la condamnation de la société Waterleau Grou à lui verser la somme de 40 657,69 euros.

Sur les frais liés au litige :

Les dis ositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Saint-Laurent du Maroni qui n'est as, dans la résente instance, la artie erdante, le versement d’une somme au titre des frais ex osés ar la société Waterleau Grou et non com ris dans les dé ens. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'es èce, de mettre à la charge de la société Waterleau Grou , sur le même fondement, le aiement à la commune de Saint-Laurent du Maroni de la somme de 1 500 euros.





décide :





Article 1er : Le décom te général du marché n° 973-311-12-27-MT-MN de la commune de Saint- Laurent du Maroni relatif à la création d’une station d’é uration est arrêté à la somme de 17 067 274,44 euros HT.


Article 2 : La société Waterleau Grou est condamnée à verser la somme de 40 657,69 euros HT à la commune de Saint-Laurent du Maroni.


Article 3 : Le jugement du tribunal administratif de la Guyane du 27 avril 2023 est réformé en ce qu’il a de contraire au résent arrêt.


Article 4 : La société Waterleau Grou versera la somme de 1 500 euros à la commune de Saint-Laurent du Maroni au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.



 
Article 5 : Le sur lus des conclusions des arties est rejeté.


Article 6 : Le résent jugement sera notifié à la société Waterleau Grou et à la commune de Saint Laurent du Maroni.
 
 
Délibéré a rès l’audience du 18 se tembre 2025 à laquelle siégeaient :

Mme Karine Butéri, résidente,
M. Sté hane Gueguein, résident assesseur,
Mme Caroline Gaillard, remière conseillère,

Rendu ublic ar mise à dis osition au greffe le 9 octobre 2025.


Le ra orteur,



S. Gueguein La résidente,



K. Butéri


La greffière,



V. Santana


La Ré ublique mande et ordonne au réfet de la Guyane en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les arties rivées, de ourvoir à l’exécution du résent arrêt.


Décisions similaires

CAA78plein contentieux

Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336

La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA13plein contentieux

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276

La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.

04/05/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403

La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.

04/05/2026

CAA13plein contentieux

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426

Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.

04/05/2026

← Retour aux décisions