mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-24BX00745 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP CGCB & ASSOCIES BORDEAUX |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La SCEA Le Chauffour a demandé au tribunal administratif de Bordeaux, d'une part, d'annuler l'arrêté du 12 novembre 2021 par lequel le maire de Pompignac a rejeté sa demande de permis de construire un bâtiment pour une exploitation agricole d'élevage et entraînement de chevaux avec un logement pour l'exploitant sur un terrain cadastré ZB 311 et 312 situé chemin de Chauffour et, d'autre part, d'enjoindre au maire de Pompignac de délivrer un permis de construire, dans un délai de huit jours suivant la notification du jugement à venir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard.
Par un jugement n° 2106869 du 14 février 2024, le tribunal administratif de Bordeaux a annulé l'arrêté du 12 novembre 2021, a enjoint au maire de Pompignac de délivrer le permis de construire sollicité par la SCEA Le Chauffour dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement et a mis à la charge de la commune une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 26 mars 2024, la commune de Pompignac, prise en la personne de son maire en exercice, représentée par Me Gauci, demande à la cour d'ordonner le sursis à exécution de ce jugement et de mettre à la charge de la SCEA Le Chauffour une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune soutient que :
- la requête est recevable dès lors qu'elle a régulièrement interjeté appel du jugement du 14 février 2024 et que la présente requête est accompagnée d'une copie de la requête au fond ;
- aucune des pièces du dossier n'établit la nécessité d'une présence rapprochée et permanente de l'exploitant justifiant la construction d'un logement de 169,36 m² de surface de plancher couplé à bâtiment de 87,50 m² de surface de plancher comprenant boxes, douche et sellerie, au regard de l'exploitation agricole envisagée devant accueillir 5 équidés pour les activités équestres ;
- la demande de permis déposée le 10 septembre 2021 ne démontre pas l'exercice effectif d'une activité agricole d'une consistance suffisante pour justifier la construction d'une maison d'habitation de 169,36 m², en l'absence d'éléments tenant aux modalités d'exploitation, aux conditions de financement du projet et à sa viabilité ;
- c'est à tort que les premiers juges ont considéré que l'activité agricole pouvait être considérée comme effective et que la construction de la maison d'habitation était justifiée par la nécessité d'assurer une présence continue à proximité ;
- la surface de la maison d'habitation présente une surface excessive ;
- par un jugement du 14 septembre 2022, le tribunal administratif de Bordeaux avait rejeté une requête présentée par la SCEA Le Chauffour dirigée contre un précédent refus de permis de construire comprenant les mêmes éléments que ceux présentés par la SCEA dans le nouveau dossier déposé le 10 septembre 2021 ; le tribunal était donc tenu de se conformer à son précédent jugement en l'absence de changement dans les circonstances de droit et de fait et ne le faisant pas il a méconnu l'autorité de la chose jugée ;
- ces moyens apparaissent sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation du jugement, le rejet des conclusions du demandeur de première instance, au sens de l'article R. 811-15 du code de justice administrative.
La requête a été communiquée à la SCEA Le Chauffour qui n'a pas produit d'écritures.
La clôture de l'instruction est intervenue trois jours francs avant l'audience en application de l'article R. 613-2 du code de justice administrative.
Un mémoire, produit par la commune de Pompignac, représentée par Me Gauci, a été enregistré le 2 mai 2024, après la clôture de l'instruction.
Une note en délibéré présentée pour la commune de Pompignac a été enregistrée le 3 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la requête n° 24BX00743 enregistrée le 26 mars 2024, par laquelle la commune de Pompignac demande à la cour d'annuler le jugement du 14 février 2024 du tribunal administratif de Bordeaux.
Vu :
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pauziès, président ;
- et les observations de M. A, représentant la commune de Pompignac.
Considérant ce qui suit :
1. La SCEA Le Chauffour a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 12 novembre 2021 par lequel le maire de Pompignac a rejeté sa demande de permis de construire un bâtiment pour une exploitation agricole d'élevage et entraînement de chevaux avec un logement pour l'exploitant sur un terrain cadastré ZB 311 et 312 situé chemin de Chauffour. Par un jugement du 14 février 2024, le tribunal administratif de Bordeaux a annulé l'arrêté du 12 novembre 2021, a enjoint au maire de Pompignac de délivrer le permis de construire sollicité par la SCEA Le Chauffour dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement. Par la présente requête, la commune de Pompignac, qui a fait appel de ce jugement, demande qu'il soit sursis à son exécution.
