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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-23BX02482

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-23BX02482

jeudi 8 février 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-23BX02482
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantPOUDAMPA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler les arrêtés du 21 mai 2023 par lesquels le préfet de la Gironde, d'une part, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans, et d'autre part, l'a assigné à résidence pendant une durée de quarante-cinq jours.

Par un jugement nos 2302652, 2302653 du 25 mai 2023, la magistrate désignée du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête enregistrée le 23 septembre 2023, M. A, représenté par

Me Poudampa, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du 25 mai 2023 de la magistrate désignée du tribunal administratif de Bordeaux ;

2°) d'annuler les arrêtés du préfet de la Gironde du 21 mai 2023 et, à tout le moins, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 80 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens de l'instance.

Il soutient que :

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est disproportionnée quant à sa durée, la seule circonstance qu'il ne dispose pas de documents de voyage en cours de validité ne saurait suffire à justifier une telle mesure ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il n'existe aucune perspective raisonnable d'éloignement.

Le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux, par une décision n° 2023/008183 en date du 24 août 2023, a admis M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a désigné, par une décision du 21 décembre 2022, Mme Karine Butéri, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. ()".

2. M. A, ressortissant tunisien né en 1990, est entré en France en mars 2018 sous couvert d'un visa de long séjour d'un an valant titre de séjour dont il n'a pas sollicité le renouvellement. Interpellé à la suite d'un contrôle routier le 21 mai 2023, il a fait l'objet de deux arrêtés du même jour par lesquels le préfet de la Gironde, d'une part, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans, et d'autre part, l'a assigné à résidence pendant une durée de quarante-cinq jours. M. A relève appel du jugement du 25 mai 2023 par lequel la magistrate désignée du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces deux arrêtés.

3. Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

4. Par l'arrêté en litige, le préfet de la Gironde a notamment pris à l'encontre de M. A une décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans. Pour motiver la durée de cette interdiction, le préfet a tenu compte du fait que l'intéressé s'est maintenu en situation irrégulière à compter du 6 février 2019, de l'absence d'intégration significative en France où il est sans ressources légales et ne justifie pas de l'intensité et de la stabilité de ses liens, de l'absence d'une précédente mesure d'éloignement ainsi que de l'interpellation dont il a fait l'objet le 21 mai 2023 par les services de police pour défaut de permis de conduire. Dans ces conditions, le préfet n'a pas commis d'erreur d'appréciation ni entaché sa décision d'erreur de droit.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative citées au point 1, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant, d'une part, au paiement des dépens de l'instance, laquelle n'en comprend au demeurant aucun, et d'autre part, à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Une copie sera transmise pour information au préfet de la Gironde.

Fait à Bordeaux, le 8 février 2024.

Karine Butéri

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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