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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-23BX01998

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-23BX01998

mercredi 8 novembre 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-23BX01998
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 29 novembre 2021 par lequel le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ainsi que la décision née le 6 février 2022 par laquelle cette même autorité a rejeté son recours gracieux.

Par un jugement n° 2201497 du 2 juin 2022, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête, enregistrée le 17 juillet 2023, M. B, représenté par Me Coste, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 2 juin 2022 ;

2°) d'annuler l'arrêté du préfet de l'Essonne du 29 novembre 2021 et la décision implicite du 6 février 2022 ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne, et à défaut au préfet de la Gironde, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, et à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa demande et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour, le tout sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter du mois suivant la notification de la décision à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à son conseil, de la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'une erreur dans l'appréciation du caractère réel et sérieux de ses études dès lors qu'il justifie de la parfaite cohérence de son parcours malgré ses difficultés initiales ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales au regard de l'ancienneté de sa présence sur le territoire français et de son intégration.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est dépourvue de base légale dès lors que la décision de refus de titre de séjour est illégale ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :

- le délai de départ volontaire de trente jours qui lui a été donné ne lui permet pas de finaliser son année scolaire.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2022/009767 du 18 juillet 2022 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme Karine Butéri, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. M. B, ressortissant tunisien, est entré en France le 24 août 2018 avec un visa de long séjour " étudiant " valable jusqu'au 15 août 2019 et régulièrement renouvelé jusqu'au 2 février 2021. Le 21 mai suivant, il en a demandé le renouvellement. Par un arrêté du 29 novembre 2021, le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. B a formé un recours gracieux le 6 décembre 2021 qui a été rejeté par une décision implicite née le 6 février 2022. M. B relève appel du jugement du 2 juin 2022 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 29 novembre 2021 et de la décision implicite rejetant son recours gracieux.

3. M. B, reprend dans des termes similaires ses moyens de première instance visés ci-dessus en se prévalant nouvellement, à l'appui de celui tiré de ce que le préfet aurait fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de ce qu'il a validé avec succès sa formation en " responsable marketing commerce et expérience client " et obtenu son diplôme le 8 juillet 2022. Toutefois, il n'en justifie pas. Dès lors, M. B n'apporte en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau de nature à remettre en cause l'appréciation des premiers juges qui ont pertinemment répondu à l'ensemble des moyens soulevés. Par suite, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Bordeaux.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la requête d'appel, que celle-ci est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B. Une copie sera adressée pour information au préfet de l'Essonne.

Fait à Bordeaux, le 8 novembre 2023.

Karine Butéri

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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