mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-24BX00597 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B C a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 24 mars 2023 par lequel le préfet de la Gironde lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Par un jugement n° 2301616 du 29 novembre 2023, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête, enregistrée le 8 mars 2024, M. C, représenté par Me Astié, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 29 novembre 2023 ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet de la Gironde du 24 mars 2023 ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer une autorisation de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et à défaut, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, le tout, sous astreinte de 80 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à son conseil, de la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
S'agissant de la décision d'obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'une incompétence de son signataire ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation qui révèle un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant dès lors qu'elle a pour conséquence son départ de France et donc de priver ses enfants de leur père ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est dépourvue de base légale dès lors qu'elle est fondée sur la décision portant obligation de quitter le territoire français qui est illégale ;
S'agissant de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est entachée d'une incompétence de son signataire ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation qui révèle un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par une décision n° 2023/010270 du 1er février 2024, le bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux a accordé le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale à M. C.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. C, ressortissant nigérian né le 8 septembre 1994, est entré en France au cours de l'année 2017, selon ses déclarations. Le 17 mai 2019, il a présenté une demande de titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 2 août 2021, la préfète de la Gironde a rejeté sa demande de titre de séjour. Le recours qu'il a formé à l'encontre de cette décision a été rejeté par le tribunal administratif de Bordeaux le 12 avril 2022. Par un arrêté du 24 mars 2023, le préfet de la Gironde lui a enjoint de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire pendant une durée de deux ans. M. C relève appel du jugement du 29 novembre 2023 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
3. En premier lieu, ainsi que l'a à juste titre relevé le tribunal, M. A E, directeur des migrations et de l'intégration, bénéficiait, par arrêté du 30 janvier 2023 régulièrement publié, d'une délégation du préfet lui permettant de signer la décision en litige. Dès lors, la circonstance qu'il ne serait pas justifié que les personnes figurant avant M. E dans la chaîne de délégation, en l'occurrence le préfet, n'auraient pas été absentes ou empêchées à la date de la signature de l'arrêté contesté, est sans incidence. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cet arrêté doit être écarté.
4. En deuxième lieu, M. C soutient que les décisions d'obligation de quitter le territoire français et d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans sont entachées d'une insuffisance de motivation qui révèle un défaut d'examen particulier de sa situation. Toutefois il ressort de l'arrêté en litige qu'après avoir visé les éléments de droit sur lesquels est fondée sa décision d'obligation de quitter le territoire, le préfet a indiqué que l'intéressé a fait l'objet d'un arrêté portant refus de titre de séjour le 2 août 2021 qui a été confirmé par le tribunal administratif de Bordeaux le 12 avril 2022, qu'il s'est maintenu irrégulièrement en France, qu'il ne remplit aucune condition pour y résider, que s'il a deux enfants il est sans charge de famille en France dès lors que ses enfants vivent à Pau avec leur mère, qu'il n'est par ailleurs pas démuni d'attache dans son pays d'origine où réside sa mère, que dans ces conditions il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et qu'il n'allègue pas être exposé à des peines ou traitements inhumains en cas de retour dans son pays d'origine. Par ailleurs en visant les articles L. 612-6 à L612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et en indiquant que l'examen de la situation de l'intéressé a été effectué relativement à la durée de l'interdiction de retour au regard notamment de l'article L.612-10, et en précisant que bien qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public, il ressort de son audition qu'il s'est maintenu irrégulièrement en France dans le seul but de s'y installer et s'oppose à tout retour dans son pays d'origine, qu'il est sans domicile fixe et sans ressources légales sur le territoire, qu'il ne justifie pas de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, qu'il a été interpellé le 24 mars 2023 par les services de police pour conduite sans permis et qu'il n'a jamais fait l'objet d'une mesure d'éloignement, le préfet de la Gironde a procédé à l'examen complet de la situation de M. C et a suffisamment motivé la décision interdisant au requérant le retour sur le territoire français pendant deux ans. Dès lors, le moyen tiré de ce que les décisions d'obligation de quitter le territoire français et d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans seraient entachées d'une insuffisance de motivation ne peut être que rejeté.
5. En troisième lieu, M. C soutient nouvellement que les décisions portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français méconnaissent les articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. S'il fait valoir qu'il est présent en France depuis 7 ans où il a rencontré Mme D avec laquelle il a eu deux enfants et que s'ils sont désormais séparés et que les deux enfants vivent avec leur mère à Pau, il entretient des relations régulières avec eux et va leur rendre visite dès qu'il peut et que son départ de France aurait donc pour conséquence de priver ses enfants de leur père, M. C ne démontre pas plus en appel qu'en première instance qu'il contribuerait à l'entretien et à l'éducation de ses deux enfants, ni n'établit qu'il entretiendrait des liens avec eux. Par ailleurs, il ressort du procès-verbal d'audition du 24 mars 2023 qu'il a déclaré être sans profession, n'avoir aucune ressource et travailler actuellement un peu " au black ", qu'il est hébergé gratuitement chez un ami et vit parfois dans sa voiture, avoir deux enfants dont aucun n'est à sa charge et qui vivent avec leur mère à Pau, que sa mère vit dans son pays d'origine et qu'il ne veut pas partir de France. Dès lors, eu égard aux conditions de séjour en France de l'intéressé, la décision contestée n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale ni méconnu l'intérêt supérieur de ses enfants. Par suite, le préfet de la Gironde n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Les moyens ne peuvent, par suite, qu'être rejetés.
6. En dernier lieu, si M. C soulève en appel le moyen nouveau tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi est privée de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, il résulte de ce qui précède que ce moyen ne pourra qu'être écarté faute pour le requérant d'établir l'illégalité de cette décision.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions à fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C.
Une copie sera adressée pour information au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 16 juillet 2024.
La présidente de la 4ème chambre
Evelyne Balzamo
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026