Sur les conclusions à fin de sursis à exécution :
2. Aux termes de l'article R. 811-14 du code de justice administrative : " Sauf dispositions particulières, le recours en appel n'a pas d'effet suspensif s'il n'en est autrement ordonné par le juge d'appel dans les conditions prévues par le présent titre. ". Aux termes de l'article R. 811-15 du code de justice administrative : " Lorsqu'il est fait appel d'un jugement de tribunal administratif prononçant l'annulation d'une décision administrative, la juridiction d'appel peut, à la demande de l'appelant, ordonner qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement si les moyens invoqués par l'appelant paraissent, en l'état de l'instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement ". Aux termes de l'article R. 811-17 de ce code : " Dans les autres cas, le sursis peut être ordonné à la demande du requérant si l'exécution de la décision de première instance attaquée risque d'entraîner des conséquences difficilement réparables et si les moyens énoncés dans la requête paraissent sérieux en l'état de l'instruction. ".
3. En application des dispositions précitées de l'article R. 811-15 du code de justice administrative, lorsque le juge d'appel est saisi d'une demande de sursis à exécution d'un jugement prononçant l'annulation d'une décision administrative, il lui incombe de statuer au vu de l'argumentation développée devant lui par l'appelant et le défendeur et en tenant compte, le cas échéant, des moyens qu'il est tenu de soulever d'office. Après avoir analysé dans les visas ou les motifs de sa décision les moyens des parties, il peut se borner à relever qu'aucun de ces moyens n'est de nature, en l'état de l'instruction, à justifier l'annulation ou la réformation du jugement attaqué et rejeter, pour ce motif, la demande de sursis. Si un moyen lui paraît, en l'état de l'instruction, de nature à justifier l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, il lui appartient de vérifier si un des moyens soulevés devant lui ou un moyen relevé d'office est de nature, en l'état de l'instruction, à infirmer ou confirmer l'annulation de la décision administrative en litige, avant, selon le cas, de faire droit à la demande de sursis ou de la rejeter.
4. Aux termes de l'article L. 311-1 du code rural et de la pêche maritime : " Sont réputées agricoles toutes les activités correspondant à la maîtrise et à l'exploitation d'un cycle biologique de caractère végétal ou animal et constituant une ou plusieurs étapes nécessaires au déroulement de ce cycle ainsi que les activités exercées par un exploitant agricole qui sont dans le prolongement de l'acte de production ou qui ont pour support l'exploitation. () ". Aux termes de l'article 1er du règlement de la zone A du plan local d'urbanisme de Pompignac : " Sont interdites toutes les occupations et utilisation du sol exceptées les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole et celles prévues à l'article 2 ". Aux termes de l'article 2 du règlement de la même zone : " Les constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif dés lorsqu'elles ne compromettent pas le caractère agricole de la zone. ".
5. Pour annuler l'arrêté du maire de Pompignac, le tribunal administratif de Bordeaux a retenu que l'activité agricole exercée par la SCEA Le Chauffour devait être regardée comme effective au sens des dispositions précitées, que la construction d'une maison d'habitation sur la même parcelle répondait à la nécessité d'assurer une présence continue permettant de suivre l'état de santé des chevaux et que la surface de la maison d'habitation de 169,36 m² n'apparaissait pas excessive.
6. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par la commune de Pompignac pour solliciter le sursis à exécution du jugement attaqué, tels que visés et analysés dans les visas du présent arrêt, n'apparaît sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation de ce jugement, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par le tribunal administratif de Bordeaux.
7. Il résulte de ce qui précède que la commune de Pompignac n'est pas fondée à demander qu'il soit sursis à l'exécution du jugement attaqué jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa requête d'appel au fond.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que soit mise à la charge de la SCEA Le Chauffour, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que demande la commune de Pompignac au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête en sursis à exécution de la commune de Pompignac est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à la commune de Pompignac et à la SCEA Le Chauffour.
Rendu public par mise à disposition au greffe de la Cour le 7 mai 2024.
Le président, La greffière,
Jean-Claude Pauziès Marion Azam Marche
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026