jeudi 2 mai 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-23BX02988 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Poitiers d'annuler l'arrêté du 5 octobre 2023 par lequel le préfet de la Charente-Maritime lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Par un jugement n° 2302717 du 11 octobre 2023, le magistrat désigné du tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête, enregistrée le 6 décembre 2023, M. A, représenté par Me Kouassi, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Poitiers du 11 octobre 2023 ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet de la Charente-Maritime du 5 octobre 2023 ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Charente-Maritime de réexaminer sa situation dans un délai de trente jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à son conseil, de la somme de 2 000 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation qui révèle un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a pas été mis à même de formuler des observations avant l'édiction de la décision litigieuse ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation de sa situation ;
S'agissant de la décision de refus de délai de départ volontaire :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L.612-2 et L.612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne représente aucune menace pour l'ordre public ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est dépourvue de base légale dès lors que la décision d'obligation de quitter le territoire français es illégale ;
S'agissant de la décision d'assignation à résidence :
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français.
Par une décision n° 2023/009740 du 23 novembre 2023, le bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux a accordé le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale à M. A.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. A, ressortissant camerounais né le 1er janvier 1999, est entré en France en janvier 2016, selon ses déclarations. Le 22 janvier 2018, il a demandé la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade qui lui a été refusé par le préfet de Loire-Atlantique, par une décision du 12 février 2018. Le 24 septembre 2018, il a, à nouveau, sollicité un titre de séjour sur le même fondement et le préfet de Loire-Atlantique a fait droit à sa demande et lui a délivré une carte de séjour valable du 19 décembre 2018 au 18 décembre 2019. Le 21 novembre 2019, il en a sollicité le renouvellement, qui lui a été refusé par un arrêté du préfet du 25 octobre 2021, et avec obligation de quitter le territoire français, qu'il n'a pas exécutée. La légalité de cet arrêté a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Nantes du 31 janvier 2023. Le 5 octobre 2023, il a été interpellé puis entendu par les services de police de Saintes dans le cadre d'un contrôle d'identité. Par un arrêté du 6 octobre 2023, le préfet de la Charente-Maritime lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. M. A relève appel du jugement du 11 octobre 2023 par lequel le magistrat désigné du tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
3. D'une part, en appel, M. A reprend dans des termes similaires ses moyens de première instance tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du vice de procédure découlant de son droit de pouvoir faire des observations avant l'édiction de l'arrêté litigieux, et soutient que, contrairement à ce qu'indique le tribunal, à aucun moment lors de son audition dans le cadre de la mesure dont il a fait l'objet dans les locaux du commissariat de police de Saintes, l'éventualité ou la possibilité de l'édiction d'une mesure d'éloignement à son encontre n'a été évoquée. Toutefois, il ressort du procès-verbal établi dans le cadre de cette procédure que l'officier de police judiciaire (OPJ) a demandé au requérant, d'une part, s'il avait des nouveaux éléments sur sa situation qui permettraient à la préfecture de réexaminer son dossier et qu'il a indiqué vivre en concubinage depuis plusieurs mois avec une personne qui est enceinte de cinq mois, qu'il a effectué une reconnaissance anticipée de cet enfant après des services de l'état civil de la mairie de Saintes et a communiqué son adresse de résidence à Saintes, et ces éléments figurent tous sur l'arrêté en litige, d'autre part, s'il reconnaissait les faits reprochés de maintien sur le territoire à laquelle il a répondu qu'il reconnaissait être en situation irrégulière, puis l'OPJ l'a informé de ce que le service des étrangers de la préfecture de la Charente-Maritime sera avisé dès la fin de son audition en vue d'une décision sur sa situation. Dès lors, et contrairement à ce qu'il soutient, M. A a pu faire valoir des observations avant l'édiction de la décision en litige, et en indiquant dans son jugement que M. A ne pouvait sérieusement ignorer que l'irrégularité de sa situation l'exposait à une décision portant obligation de quitter le territoire français alors que le requérant a déjà fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement qu'il n'a pas exécutée, le premier juge n'a pas entaché son jugement d'erreurs d'appréciation de sa situation et des moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et d'un vice de procédure.
4. D'autre part, M. A, en reprenant dans des termes similaires ses autres moyens de première instance visés ci-dessus, sans critique utile du jugement, n'apporte en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau de nature à remettre en cause l'appréciation du premier juge qui y a pertinemment répondu. Par suite, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Poitiers.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions à fins d'injonction, d'astreinte, et d'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Une copie sera adressée pour information au préfet de la Charente-Maritime.
Fait à Bordeaux, le 2024.
Le président de la 1ère chambre
Jean-Claude Pauziès
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026