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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-24BX00967

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-24BX00967

mercredi 10 juillet 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-24BX00967
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
Formation6ème chambre (formation à 3)
Avocat requérantMARTY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. C A a demandé au tribunal administratif de Limoges :

1°) d'annuler l'arrêté du 7 mars 2024 par lequel le préfet de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a pris à son encontre une décision d'interdiction de retour sur le territoire pendant deux ans ;

2°) d'annuler l'arrêté du 26 mars 2024 par lequel le préfet de la Haute-Vienne l'a assigné à résidence dans le département de la Haute-Vienne pour une durée de 45 jours.

Par un jugement n° 2400507 du 3 avril 2024, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Limoges a annulé les décisions portant obligation de quitter le territoire sans délai, fixant le pays de renvoi et lui interdisant de retourner sur le territoire pendant deux ans, a annulé l'arrêté du 26 mars 2024 l'assignant à résidence pendant 45 jours et a renvoyé les conclusions à fin d'annulation du refus de délivrance d'un titre de séjour à une formation collégiale.

Procédure devant la Cour :

Par une requête enregistrée le 18 avril 2024, le préfet de la Haute-Vienne demande à la Cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Limoges du 3 avril 2024 en tant qu'il a annulé partiellement l'arrêté du 3 avril 2024 et a annulé l'arrêté du 26 mars 2024 précités ;

2°) de rejeter la demande de M. A.

Il soutient que :

Sur la régularité du jugement :

-le jugement mentionne une date d'enregistrement du mémoire en défense erronée ;

-le jugement est contradictoire et préjuge du fond en renvoyant à une formation collégiale les conclusions dirigées contre le refus de séjour tout en annulant au titre de l'atteinte à la vie privée et familiale les autres décisions en litige ;

Sur le bien-fondé du jugement :

- contrairement à ce qu'a retenu le premier juge, M. A constitue une menace actuelle et réelle à l'ordre public et l'arrêté en litige ne porte pas atteinte au respect de sa vie privée et familiale ;

- les autres moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mai 2024, M. A, représenté par Me Marty, conclut au rejet de la requête à ce qu'une somme de 1 800 euros soit mise à la charge de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que les moyens de la requête du préfet ne sont pas fondés et reprend à titre subsidiaire les moyens développés en première instance.

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il est parent d'un enfant français dont il assure l'entretien et l'éducation et qu'il ne présente pas une menace à l'ordre public ;

- elle porte une atteinte manifestement disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixation du pays de renvoi et refus de départ volontaire :

- elles sont illégales en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour ;

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elles sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la mesure d'éloignement sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision faisant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision faisant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

En ce qui concerne l'assignation à résidence :

- il est dépourvu de base légale ;

- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il doit emmener son enfant à l'école le matin et doit donc pouvoir sortir contrairement à ce que prescrit l'article 3.

Par une ordonnance du 27 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 juin 2024.

M. A a obtenu le maintien du bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 14 mai 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'hommes et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code civil ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Caroline Gaillard a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant albanais, est entré en France le 17 juillet 2010. Par une décision du 23 décembre 2011, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire. Le 16 juillet 2019, M. A a été condamné par le tribunal correctionnel de Limoges à une peine de trois ans d'emprisonnement avec maintien en détention pour des faits de transport, détention, offre ou cession, acquisition et importation non autorisée de stupéfiants, en récidive. Par une décision du 4 novembre 2020, l'OFPRA lui a retiré la protection subsidiaire. Le 31 décembre 2019, il a sollicité le renouvellement du titre de séjour pluriannuel dont il était titulaire. Par un arrêté du 14 avril 2021, le préfet de la Haute-Vienne a rejeté sa demande et a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Le recours formé par M. A a été rejeté par un jugement du tribunal administratif de Limoges du 1er juillet 2021 confirmé par un arrêt de la Cour du 16 février 2022. M. A a sollicité de nouveau un titre de séjour et, par un arrêté du 7 mars 2024, le préfet de la Haute - Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire pendant deux ans. Par un second arrêté du 26 mars 2024, le préfet de la Haute-Vienne l'a assigné à résidence pendant 45 jours. M. A a contesté ces deux arrêtés devant le tribunal administratif de Limoges. La magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Limoges a, par un jugement du 3 avril 2024, transmis à une formation collégiale les conclusions dirigées contre la décision de refus de titre de séjour, a annulé l'arrêté du 7 mars 2024 portant obligation de quitter le territoire français, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour sur le territoire pendant deux ans ainsi que l'arrêté portant assignation à résidence. Le préfet de la Haute-Vienne fait appel de ce jugement en tant qu'il a partiellement fait droit aux demandes de M. A.

