jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-24BX00768 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP DUBOIS-DUDOGNON-VILLETTE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B A et M. C A ont demandé au tribunal administratif de Limoges d'annuler les décisions du 21 septembre 2023 par lesquelles le préfet de la Haute-Vienne a refusé de renouveler le titre de séjour de Mme A et a retiré la carte de résident obtenue en qualité de réfugié de M. A.
Par des ordonnances n°s 2302021 et 2302022 du 31 janvier 2024, le vice-président du tribunal administratif de Limoges a donné acte de leurs désistements.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
I - Par une requête enregistrée le 28 mars 2024, sous le numéro n° 24BX00768, Mme A, représentée par Me Villette, demande à la cour :
1°) d'annuler l'ordonnance du vice-président du tribunal administratif de Limoges du 31 janvier 2024 la concernant ;
2°) d'annuler la décision du 21 septembre 2023 du préfet de la Haute-Vienne prise à son encontre ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne de renouveler son titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, le tout dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir.
Elle soutient que :
- son désistement ne saurait être implicitement interprété comme tel en raison du fait qu'elle n'a pas interjeté appel du rejet de sa demande de suspension d'exécution de la décision en litige par le juge des référés, alors qu'elle avait argumenté sur le fond devant le tribunal administratif ;
- la décision préfectorale en litige est entachée d'incompétence de son auteur ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
II - Par une requête enregistrée le 28 mars 2024, sous le numéro n° 24BX00769, M. A, représenté par Me Villette, conclut, pour ce qui le concerne, aux mêmes fins que la requête n° 24BX00768 en reprenant les mêmes moyens.
Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a désigné Mme Karine Butéri, présidente-assesseure, pour statuer en application des dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes des dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d'appel, les premiers vice-présidents des tribunaux et des cours, le vice-président du tribunal administratif de Paris, les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : 1° Donner acte des désistements / () Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () les requêtes dirigées contre des ordonnances prises en application des 1° à 5° du présent article () ".
2. M. et Mme A, ressortissants vietnamiens, sont entrés respectivement en France en 1990 et en 1994, selon leurs déclarations, et se sont vu délivrer des titres de séjour en qualité de réfugiés, régulièrement renouvelés. Le 13 avril 2015, Mme A a renoncé à son statut de réfugié et a été mise en possession d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Le 23 décembre 2023, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a procédé au retrait du statut de réfugié de M. A en raison d'une condamnation du tribunal correctionnel de Limoges du 6 février 2019. Par des décisions en date du 21 septembre 2023, le préfet de la Haute-Vienne a refusé de renouveler le titre de séjour de Mme A et a retiré la carte de résident de M. A obtenue en qualité de réfugié. M. et Mme A relèvent appel des ordonnances du 31 janvier 2024 par lesquelles le vice-président du tribunal administratif de Limoges a donné acte des désistements d'instance de leurs requêtes tendant à l'annulation de ces décisions.
Sur la jonction :
3. Les requêtes enregistrées sous les nos 24BX00768 et 24BX00769 concernent les membres d'une même famille et présentent à juger de questions connexes. Il y a lieu, par suite, de joindre ces deux requêtes afin qu'il soit statué par une seule ordonnance.
Sur le bien-fondé des ordonnances attaquées :
4. Aux termes de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative : " En cas de rejet d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 au motif qu'il n'est pas fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision, il appartient au requérant, sauf lorsqu'un pourvoi en cassation est exercé contre l'ordonnance rendue par le juge des référés, de confirmer le maintien de sa requête à fin d'annulation ou de réformation dans un délai d'un mois à compter de la notification de ce rejet. A défaut, le requérant est réputé s'être désisté. / Dans le cas prévu au premier alinéa, la notification de l'ordonnance de rejet mentionne qu'à défaut de confirmation du maintien de sa requête dans le délai d'un mois, le requérant est réputé s'être désisté. "
5. Le vice-président du tribunal administratif de Limoges, pour donner acte des désistements de M. et Mme A, en application des dispositions citées au point précédent, s'est fondé sur le fait qu'alors que les demandes de suspension d'exécution des décisions du 21 septembre 2023 présentées par les intéressés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative avaient été rejetées par le juge des référés de ce même tribunal, M. et Mme A n'avaient pas confirmé dans le délai imparti le maintien de leurs requêtes à fin d'annulation de ces décisions.
6. Il est constant que, par des ordonnances n°s 2302020 et 2302025 du 27 novembre 2023, le juge des référés du tribunal administratif de Limoges a rejeté les demandes de suspension d'exécution des décisions du 21 septembre 2023 présentées par M. et Mme A au motif qu'il n'était pas fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité des décisions en cause. Les courriers de notification des ordonnances de référé adressés par le greffe du tribunal administratif de Limoges, dont les requérants ont accusé réception le 29 novembre 2023, les ont informés, conformément aux dispositions de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative, de ce qu'à défaut de confirmation du maintien de leurs requêtes dans un délai d'un mois, ils seraient réputés s'être désistés d'office de leurs requêtes à fin d'annulation. En l'absence d'une telle confirmation et alors que les intéressés, qui se bornent à soutenir qu'ils ont argumenté sur le fond devant le tribunal, n'avaient pas formé de pourvoi en cassation à l'encontre des ordonnances de référé, le vice-président du tribunal administratif de Limoges a jugé à bon droit que M. et Mme A étaient réputés s'être désistés de leurs demandes d'annulation des décisions du 21 septembre 2023.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes d'appel doivent être rejetées selon la procédure prévue par les dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative citées au point 1, y compris les conclusions aux fins d'injonction.
ORDONNE :
Article 1er : Les requêtes de M. et Mme A sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et M. C A.
Une copie sera adressée pour information au préfet de la Haute-Vienne.
Fait à Bordeaux, le 18 juillet 2024.
La présidente-assesseure de la 5ème chambre
Karine Butéri
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°s 24BX00768-24BX00769
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026