jeudi 2 mai 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-23BX03000 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 24 mai 2023 par lequel le préfet de la Gironde a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Par un jugement n° 2303185 du 3 octobre 2023, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête, enregistrée le 8 décembre 2023, M. A, représenté par Me Cesso, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 3 octobre 2023 ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet de la Gironde du 24 mai 2023 ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à son conseil, de la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
S'agissant de l'arrêté pris dans son ensemble :
- il est entaché d'une incompétence de son signataire ;
S'agissant de la décision de refus de titre de séjour :
- elle méconnaît les dispositions de l'article L.425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que sa vie privée et familiale est en France, où il vit depuis près de quatre ans et où il s'intègre malgré son état de santé préoccupant, qu'il n'a plus d'attache avec le Pakistan et ne représente pas une menace pour l'ordre public ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de la décision d'obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale dès lors qu'il entre dans les catégories lui permettant de bénéficier de plein droit d'un titre de séjour ;
- elle porte une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale et résulte d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation au regard de ses conditions d'entrée et de séjour en France, de son ancienneté et de son intégration ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L.611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au regard de son état de santé ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet s'est à tort estimé lié par les décisions de rejet de l'Office français pour la protection des réfugiés et apatrides et de la Cour nationale du droit d'asile pour rejeter sa demande ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle méconnaît les dispositions de l'article L.612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile compte tenu de son état de santé et des risques qu'il encourt en cas d'aggravation de celui-ci et elle porte une atteinte excessive à son droit à la santé.
Par une décision n° 2023/009752 du 23 novembre 2023, le bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux a accordé le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale à M. A.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. A, ressortissant pakistanais né le 30 avril 1976, est entré en France le 25 octobre 2019, selon ses déclarations. Il a présenté une demande d'asile qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 26 février 2021, puis par la Cour nationale du droit d'asile le 6 octobre 2021. Le 28 mars 2022, il a sollicité le réexamen de sa demande d'asile, qui a été refusé par l'OFPRA par une décision d'irrecevabilité du 29 avril 2022. Par un arrêté du 17 juin 2022, la préfète de la Gironde lui a fait obligation de quitter le territoire français. La légalité de cette décision a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 27 septembre 2022, puis par un arrêt du 11 avril 2023 de la cour administrative d'appel de Bordeaux. Le 26 décembre 2022, le requérant a présenté une demande de titre de séjour en raison de son état de santé, sur le fondement des dispositions des articles L.425-9 et L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 24 mai 2023, le préfet de la Gironde a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. M. A relève appel du jugement du 3 octobre 2023 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
3. D'une part, M. A reprend son moyen tiré de la méconnaissance de l'article L.425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et soutient de nouveau qu'il ne pourra pas avoir de manière effective un traitement approprié à son état de santé en cas de renvoi au Pakistan.Il fait valoir qu'après deux infarctus du myocarde, son traitement actuel est composé de Bisopolol (bétabloquant), Furosémide et Ezetimibe (traitement contre le cholestérol) et n'est pas disponible au Pakistan et surtout que, compte tenu de son état de santé qui limite grandement sa capacité à pouvoir travailler et de l'absence de système généralisé de prise en charge des frais de santé au Pakistan, il ne pourra pas avoir un accès effectif à un traitement chimique d'abord et physique ensuite alors qu'il doit se rendre plusieurs fois par an chez un cardiologue. Toutefois, ainsi que l'ont déjà relevé les premiers juges, au point 9 de leur jugement, M. A n'établit pas, par les documents qu'il a produits, lesquels font état de la situation générale du pays sur le plan sanitaire et ne portent pas sur la disponibilité et l'accessibilité du traitement des maladies cardiovasculaires dont il a besoin, qu'il ne pourrait pas bénéficier d'un traitement et d'une prise en charge médicale adaptés à son état de santé dans son pays d'origine. En appel, il ne produit aucun nouvel élément qui permettrait de contredire cette appréciation. Dès lors, le moyen ne peut qu'être écarté.
4. D'autre part, M. A, en reprenant dans des termes similaires ses autres moyens de première instance visés ci-dessus, sans critique utile du jugement, n'apporte en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau de nature à remettre en cause l'appréciation des premiers juges, qui y ont pertinemment répondu. Par suite, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Bordeaux.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions aux fins d'injonction et d'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Une copie sera adressée pour information au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 2 mai 2024.
La présidente de la 2ème chambre
Catherine Girault
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026