lundi 13 mai 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-23BX02627 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre (formation à 3) |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme D C a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 7 juin 2023 par lequel le préfet de la Gironde l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant un an.
Par un jugement n° 2303568 du 20 septembre 2023, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 20 octobre 2023, Mme C, représentée par Me Rivière, demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 20 septembre 2023 précité ;
2°) d'annuler l'arrêté du 7 juin 2023 par lequel le préfet de la Gironde l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant un an ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de l'arrêt à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans le même délai et sous la même astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
Sur la régularité du jugement :
- le tribunal a omis de statuer sur le moyen tiré de la méconnaissance par le préfet de l'article L. 611-3 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dirigé contre l'obligation de quitter le territoire français.
Sur le bien-fondé du jugement :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :
- le préfet a méconnu l'article L. 611-3 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet de la Gironde a commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet de la Gironde a commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire pendant un an :
- elle n'est pas motivée et méconnait les articles L. 613-2 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet de la Gironde a commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 février 2024, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Il s'en remet à son mémoire de première instance.
Par une ordonnance du 6 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 8 mars 2024.
La requérante a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 16 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Caroline Gaillard,
- et les observations de Me Rivière pour Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D C, ressortissante géorgienne née le 17 avril 1958, est entrée sur le territoire français le 17 décembre 2022. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) du 27 mars 2023. Par un arrêté du 7 juin 2023, le préfet de la Gironde a pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français, fixé le pays de destination et prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pendant un an. Mme C a demandé au tribunal administratif de Bordeaux l'annulation de cet arrêté. Elle relève appel du jugement par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal a rejeté sa demande.
Sur la régularité du jugement :
2. Il ressort des pièces du dossier de première instance que, par un mémoire en réplique enregistré le 7 septembre 2023 avant la clôture de l'instruction, Mme C a soulevé à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 611-3 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile auquel le préfet a d'ailleurs répondu par un second mémoire en défense du 15 septembre 2023. En l'absence de réponse à ce moyen, qui n'était pas inopérant, le jugement est entaché d'une omission à statuer et doit dès lors, ainsi que le soutient la requérante, être annulé, pour ce motif en tant qu'il a statué sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
3. Il y a lieu pour la Cour de se prononcer par la voie de l'évocation sur les conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français et par la voie de l'effet dévolutif de l'appel sur les autres conclusions.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :
4. En premier lieu, Mme A B, cheffe du bureau de l'asile et du guichet unique et signataire de l'arrêté contesté, bénéficiait, par arrêté du préfet de la Gironde du 31 mars 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 33-2023-060 du même jour, d'une délégation à l'effet de signer, dans la limite de ses attributions, toutes décisions prises en application des livres IV, V, VI et VII du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit être écarté comme manquant en fait.
5. En deuxième lieu, l'obligation de quitter le territoire français vise notamment le 4° de l'article L. 611-1 et l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et précise les conditions d'entrée et de séjour en France de Mme C. Elle précise que son droit au maintien sur le territoire français a pris fin et examine les éléments relatifs à sa vie privée et familiale puis indique que l'intéressée n'entre dans aucun cas de délivrance d'un titre de séjour de plein droit et qu'aucune circonstance ne s'oppose à ce qu'il fasse l'objet d'une mesure d'éloignement. Ces circonstances de droit et de fait sont suffisamment développées pour avoir mis utilement cette dernière en mesure de comprendre et de discuter les motifs de cette décision, qui est ainsi suffisamment motivée et démontre un examen complet de sa situation.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 542-1 du même code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. ". Aux termes de l'article L. 542-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin :/ 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : / () d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 et au 5° de l'article L. 531-27 ; / () ". Enfin, l'article L. 531-24 dispose : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée dans les cas suivants : 1° Le demandeur provient d'un pays considéré comme un pays d'origine sûr au sens de l'article L. 531-25 ; / () ". Aux termes de l'article R. 531-19 du même code : " La date de notification de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides qui figure dans le système d'information de l'office, et qui est communiquée au préfet compétent et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration au moyen de traitements informatiques, fait foi jusqu'à preuve du contraire. ".
7. Il ressort des pièces du dossier que la demande d'asile de Mme C a été rejetée le 27 mars 2023 par l'OFPRA, en procédure accélérée en application des dispositions de l'article L. 531-24 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Selon la fiche Telemofpra, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, cette décision lui a été notifiée le 12 avril 2023. Ainsi, à la date de l'arrêté en litige, la requérante ne bénéficiait plus du droit de se maintenir sur le territoire français par application de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et le préfet de la Gironde a pu légalement prendre une mesure d'éloignement à son encontre. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 542-1 du même code doit être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : ()9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. (). ".
