LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-23BX02573

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-23BX02573

lundi 29 avril 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-23BX02573
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme A B a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 26 mai 2023 par lequel le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.

Par un jugement n° 2303147 du 14 septembre 2023, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête, enregistrée le 13 octobre 2023, Mme B, représentée par Me Pather, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 14 septembre 2023 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 26 mai 2023 du préfet de la Gironde pris à son encontre ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir et dans l'intervalle de la munir de l'autorisation provisoire de séjour prévue à l'article L.614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou à défaut d'un récépissé de demande de titre de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

S'agissant de la régularité du jugement :

- en retenant qu'elle n'a pas apporté la preuve d'avoir fourni au préfet sa promesse d'embauche, le premier juge a entaché son jugement d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation.

S'agissant de la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :

- cette décision est insuffisamment motivée au regard des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, ce qui révèle que le préfet n'a pas réalisé un examen complet et sérieux de sa situation et ne permet pas de la contester utilement ;

- cette décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'elle réside en France depuis plus de sept ans ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- ce refus est entaché d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que l'administration n'a pas réellement examiné sa demande en ce qui concerne son admission exceptionnelle au séjour au titre du travail ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- cette décision procède d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences qu'elle emporte sur sa vie personnelle.

S'agissant de la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- cette décision est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de séjour sur laquelle elle se fonde ;

- cette décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

S'agissant de la décision portant fixation du pays de renvoi :

- cette décision est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

S'agissant de la décision portant interdiction de retour pendant une durée de deux ans :

- la motivation de cette décision ne prend pas en compte les quatre critères prévus par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en particulier s'agissant de la menace à l'ordre public que représenterait sa présence sur le territoire français ;

- cette décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français sur laquelle elle se fonde ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. ()".

2. Mme B, née en 1995, de nationalité nigériane, est entrée en France le 15 novembre 2015, selon ses déclarations. Sa demande d'asile en procédure Dublin, déposée le 2 décembre 2015, faute de pouvoir aboutir, a été requalifiée le 16 juin 2016 en procédure normale et rejetée par une décision du 16 octobre 2017 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) confirmée par une décision du 18 avril 2018 de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). L'intéressée a alors fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français par arrêté du 1er juin 2018 de la préfète de la Gironde et a sollicité le 14 septembre 2019 le réexamen de sa demande d'asile. L'OFPRA a rejeté cette demande de réexamen comme étant irrecevable par décision du 30 novembre 2020, confirmée par la CNDA le 27 janvier 2021. A la suite de cette dernière décision juridictionnelle, la préfète de la Gironde a, par arrêté du 23 août 2021, opposé à Mme B un refus de titre de séjour assorti d'une nouvelle obligation de quitter le territoire français et d'une interdiction de retour pendant une durée de deux ans. La requête de l'intéressée contre cet arrêté a été rejetée par jugement du 25 novembre 2021 du magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Bordeaux et l'appel interjeté par Mme B a été rejeté par ordonnance du 4 août 2022 de la présidente-assesseure de la 7ème chambre de la cour administrative d'appel de Bordeaux. Puis la requérante a sollicité le 15 février 2023 son admission au séjour au tire des dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 26 mai 2023, le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. L'intéressée relève appel du jugement du 14 septembre 2023 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté du 26 mai 2023.

Sur la régularité du jugement :

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 9 du code de justice administrative : " Les jugements sont motivés ". Les premiers juges, qui n'étaient pas tenus de répondre à la totalité des arguments présentés à l'appui de ses moyens par Mme B, ont indiqué de manière suffisamment précise les motifs pour lesquels ils ont écarté l'ensemble de ces moyens. Ainsi, et alors que le bien-fondé des motifs retenus par les premiers juges est sans incidence sur la régularité du jugement, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation du jugement attaqué doit être écarté.

4. En second lieu, le moyen soulevé par Mme B tiré de ce que le jugement serait entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation tient au bien-fondé du jugement et non à sa régularité. Il suit de là que Mme B n'est pas fondée à soutenir que le jugement serait irrégulier sur ce point.

Sur la légalité de l'arrêté du 26 mai 2023 :

En ce qui concerne la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

6. La décision de refus de séjour en litige vise les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et mentionne les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet a fait application, en particulier les articles L. 423-23 et L. 435-1 de ce code. Elle fait notamment état de ce que la requérante a déjà fait l'objet de deux mesures d'éloignement non exécutées, qu'elle ne démontre aucunement l'intensité et la stabilité de ses liens privés, familiaux et sociaux en France et que sa situation personnelle et familiale ne répond pas à des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels. La décision indique qu'après un examen approfondi de sa situation et compte tenu de l'ensemble des éléments du dossier, l'intéressée ne remplit aucune des conditions prévues par les articles précités. Ces circonstances de droit et de fait sont suffisamment développées pour avoir mis utilement Mme B en mesure de comprendre et de discuter les motifs de cette décision. La circonstance que l'arrêté ne mentionne pas la promesse d'embauche établie par la Sarl Thémis Conseil à l'intéressée pour un emploi de téléprospectrice du 1er mars 2023 dont fait état le courrier du 16 mars 2023 de son conseil ne révèle, contrairement à ce que soutient la requérante, ni que le refus de séjour serait insuffisamment motivé, ni que l'autorité administrative se serait abstenue de procéder à un examen particulier de sa situation personnelle. Dans ces conditions, les moyens tirés de ce que le refus de séjour contesté serait entaché d'une insuffisance de motivation et d'une erreur de droit pour défaut d'examen individualisé de sa situation doivent être écartés.