Sur le bien-fondé du motif d'annulation du jugement :

2. Pour prononcer l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français, et par voie de conséquence, des décisions portant désignation du pays de renvoi, refus d'octroi d'un délai de départ et interdiction de retour sur le territoire pour une durée de deux ans, et l'assignation à résidence, la magistrate désignée du tribunal administratif de Limoges a jugé que le refus de séjour fondant l'obligation de quitter le territoire en litige, portait manifestement atteinte au respect de sa vie privée et familiale.

3. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L.423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".

4. Il ressort des pièces du dossier que M. A, qui est le père d'une enfant française, née le 16 décembre 2013, indique vivre avec Mme B, mère de sa fille, et celle-ci au domicile que les parents de M. A lui ont cédé. Il ressort toutefois des pièces du dossier, que si M. A produit une attestation de la directrice de l'école de sa fille datée du 21 mars 2024 indiquant qu'il l'emmène et va la chercher à l'école, il ne démontre pas entretenir des liens stables et continus avec sa fille, notamment durant la période de sa détention d'avril 2018 à début 2020, et depuis sa sortie de prison en février 2020. Si M. A fait également valoir qu'il vit avec Mme B, la réalité de sa relation avec la mère de sa fille n'est pas établie alors qu'il ressort des pièces du dossier qu'ils se sont séparés en 2016 et que le bail qu'il produit en dernier lieu ne comporte pas la signature de cette dernière. De même, les témoignages produits ne démontrent pas suffisamment le caractère stable, intense et continu de ses liens affectifs avec sa fille. Par ailleurs, il ne justifie pas d'une intégration dans la société française et le Préfet a pu estimer à bon droit qu'il constituait une menace réelle et actuelle à l'ordre public au regard des condamnations pénales répétées dont il fait l'objet depuis 2011, pour des faits d'usage de faux documents, d'infraction au code de la route, de port d'arme blanche sans motif légitime et de trafic de stupéfiants, en l'espèce de cannabis et de cocaïne, ayant été condamné le 2 octobre 2014 à une peine de dix-huit mois d'emprisonnement dont six mois avec sursis, puis, le 16 juillet 2019 pour des faits identiques commis à nouveau entre 2017 et 2018 à une peine délictuelle d'emprisonnement de trois ans. Enfin, il n'établit pas à défaut de tout revenu récent, son insertion professionnelle en France et il ne ressort pas du dossier qu'il serait dépourvu d'attaches en Albanie, où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-deux ans. Dès lors, le préfet de la Haute-Vienne n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, sans qu'il soit besoin de statuer sur la régularité du jugement, le préfet de Haute - Vienne est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, la magistrate désignée du tribunal administratif de Limoges a retenu la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour annuler partiellement l'arrêté du 7 mars 2024 ainsi que l'arrêté du 26 mars 2024 en litige.

5. Il y a lieu pour la Cour, saisie du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres moyens soulevés en première instance par M. A.

Sur les autres moyens :

En ce qui concerne l'exception d'illégalité de la décision de refus de séjour :

6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ". Aux termes de l'article 371-2 du code civil : " Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant. () ".