9. Mme C soutient que le préfet de la Gironde a méconnu les dispositions de l'article L. 61163 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle souffre d'une cirrhose post virale C Child A avec une thrombopénie et hypertension portale, ainsi qu'en atteste le certificat du docteur E du 11 juillet 2023, et pour laquelle elle bénéficie d'un suivi et d'une surveillance en France. Toutefois, et alors au demeurant qu'elle n'a pas sollicité de titre de séjour pour raisons de santé, elle ne justifie pas, par ces seules allégations, qu'elle ne pourrait pas bénéficier de manière effective d'un traitement adapté à son état de santé dans son pays d'origine. Par suite ce moyen doit être écarté.
10. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
11. Mme C fait valoir qu'elle réside en France depuis décembre 2022 avec son époux, qu'elle est hébergée par ses enfants majeurs, qui résident avec ses petits-enfants régulièrement en France. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la requérante, âgée de 65 ans, ne résidait sur le territoire que depuis 18 mois à la date de l'arrêté en litige et n'a été autorisée à y séjourner que durant l'instruction de sa demande d'asile. Si elle se prévaut de la présence de ses enfants majeurs en France en situation régulière et de ses petits-enfants elle n'établit pas, alors qu'elle n'est arrivée en France que très récemment et a vécu la majeure partie de son existence dans son pays d'origine que le centre de ses intérêts personnels se situerait en France, ni qu'elle ne pourrait poursuivre en Géorgie sa vie accompagnée de son époux, lequel selon le préfet, a également fait l'objet d'une mesure d'éloignement. Par ailleurs, si elle fait valoir qu'elle souffre d'une cirrhose et d'une hépatite C nécessitant un suivi médical régulier, aucun élément du dossier ne permet d'estimer qu'elle ne pourrait bénéficier des soins requis par son état de santé dans son pays d'origine. Dans ces conditions, la décision en litige ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le préfet de la Gironde n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
12. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté préfectoral du 7 juin 2023 en tant qu'il lui a fait obligation de quitter le territoire français.
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
13. Eu égard à la situation personnelle et familiale de Mme C telle que décrite au point 9, le préfet de la Gironde n'a pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette mesure sur la situation personnelle de l'intéressée.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire pendant un an :
14. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ". Enfin, aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " () les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".
15. En premier lieu, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français vise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et notamment les dispositions précitées. Le préfet de la Gironde indique avoir examiné la situation de l'intéressée notamment au regard des critères prévus par les dispositions de l'article L. 612-10 du code précité, et notamment, ceux afférents à la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'ils n'ont pas déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement et de ce que leur présence sur le territoire ne constitue pas une menace pour l'ordre public. Dès lors, le moyen tiré d'une insuffisante motivation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an doit être écarté.
16. En second lieu, eu égard à la situation personnelle et familiale de Mme C telle que décrite au point 11 et compte tenu notamment, du caractère très récent de son arrivée sur le territoire et de la possibilité de continuer sa vie familiale avec son époux dans son pays d'origine dans lequel elle a vécu plus de 63 ans, et quand bien même elle ne constitue pas une menace pour l'ordre public et n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, en prenant la décision en litige, le préfet de la Gironde n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées en interdisant son retour sur le territoire pour une durée d'un an. Pour les mêmes motifs, il n'a pas davantage méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation.
17. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 7 mai 2023 en tant qu'il fixe le pays de renvoi et lui interdit de retourner sur le territoire pendant un an.
18. Les conclusions de la requérante aux fins d'injonction et celles présentées au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique doivent être rejetées par voie de conséquence.
DECIDE :
Article 1er : Le jugement du tribunal administratif de Bordeaux est annulé en tant qu'il a statué sur la demande de Mme C tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Article 2 : La demande présentée par Mme C devant le tribunal administratif de Bordeaux en tant qu'elle porte sur l'obligation de quitter le territoire français et le surplus des conclusions des parties sont rejetés.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à Mme D C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer. Copie en sera délivrée au préfet de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 8 avril 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Ghislaine Markarian, présidente,
M. Frédéric Faïck, président-assesseur,
Mme Caroline Gaillard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 13 mai 2024.
La rapporteure,
Caroline Gaillard
La présidente,
Ghislaine Markarian
La greffière,
Catherine Jussy
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026