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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-23BX02113

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-23BX02113

jeudi 18 janvier 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-23BX02113
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Poitiers d'annuler l'arrêté du 14 octobre 2022 par lequel le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer un certificat de résidence algérien, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.

Par un jugement n° 2203023 du 6 juin 2023, le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête, enregistrée le 27 juillet 2023, M. B, représenté par Me Hay, demande à la cour :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Poitiers du 6 juin 2023 ;

3°) d'annuler l'arrêté du 14 octobre 2022 du préfet de la Vienne ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans le délai de 30 jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et à défaut, de procéder au réexamen de sa situation ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision de refus de titre de séjour méconnaît les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation dès lors qu'il est entré en France pour soutenir et aider sa sœur, veuve et mère de quatre enfants, qu'il est particulièrement inséré socialement en ce qu'il bénéficie de plusieurs propositions de travail et a suivi une formation d'acquisition de la langue française ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est dépourvue de base légale dès lors que la décision de refus de titre de séjour est illégale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant en raison du soutien indispensable qu'il apporte à sa sœur ainsi qu'à ses nièces et neveux.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2023/008332 du 14 septembre 2023 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux.

Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme Karine Butéri, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. M. B, ressortissant algérien né le 12 juillet 1990, est entré en France le 7 mars 2022 muni d'un visa Schengen. Le 20 juillet 2022, il a présenté une demande de certificat de résidence algérien " vie privée et familiale - liens personnels et familiaux en France " ou " salarié ". Par un arrêté du 14 octobre 2022, le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. B relève appel du jugement du 6 juin 2023 par lequel le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

3. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par la décision n° 2023/008332 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux du 14 septembre 2023. Dès lors, ses conclusions tendant à obtenir l'aide juridictionnelle à titre provisoire sont devenues sans objet. Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur ces conclusions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, M. B reprend son moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 à l'appui duquel il persiste à invoquer le soutien qu'il apporte à sa sœur, devenue veuve le 20 mars 2020, ainsi qu'à ses quatre nièces et neveux. A l'appui de ce moyen, il produit notamment une attestation de la directrice de l'école primaire du 16 décembre 2022 dont il ressort qu'il va chercher les enfants à l'école, des attestations du président du club de football du 27 février 2023 et du directeur du centre socio-culturel du 17 mars 2023 témoignant de son investissement dans les activités sportives et culturelles des enfants ainsi qu'une attestation du 16 juin 2022 révélant sa présence à des séances d'orthophonie. Toutefois, ainsi que l'ont à juste titre estimé les premiers juges, M. B n'établit pas, par les pièces produites, que sa présence auprès de sa sœur et des quatre enfants de cette dernière serait indispensable, ni que sa sœur ne pourrait trouver auprès d'une tierce personne l'aide logistique dont elle aurait besoin alors au surplus que deux parmi les quatre enfants sont respectivement âgés de 17 ans et 14 ans. Par ailleurs, si M. B produit une promesse d'embauche du 20 mai 2022 en qualité de boulanger et une attestation d'inscription du 7 mars 2023 à une formation d'acquisition de la langue française, ces pièces ne sont pas suffisantes pour considérer qu'il serait particulièrement inséré en France où il n'est entré que le 7 mars 2022 après avoir vécu l'intégralité de sa vie dans son pays d'origine. Par suite, il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Poitiers et par ceux qui viennent d'être exposés.

5. En second lieu, M. B reprend, dans des termes similaires et sans critique utile du jugement, les autres moyens invoqués en première instance visés ci-dessus. Il n'apporte aucun élément de droit ou de fait nouveau, ni aucune pièce nouvelle à l'appui de ces moyens auxquels les premiers juges ont suffisamment et pertinemment répondu. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Poitiers.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.

ORDONNE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée pour le surplus.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Une copie sera adressée pour information au préfet de la Vienne.

Fait à Bordeaux, le 18 janvier 2024.

Karine Butéri

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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