7. En deuxième lieu, Mme B, reprend en appel ses moyens tirés de ce que le refus de séjour porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de ce qu'il méconnaîtrait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que de l'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences qu'il emporterait sur sa situation personnelle, au soutien desquels elle se borne à faire de nouveau valoir qu'elle est présente de façon ininterrompue depuis sept ans en France ou elle a été recueillie et adopté par un ressortissant français, que s'y situe désormais le centre de sa vie privée et familiale et qu'elle dispose d'une promesse d'embauche en qualité de téléprospectrice transmise au préfet pendant l'instruction de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour. Toutefois, ces seuls éléments ne sont pas de nature à remettre en cause l'appréciation des premiers juges qui ont écarté à juste titre, ces moyens en relevant que Mme B s'est maintenue en France le temps de l'instruction de sa demande d'asile, dans les circonstances rappelées au point 2 ci-dessus de 2015 à 2018, avant de faire l'objet de deux mesures d'éloignement du territoire français le 1er juin 2018 puis le 23 août 2021, assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, confirmées tant par jugement du 25 novembre 2021 du tribunal administratif de Bordeaux que par la cour administrative d'appel de Bordeaux par ordonnance du 4 août 2022, que la circonstance que la procédure d'adoption engagée à son égard par un ressortissant français ait été admise par le tribunal judiciaire de Bordeaux en date du 10 février 2022 ne suffit pas à établir que le centre de ses intérêts personnels et familiaux se trouverait désormais sur le territoire, dès lors qu'elle est célibataire et sans charge de famille, qu'elle ne justifie pas être isolée dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de vingt ans et où réside encore sa mère ni avoir rompu tout lien avec ce pays et qu'il ne ressort pas sérieusement des pièces du dossier qu'il y aurait un obstacle à ce qu'elle poursuive au Nigeria la formation au métier de coiffeuse qu'elle a entreprise en France ainsi que ses activités bénévoles. Par suite, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus à bon droit par le tribunal administratif de Bordeaux.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. / (). "

9. En présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'autorité administrative doit d'abord vérifier si des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels justifient la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale ", ensuite, en cas de motifs exceptionnels, si la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire " est envisageable. Un demandeur qui justifie d'une promesse d'embauche ne saurait être regardé, par principe, comme attestant des " motifs exceptionnels " exigés par la loi.

10. Pour estimer que des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels ne justifiaient pas une régularisation sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1, le préfet s'est fondé sur les circonstances que, malgré l'ancienneté de son séjour en France, Mme B s'est maintenue en France le temps de l'instruction de sa demande d'asile puis en dépit de mesures d'éloignement prises à son encontre, qu'elle est célibataire et sans enfant, qu'elle ne justifie pas être isolée dans son pays d'origine où elle dispose encore de sa mère ni avoir rompu tout lien avec ce pays, qu'elle ne produit aucun document établissant son insertion durable dans la société française et se trouve démunie de ressources personnelles lui permettant une autonomie financière sur le territoire national. Ces éléments de fait non contestés suffisaient à fonder légalement le refus de régularisation, dès lors que, comme le précise la décision, la circonstance que la procédure d'adoption engagée à son égard par un ressortissant français ait été admise par le tribunal judiciaire de Bordeaux en date du 10 février 2022 n'est pas de nature à lui ouvrir un quelconque droit au séjour. Mme B fait de nouveau valoir qu'il est incontestable qu'elle avait fourni une promesse d'embauche dans le cadre de l'instruction de sa demande de titre de séjour. Si contrairement à ce qu'a écrit le tribunal administratif Mme B avait bien fourni une promesse d'embauche en qualité de téléprospectrice, datée du 1er mars 2023 à l'appui de sa demande de titre de séjour, cette seule promesse ne traduit pas des motifs exceptionnels au sens des dispositions précitées et ne suffit donc pas à faire regarder le préfet comme ayant entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne la légalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi :

11. Mme B reprend, dans des termes similaires et sans critique utile du jugement, ses moyens invoqués en première instance visés ci-dessus. Elle n'apporte aucun élément de droit ou de fait nouveau, ni aucune pièce nouvelle à l'appui de ces moyens auxquels le tribunal a pertinemment répondu. Par suite, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par les premiers juges.

En ce qui concerne la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :

12. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612- 11. " Enfin, aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " () les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".

13. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Il résulte des dispositions précitées des articles L. 613-2, L. 612-8 et L. 612-10 du CESEDA qu'elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

14. En l'espèce, l'arrêté en litige mentionne les dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet fait notamment état de ce que la requérante a déjà fait l'objet de deux mesures de reconduites à la frontière, non exécutées, de ce qu'elle n'est pas dépourvue d'attaches dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de vingt ans et de ce qu'elle ne justifie pas de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France. Ces éléments de fait, notamment les éléments de sa situation personnelle et de sa vie privée et familiale, ont été précisés dans l'exposé précédant la décision de refus de titre de séjour contenue dans le même arrêté. Ne retenant pas l'existence d'une menace à l'ordre public, le préfet n'était pas tenu de mentionner ce critère. Ainsi, contrairement à ce qui est soutenu, cette décision est suffisamment motivée en droit et en fait. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation, d'une part, et de l'erreur de droit au regard des dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'autre part, doivent être écartés.

15. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions à fins d'injonction, d'astreinte et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Une copie sera adressée pour information au préfet de la Gironde.

Fait à Bordeaux, le 29 avril 2024.

La présidente de la 5ème chambre

Elisabeth Jayat

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions