LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-24BX00633

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-24BX00633

mardi 18 novembre 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-24BX00633
TypeDécision
Recoursplein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre (formation à 3)
Avocat requérantARMAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. C... A... a demandé au tribunal administratif de la Guadeloupe de condamner l’Etat à lui verser une somme de 30 000 euros en réparation du préjudice subi en raison de l’exécution tardive par l’administration du jugement n° 1900507 du 11 juin 2020 du tribunal administratif de la Guadeloupe.

Par un jugement n° 2200111 du 21 décembre 2023, le tribunal administratif de la Guadeloupe a rejeté sa demande.


Procédure devant la cour :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 11 mars 2024 et 20 février 2025, M. A..., représenté par la SELARL AJM Avocats, demande à la cour :

1°) d’annuler ce jugement du tribunal administratif de la Guadeloupe du 21 décembre 2023 ;

2°) de faire droit à sa demande de première instance ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Il soutient que :

En ce qui concerne la régularité du jugement attaqué :
- il est insuffisamment motivé dès lors que les premiers juges se sont bornés à considérer qu’il n’apportait aucune preuve justifiant les sommes qui lui étaient dues ;
- il est entaché d’une omission à statuer, les premiers juges ayant considéré qu’il sollicitait une indemnisation au seul titre de l’exécution tardive du jugement alors qu’il sollicitait l’indemnisation de l’ensemble des préjudices causés par l’inertie de l’administration dans la mise en œuvre du jugement, notamment dans sa prise en compte pour le calcul de l’impôt sur le revenu au titre des années 2019 et 2020 ;

En ce qui concerne la responsabilité de l’Etat :
- il est fondé à solliciter une indemnisation au titre des préjudices financier et moral subis et des troubles dans les conditions d’existence, d’un montant total de 30 000 euros du fait de la carence fautive de l’administration ; il n’a pu disposer d’aucune trésorerie et a dû faire face à un avis à tiers détenteur limitant ses possibilités d’investissement et portant atteinte à sa réputation professionnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 septembre 2024, le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général des impôts ;
- le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Cazcarra,
- et les conclusions de Mme B....


Considérant ce qui suit :

Par un jugement n° 1900507 du 11 juin 2020 devenu définitif, le tribunal administratif de la Guadeloupe a accordé à M. A... pour l’année 2017 le bénéfice des réductions d’impôt « Duflot outre-mer » et « Pinel outre-mer » et a prononcé, en conséquence, une décharge partielle de ses cotisations d’impôt sur le revenu au titre de ladite année, à hauteur de 1 661 euros, ainsi que des pénalités correspondantes. Par un courrier du 15 juillet 2021, M. A... a saisi la direction régionale des finances publiques d’une réclamation préalable tendant à l’indemnisation des préjudices qu’il estime avoir subis en raison du délai d’exécution du jugement par l’administration et de sa carence à établir l’assiette de son impôt sur le revenu au titre des années 2019 et 2020 conformément au jugement rendu le 11 juin 2020. En l’absence de réponse de l’administration, M. A... a saisi le tribunal administratif de la Guadeloupe d’une requête tendant à la condamnation de l’Etat à lui verser une somme de 30 000 euros en réparation du préjudice subi en raison de l’exécution tardive par l’administration du jugement du 11 juin 2020. M. A... relève appel du jugement du 21 décembre 2023 par lequel le tribunal administratif a rejeté sa demande.


