mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-24BX00847 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 28 novembre 2023 par lequel le préfet de la Gironde a décidé de le transférer aux autorités allemandes en vue de l'examen de sa demande d'asile.
Par un jugement no 2306813 du 22 décembre 2023, le magistrat désigné du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête enregistrée le 7 avril 2024, M. B, représenté par Me Lanne, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du magistrat désigné du tribunal administratif de Bordeaux du 22 décembre 2023 et l'arrêté du préfet de la Gironde du 28 novembre 2023 ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile et de lui remettre l'imprimé lui permettant d'introduire sa demande d'asile auprès de l'Office français de la protection des réfugiés et apatrides, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir ou, à défaut de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, et si nécessaire, en cas de transfert exécuté, de le reprendre en charge sans délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative avec application du bénéfice des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique au profit de son avocat.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance du paragraphe 4 de l'article 23 du règlement Dublin dès lors que s'il est entré une première fois en France sous couvert d'un visa délivré par les autorités allemandes, il est reparti dans son pays d'origine avant de franchir de nouveau les frontières de l'Union en entrant en Croatie comme il l'a relaté dans son entretien individuel ; le préfet a communiqué des informations erronées en indiquant qu'il était entré sur le territoire de l'Union par l'Allemagne, ce qui, contrairement à ce qu'a estimé le premier juge, a nécessairement eu une influence sur la décision d'accord émis par les autorités allemandes sur le transfert en litige ;
- la transmission de telles informations tronquées contrevient au principe de coopération loyale énoncé au paragraphe 3 de l'article 4 du Traité de l'Union européenne ;
- il a été pris en méconnaissance des dispositions combinées de l'article 53-1 de la Constitution et de l'article 17 du règlement Dublin dès lors qu'il a de nombreux amis en France ;
- il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle.
Le préfet de la Gironde a transmis le 17 juin 2024 une pièce indiquant que le transfert en Espagne de M. B est intervenu le 16 février 2024.
Le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux, par une décision n° 2024/000131 en date du 15 février 2024, a admis M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution ;
- le Traité sur l'Union européenne ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. B, ressortissant turc né en 1989, est entré en France le 20 juillet 2023 en provenance d'un autre Etat membre et a présenté une demande d'asile auprès de la préfecture de la Gironde le 28 juillet suivant. Le relevé de ses empreintes décadactylaires et la consultation du fichier " Visabio " ont révélé qu'il disposait d'un visa de court séjour de type C à entrées multiples valable jusqu'au 20 septembre 2023 délivré par les autorités allemandes. Après que l'administration a saisi ces autorités, le 28 août 2023, d'une demande de prise en charge de sa demande d'asile au titre de l'article 12-2 du règlement Dublin et recueilli l'accord explicite de celles-ci le 30 août 2023 sur ce même fondement, le préfet de la Gironde, par un arrêté du
28 novembre 2023, a prononcé le transfert de M. B aux autorités allemandes en vue de l'examen de sa demande d'asile. M. B relève appel du jugement du 22 décembre 2023 par lequel le magistrat désigné du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté, le transfert en Allemagne de l'intéressé ayant été réalisé le 16 février 2024.
3. En premier lieu, aux termes de l'article 4 du Traité sur l'Union européenne : " 3. En vertu du principe de coopération loyale, l'Union et les États membres se respectent et s'assistent mutuellement dans l'accomplissement des missions découlant des traités. / Les États membres prennent toute mesure générale ou particulière propre à assurer l'exécution des obligations découlant des traités ou résultant des actes des institutions de l'Union. / Les États membres facilitent l'accomplissement par l'Union de sa mission et s'abstiennent de toute mesure susceptible de mettre en péril la réalisation des objectifs de l'Union. " Le paragraphe 4 de l'article 23 du même règlement prévoit qu'" une requête aux fins de reprise en charge est présentée à l'aide d'un formulaire type et comprend des éléments de preuve ou des indices tels que décrits dans les deux listes mentionnées à l'article 22, paragraphe 3, et/ou des éléments pertinents tirés des déclarations de la personne concernée, qui permettent aux autorités de l'État membre requis de vérifier s'il est responsable au regard des critères définis dans le présent règlement ". Par ailleurs, le règlement (UE) n°604/2004 du 26 juin 2013 fixe les principes et critères pour déterminer le pays de l'Union responsable de la demande d'asile d'un ressortissant d'un pays tiers, qui comprennent, par ordre d'importance et d'examen, des considérations d'ordre familial, la possession récente d'un visa ou d'un permis de séjour dans un pays de l'Union et enfin l'entrée régulière ou irrégulière du demandeur sur le territoire de l'Union. Aux termes de l'article 12 de ce règlement : " () 2. Si le demandeur est titulaire d'un visa en cours de validité, l'État membre qui l'a délivré est responsable de l'examen de la demande de protection internationale () " Aux termes de l'article paragraphe 2 de l'article 3 du même règlement : " Lorsque aucun État membre responsable ne peut être désigné sur la base des critères énumérés dans le présent règlement, le premier État membre auprès duquel la demande de protection internationale a été introduite est responsable de l'examen ".
4. M. B reprend son moyen tiré de la méconnaissance du paragraphe 4 de l'article 23 du règlement Dublin et soutient nouvellement en appel que le préfet aurait méconnu le principe de coopération loyale entre Etats énoncé à l'article 4 du Traité sur l'Union européenne en omettant d'indiquer aux autorités allemandes qu'il serait entré une première fois en France en juin 2023 avant de retourner en Turquie et entré en dernier lieu sur le territoire de l'Union par la Croatie en juillet 2023, ce pays étant selon lui responsable de l'examen de sa demande d'asile. Toutefois, il ressort des pièces du dossier et il n'est pas contesté qu'au vu du logiciel " Visabio ", M. B est entré sur le territoire d'un État membre grâce à un visa à entrées multiples délivré par les autorités allemandes et en cours de validité à la date du dépôt de sa première demande d'asile en France le 20 juillet 2023. Ces dernières ont été saisies le 28 août 2023 d'une demande de prise en charge de cette demande, en application du 4 de l'article 12 du règlement du
26 juin 2013 cité ci-dessus, qu'elles ont acceptée le 30 août suivant. Comme l'a indiqué à juste titre le premier juge, la circonstance, à la supposer établie, qu'il serait entré pour la dernière fois sur le territoire de l'Union par la Croatie n'a pas eu d'incidence sur la détermination de l'Etat responsable de la prise en charge de la demande d'asile de M. B, à savoir l'Allemagne dont les autorités consulaires à Istanbul lui ont délivré un visa de court séjour valable jusqu'au
20 septembre 2023, cette prise en charge ayant d'ailleurs été explicitement acceptée le
30 août 2023. Par suite, ces moyens, en tout état de cause, ne peuvent qu'être écartés.
5. En second lieu, M. B se borne à reprendre, dans des termes similaires et sans critique utile du jugement ni pièce nouvelle utile, les autres moyens visés ci-dessus invoqués en première instance. Par suite, ces moyens doivent être écartés par adoption des motifs retenus à bon droit par le magistrat désigné du tribunal administratif de Bordeaux et par ceux énoncés ci-dessus.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de loi du 10 juillet 1991 relatives à l'aide juridique ne peuvent, par voie de conséquence, qu'être rejetées.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Une copie sera adressée pour information au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 16 juillet 2024.
La présidente de la 4ème chambre
Evelyne Balzamo
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026