mardi 19 mars 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-23BX01731 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CABINET DJIMI |
Vu la procédure suivante :
Procédure antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Guadeloupe d'annuler l'arrêté du 1er août 2022 par lequel le préfet de La Guadeloupe a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours.
Par une ordonnance n° 2201116 du 18 novembre 2022, le président du tribunal administratif de Guadeloupe a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 22 juin 2023 et un mémoire enregistré le 11 juillet 2023, M. A, représenté par Me Djimi, demande à la cour :
1°) d'annuler l'ordonnance du 18 novembre 2022 du président du tribunal administratif de Guadeloupe ;
2°) d'annuler l'arrêté du 1er août 2022 portant refus de délivrance d'un titre de séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une carte de séjour mention " vie privée et familiale " à compter de la notification de la décision sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'ordonnance du 18 novembre 2022 est irrégulière ; en effet, sa demande a été introduite dans le délai de deux mois imparti par l'article R. 421-1 du code de justice administrative, dès lors qu'il a reçu cet arrêté vers le 13 août 2022 et que l'accusé de réception de l'arrêté du préfet ne comporte aucune mention permettant d'établir la réception de cette décision à une date antérieure ;
- les décisions attaquées méconnaissent les dispositions des articles L. 423-7 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elles méconnaissent également les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire enregistré le 16 février 2024, le préfet de la Guadeloupe conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est irrecevable, dès lors qu'elle a été introduite après expiration du délai de recours, et que les moyens soulevés sont infondés.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté du 7 février 2007 pris en application de l'article R. 2-1 du code des postes et des communications électroniques et fixant les modalités relatives au dépôt et à la distribution des envois postaux ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Ellie a été entendu au cours de l'audience publique :
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né le 29 janvier 1972, de nationalité haïtienne, déclare être entré irrégulièrement en France le 19 mars 2005. Il a bénéficié de plusieurs cartes de séjour temporaire à compter du 11 août 2015 et jusqu'au 10 août 2021. M. A a fait l'objet d'un refus de renouvellement de son titre de séjour délivré en qualité de parent d'enfant français et d'une obligation de quitter le territoire le 1er août 2022. Par la présente requête, M. A demande à la cour d'annuler l'ordonnance du 18 novembre 2022 par laquelle le président du tribunal administratif de Guadeloupe a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 1er août 2022.
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du CJA : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ".
3. Le préfet de la Guadeloupe, qui n'avait pas déposé d'observations devant le tribunal administratif, produit pour la première fois en appel un avis de réception daté du 5 août 2022 et dont il n'est pas contesté qu'il comporte la signature de M. A. Dans ces conditions, et dès lors que cette notification comportait la mention des voies et délais de recours, la demande de première instance de M. A dirigée contre l'arrêté du 1er août 2022, enregistrée le 11 octobre 2022 au greffe du tribunal administratif de Guadeloupe, était tardive et, par suite, irrecevable. M. A n'est donc pas fondé à se plaindre de ce que le président du tribunal administratif de Guadeloupe a rejeté sa demande en raison de son irrecevabilité.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Une copie en sera adressée au préfet de la Guadeloupe.
Délibéré après l'audience du 27 février 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Elisabeth Jayat, présidente,
M. Ellie, premier conseiller,
Mme Héloïse Pruche-Maurin, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 mars 2024.
Le rapporteur,
Sébastien EllieLa présidente,
Elisabeth Jayat
La greffière,
Virginie Santana
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026