7. M. A est le parent d'une enfant française née le 16 décembre 2013 dont il soutient qu'il s'occupe avec Mme B, sa mère, depuis sa sortie de prison en février 2020. Toutefois l'attestation de la directrice de l'école de sa fille du 21 mars 2024 indiquant qu'il l'emmène régulièrement à l'école au cours de l'année scolaire est postérieure à l'arrêté en litige. De plus, la seule production de la dernière page d'un bail locatif datant du 1er septembre 2022 pour justifier de la vie commune avec sa compagne, laquelle a été ajoutée à ce bail, n'apparaît pas suffisamment probante dès lors que cet avenant n'est pas signé par cette dernière. Enfin, en l'absence de tout revenu depuis 2021, ni les témoignages de ses proches, ni la circonstance qu'il a créé en février 2024 une SASU au capital de 100 euros ne suffisent à établir l'existence de revenus permettant sa contribution à l'entretien et à l'éducation de son enfant. Dans ces conditions, les éléments produits ne sont pas suffisants pour établir que M. A contribuerait à l'entretien et à l'éducation de son enfant depuis au moins deux ans à la date de l'arrêté contesté. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

8. En second lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions politiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. "

9.. Si M. A soutient entretenir un lien affectif avec sa fille, il n'établit pas que ce lien soit tel qu'une séparation aurait des conséquences particulièrement dommageables pour l'équilibre de l'enfant, alors qu'il n'établit pas avoir résidé avec sa fille de manière stable et continue depuis sa sortie de prison, ni avoir eu des contacts avec elle durant sa deuxième détention. Ainsi, il résulte de ce qui a été exposé aux points 4 et 7, eu égard à la circonstance de la menace à l'ordre public qu'il représente et de l'absence de justification de l'entretien et de l'éducation de sa fille, que le refus de titre ne peut être regardé comme ayant été pris en méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire ;

10. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi sont entachées d'un défaut de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour sur laquelle elles sont fondées doit être écarté.

11. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 4 et 9 les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire :

12. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

13. En second lieu, au vu de la menace à l'ordre public que représente M. A, et alors qu'il ne justifie pas d'une vie commune ancienne, stable et ininterrompue avec la mère de sa fille, ni de sa participation à l'entretien et l'éducation de celle-ci, il ne ressort pas des pièces du dossier que la situation de M. A serait de nature à caractériser des circonstances justifiant qu'une décision portant interdiction de retour sur le territoire français ne soit pas prononcée à son encontre. Par suite, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 4 et 9, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant doivent être écartés. Pour les mêmes motifs, le Préfet n'a pas commis d'erreur d'appréciation en fixant à deux ans la durée d'interdiction de retour sur le territoire français.

En ce qui concerne l'assignation à résidence :

14. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'annulation de la décision portant assignation à résidence par voie de conséquence de l'annulation des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

15. En second lieu, en se bornant à alléguer qu'il doit pouvoir sortir de son domicile le matin entre 6h et 9h pour emmener sa fille à l'école il ne démontre pas que la décision d'assignation à résidence serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

16. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés du 7 mars 2024 et du 24 mars 2024 en litige. Par voie de conséquence ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.

DECIDE :

Article 1er : Le jugement de la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Limoges n° 2400507 du 3 avril 2024 est annulé.

Article 2 : La requête de M. A est rejetée.

Article 3 : Le présent arrêt sera notifié au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à M. C A.

Copie en sera délivrée au préfet de la Haute-Vienne.

Délibéré après l'audience du 17 juin 2024 à laquelle siégeaient :

Mme Ghislaine Markarian, présidente,

M. Frédéric Faïck, président-assesseur,

Mme Caroline Gaillard, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 10 juillet 2024.

La rapporteure,

Caroline Gaillard

La présidente,

Ghislaine Markarian

La greffière,

Catherine Jussy

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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