Sur la responsabilité de l’Etat :

Une faute commise par l’administration lors de l’exécution d’opérations se rattachant aux procédures d’établissement et de recouvrement de l’impôt est de nature à engager la responsabilité de l’Etat à l’égard du contribuable ou de toute autre personne si elle leur a directement causé un préjudice. Un tel préjudice, qui ne saurait résulter du seul paiement de l’impôt, peut être constitué des conséquences matérielles des décisions prises par l’administration et, le cas échéant, des troubles dans ses conditions d’existence dont le contribuable justifie. Le préjudice invoqué ne trouve pas sa cause directe et certaine dans la faute de l’administration si celle-ci établit soit qu’elle aurait pris la même décision d’imposition si elle avait respecté les formalités prescrites ou fait reposer son appréciation sur des éléments qu’elle avait omis de prendre en compte, soit qu’une autre base légale que celle initialement retenue justifie l’imposition. Enfin, l’administration peut invoquer le fait du contribuable ou, s’il n’est pas le contribuable, du demandeur d’indemnité comme cause d’atténuation ou d’exonération de sa responsabilité.


En ce qui concerne la faute de l’administration fiscale :

Par un jugement du 11 juin 2020, le tribunal administratif de la Guadeloupe a considéré que M. A... avait droit aux réductions d’imposition « Pinel outre-mer » et « Duflot outre-mer » au titre de l’année 2017 et a prononcé, en conséquence, la décharge de la cotisation de l’impôt sur le revenu au titre de cette même année, à hauteur de 1 661 euros, ainsi que des pénalités correspondantes. S’il est constant que l’administration fiscale a exécuté le jugement dès le 19 octobre 2020 en procédant au virement d’une somme globale de 1 810 euros sur le compte bancaire de M. A..., en revanche, l’administration n’a pas tiré les conséquences de ce jugement sur les années ultérieures. Il ressort en effet de l’instruction, qu’après avoir vainement adressé à l’administration fiscale plusieurs courriers afin qu’elle procède au calcul du montant de l’impôt sur le revenu dont il était redevable au titre de l’année 2019 en appliquant les règles rappelées par le jugement du 19 octobre 2020, M. A... a engagé de nombreuses démarches. Il a ainsi sollicité plusieurs rendez-vous auprès de l’administration fiscale, un sursis de paiement par courrier du 5 février 2021 auprès du comptable public après avoir été rendu destinataire d’un courrier de relance d’un reste à payer au titre de l’année 2020 et a finalement saisi en février 2021 le Défenseur des droits pour l’informer des difficultés rencontrées pour obtenir de l’administration fiscale les réductions d’impôt sur le revenu au titre des années 2019 et 2020. Ce n’est que les 28 mars 2021 et 4 avril 2021 que l’administration a dégrevé M. A... d’une somme de 1 686 euros, respectivement au titre des revenus de 2019 et de 2018. S’agissant en revanche de l’émission, le 4 mai 2021, d’une saisie administrative à tiers détenteur auprès de l’employeur de M. A..., portant sur une somme de 2 741 euros, il n’est nullement établi qu’elle porte sur une somme dont M. A... ne serait pas redevable au titre des revenus de 2019 et résulterait de l’absence de prise en compte par l’administration des règles rappelées par le jugement du 11 juin 2020. Dans ces conditions, M. A... est fondé à soutenir que les services fiscaux ont commis une faute de nature à engager la responsabilité de l’Etat en tardant à faire application du jugement rendu par le tribunal administratif de la Guadeloupe sur les revenus qu’il a perçus en 2018 et 2019.


En ce qui concerne les préjudices :

M. A... fait valoir que la faute commise par l’administration l’a privé de trésorerie et que la saisie administrative à tiers détenteur émise par l’administration a limité ses possibilités d’investissement et a porté atteinte à sa réputation professionnelle. Toutefois, et ainsi que cela a déjà été indiqué précédemment, le lien direct et certain entre l’émission de la saisie administrative à tiers détenteur le 4 mai 2021 et le retard à mettre en œuvre le jugement du 11 juin 2020 n’est pas établi. Par ailleurs, M. A... n’apporte aucun élément au soutien de ses allégations tenant au fait qu’il aurait été privé de toute trésorerie et aurait été empêché d’investir.


