mercredi 29 mai 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-24BX00185 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler la décision par laquelle le préfet de la Gironde a implicitement rejeté la demande de titre de séjour qu'il a présentée le 7 novembre 2022, à laquelle s'est substituée un arrêté du préfet en date du 11 avril 2023.
Par un jugement n° 2302351 du 20 décembre 2023, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête enregistrée le 25 janvier 2024, M. B, représenté par Me Landète, demande à la cour :
1°) de lui accorder provisoirement le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 20 décembre 2023 ;
3°) d'annuler l'arrêté du préfet de la Gironde du 11 avril 2023 ;
4°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour, et à défaut, de réexaminer sa situation administrative ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à son conseil, de la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation dès lors qu'il est entré en France à la fin de l'année 2008 et a obtenu plusieurs cartes de séjour portant la mention " travailleur saisonnier " du 20 décembre 2008 au 20 janvier 2018 en exerçant auprès d'une multitude d'entreprises, qu'il est en mesure de justifier qu'il disposera d'une promesse d'embauche dès qu'il sera en possession d'un titre de séjour, et qu'il est surprenant de prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français alors qu'il ne constitue en aucune façon une menace pour l'ordre public.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2024/000180 du 15 février 2024 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. B, ressortissant marocain né le 1er janvier 1968, est entré en France pour la première fois le 20 décembre 2008. Il a obtenu plusieurs cartes de séjour en qualité de travailleur saisonnier, d'abord pour la période du 20 décembre 2008 au 19 décembre 2011, ensuite pour la période du 29 décembre 2011 au 28 décembre 2014 et, en dernier lieu, pour la période du 21 janvier 2015 au 20 janvier 2018. Par un arrêté du 22 novembre 2018, le préfet de la Gironde a refusé de faire droit à sa demande de renouvellement de ce titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français. Par un autre arrêté du 6 avril 2022, la préfète de la Gironde lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et lui a interdit le retour sur le territoire pour une durée de deux ans. Le 7 novembre 2022, M. B a déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Le silence gardé par l'administration sur cette demande pendant une durée de quatre mois après son dépôt a fait naître une décision implicite de rejet, objet de sa requête devant le tribunal administratif. Puis, par un arrêté du 11 avril 2023, le préfet de la Gironde a expressément rejeté cette demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans. Cette décision explicite s'est substituée à la décision implicite antérieure. M. B relève appel du jugement du 20 décembre 2023 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
3. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par la décision n° 2024/000180 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux du 15 février 2024. Par suite, ses conclusions tendant à obtenir l'aide juridictionnelle à titre provisoire sont devenues sans objet. Il n'y a pas lieu de statuer sur ces conclusions.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. M. B reprend devant la cour dans des termes similaires son unique moyen de première instance tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle au regard de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des conséquences des mesures d'éloignement et d'interdiction de retour. Il fait nouvellement valoir, à l'appui de ce moyen, qu'il ne saurait faire l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français alors qu'il ne constitue en aucune façon une menace pour l'ordre public, qu'il est inconnu des services de police et de gendarmerie et qu'il exerce une activité professionnelle en France depuis près de quinze ans. Il ressort toutefois des termes de l'arrêté du 11 avril 2023 que la décision d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, qui mentionne que M. B ne représente pas une menace pour l'ordre public, est motivée par le fait qu'il a déjà fait l'objet de deux mesures d'obligation de quitter le territoire français non exécutées, les 22 novembre 2018 et 6 avril 2022, cette dernière mesure étant déjà assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français de deux ans, qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident son épouse, ses deux enfants et ses parents et où il a vécu jusqu'à l'âge de 50 ans, et qu'il ne justifie pas de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France. Au regard de cette motivation, M. B n'apporte en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau de nature à remettre en cause l'appréciation portée par les premiers juges sur le bien-fondé de la mesure d'interdiction de retour. Par suite, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation commise à cet égard par le préfet de la Gironde par adoption des motifs pertinemment retenus par le tribunal administratif de Bordeaux et par ceux qui viennent d'être exposés.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée pour le surplus.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Une copie sera adressée pour information au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 29 mai 2024.
Le président de la 3ème chambre
Laurent Pouget
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026