jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-23BX02543 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B C et M. A D ont demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler les arrêtés des 17 février 2023 et 17 mars 2023 par lesquels le préfet de la Dordogne a refusé de les admettre au séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et, s'agissant de M. D, lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une duré d'un an.
Par un jugement n° 2301361, 2301643 du 24 mai 2023, la magistrate désignée du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté leurs demandes.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête, enregistrée le 6 octobre 2023, Mme C et M. D, représentés par Me Cesso, demandent à la cour :
1°) d'annuler le jugement de la magistrate désignée du tribunal administratif de Bordeaux du 24 mai 2023 ;
2°) d'annuler les arrêtés des 17 février et 17 mars 2023 du préfet de la Dordogne ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Dordogne de leur délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " ou, à défaut, de réexaminer leur situation dans un délai d'un mois et de leur délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les arrêtés contestés ont été signés par une personne incompétente ;
- les décisions portant refus de délivrer un titre de séjour méconnaissent les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'ils justifient de leur ancienneté en France et de leur insertion sociale ainsi que de celles de leurs trois enfants, dont deux d'entre eux risquent l'excision en cas de retour au Nigéria ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elles emportent sur leurs situations personnelles ;
- elles méconnaissent l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- les décisions portant obligation de quitter le territoire français sont illégales dès lors qu'ils doivent bénéficier de plein droit d'un titre de séjour ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elles emportent sur leurs situations personnelles ;
- elles méconnaissent l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- les décisions fixant le pays de renvoi méconnaissent l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au regard du risque d'excision encouru par leurs filles en cas de retour au Nigéria.
Mme C et M. D ont obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par des décisions n° 2023/008214 et n°2023/008213 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux du 14 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. Mme C, ressortissante nigériane et M. D, ressortissant guinéen, nés respectivement le 28 mai 1994 et le 1er janvier 1997, déclarent être entrés en France le 31 décembre 2018. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 11 octobre 2021, confirmées par des décisions de la Cour nationale du droit d'asile du 18 mars 2022. Par des arrêtés des 17 février et 17 mars 2023, le préfet de la Dordogne a refusé de les admettre au séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et, s'agissant de M. D, lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Les intéressés relèvent appel du jugement du 24 mai 2023 par lequel la magistrate désignée du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation de ces arrêtés.
3. En premier lieu, l'arrêté du 17 février 2023 concernant Mme C est signé par M. E, sous-préfet, directeur de cabinet du préfet de la Dordogne, qui avait reçu délégation du préfet, par arrêté du 17 juin 2022, dûment publié, pour prendre, en cas d'absence ou d'indisponibilité du secrétaire général de la préfecture, toute décision concernant la situation administrative des étrangers en situation irrégulière. L'arrêté du 17 mars 2023 concernant M. D est, quant à lui, signé par M. Dufaud, secrétaire général de la préfecture qui avait reçu délégation du préfet, par arrêté du 16 mai 2022, dûment publié, pour prendre toute décision relevant des attributions de l'Etat, à l'exception de certains actes au nombre desquels les actes contestés ne figurent pas. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence des signataires des actes contestés doit être écarté.
4. En second lieu, Mme C et M. D reprennent en appel dans des termes similaires et sans critique utile du jugement, les autres moyens visés ci-dessus invoqués en première instance. Ils produisent un récit complémentaire de Mme C relatif au risque d'excision de leurs filles en cas de retour dans leur pays d'origine. Toutefois ce document dépourvu de toute précision n'est pas de nature à lui seul à remettre en cause l'appréciation du premier juge qui a estimé, à juste titre, que Mme C et M. D, dont les demandes de protection internationale ont été rejetées par des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides confirmées par la Cour nationale du droit d'asile, n'apportaient pas d'éléments permettant d'estimer que leurs filles encourraient un risque réel, actuel et personnel d'être exposées à des traitements prohibés par l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans leur pays d'origine. S'ils produisent également en appel le certificat d'inscription d'un de leurs enfants en classe de CP pour l'année scolaire 2023/2024, cette inscription est postérieure aux arrêtés contestés et ne révèle pas une circonstance de nature à remettre en cause l'appréciation portée par le premier juge sur ces moyens. Ils n'apportent ainsi aucun élément de droit ou de fait nouveau de nature à remettre en cause l'appréciation du premier juge, à l'appui de ces moyens auxquels la magistrate désignée du tribunal administratif de Bordeaux a suffisamment et pertinemment répondu. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le premier juge.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme C et M. D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C, à M. A D et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Une copie sera adressée pour information au préfet de la Dordogne.
Fait à Bordeaux, le 27 juin 2024
La présidente de la 5ème chambre
Elisabeth Jayat
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026