S’agissant en revanche du trouble dans les conditions d’existence subi par M. A..., tenant aux nombreuses démarches qu’il a dû engager pour obtenir de l’administration qu’elle tire les conséquences du jugement du 11 juin 2020 sur les revenus perçus en 2018 et 2019, il en sera fait une juste appréciation en l’évaluant à la somme de 800 euros.


Il résulte de ce qui précède, et sans qu’il soit besoin d’examiner les moyens tirés de l’irrégularité du jugement attaqué, que M. A... est fondé à soutenir que c’est à tort que, par ce jugement, le tribunal administratif de la Guadeloupe a rejeté sa demande.


Sur les frais liés à l’instance :

Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par M. A... et non compris dans les dépens.





décide :




Article 1 :
Le jugement du tribunal administratif de la Guadeloupe du 21 décembre 2023 est annulé.


Article 2 :
L’Etat est condamné à verser à M. A... une somme de 800 euros.


Article 3 :
L’Etat versera à M. A... la somme de 1 200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Article 4 :
Le surplus des conclusions de la requête de M. A... est rejeté.


Article 5 :
Le présent arrêt sera notifié à M. C... A... et au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
Copie en sera adressée à la direction régionale des finances publiques de la Guadeloupe.

Délibéré après l’audience du 28 octobre 2025 à laquelle siégeaient :

- Mme Munoz-Pauziès, présidente,
- Mme Martin, présidente-assesseure,
- Mme Cazcarra, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 novembre 2025.

La rapporteure,



L. CAZCARRALa présidente,



F. MUNOZ-PAUZIÈS La greffière,



L. MINDINE
La République mande et ordonne au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Décisions similaires

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02310

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Paris, prise par le juge des référés, concerne la reprise d’instance après cassation par le Conseil d’État d’un litige fiscal opposant la société American Express Carte France à l’administration. Le Conseil d’État avait annulé partiellement l’arrêt de la cour et renvoyé l’affaire pour qu’elle statue à nouveau sur certains points. La cour constate que la requête enregistrée sous le n° 26PA02310 est devenue sans objet et ordonne sa radiation du registre du greffe, en application du code de justice administrative.

01/07/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02388

La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, a radié du registre du greffe le dossier n° 26PA02388, relatif à la reprise d'instance après cassation concernant la société American Express Carte France. Cette affaire portait sur des rappels de TVA, de taxe sur les salaires et de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises pour les années 2014 à 2016, après un arrêt du Conseil d'État du 10 avril 2026 ayant partiellement annulé et renvoyé les précédents arrêts de la cour. La solution retenue est que la requête est devenue sans objet, probablement en raison de l'irrévocabilité de certaines parties de la décision antérieure. Aucun texte spécifique n'est mentionné dans l'ordonnance, mais la procédure s'inscrit dans le cadre du code de justice administrative.

01/07/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-25PA00890

La Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, a examiné la demande de transmission au Conseil d’État d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par M. A... à l’occasion d’un litige en plein contentieux fiscal. Le requérant contestait la conformité à la Constitution de l’article L. 85 du livre des procédures fiscales, qui permet à l’administration d’obtenir des données bancaires sans autorisation préalable ni information du contribuable. La cour a jugé que les dispositions contestées étaient applicables au litige et n’avaient pas déjà été déclarées conformes par le Conseil constitutionnel. Toutefois, estimant que la question soulevée était dépourvue de caractère sérieux, la cour a refusé de transmettre la QPC au Conseil d’État.

01/07/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA00231

La Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... qui contestait le jugement du tribunal administratif de Melun lui ayant refusé une indemnité de 50 000 euros pour des frais de mission FRONTEX et lui ayant infligé une amende pour recours abusif. La cour a constaté que la requête d’appel, qui n’était pas dispensée de ministère d’avocat, avait été présentée sans ce ministère et n’avait pas été régularisée malgré les mentions claires de la notification du jugement. En application des articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, l’irrecevabilité manifeste a été retenue, entraînant le rejet de l’appel.

01/07/2026

← Retour aux décisions