mercredi 23 juillet 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-25BX00738 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | CABINET ALI - MAGAMOOTOO |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B C épouse A a demandé au tribunal administratif de
La Réunion d'annuler les arrêtés du 17 octobre 2024 par lesquels le préfet de La Réunion, d'une part, lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de renvoi et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans et d'autre part, l'a assignée à résidence dans ce département pendant une durée de quarante-cinq jours. Elle a également demandé la condamnation de l'Etat à réparer le préjudice moral causé à ses enfants et à elle-même par les décisions contestées.
Par un jugement n° 2401411 du 20 novembre 2024, le magistrat délégué du tribunal administratif de La Réunion, après avoir annulé le refus de délai départ volontaire, l'interdiction de retour et la décision d'assignation à résidence, a rejeté le surplus de ses demandes.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête, enregistrée le 21 mars 20265, Mme A, représentée par Me Ali, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du magistrat délégué du tribunal administratif de
La Réunion du 20 novembre 2024 en tant qu'il n'a pas annulé l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre ;
2°) d'annuler cette décision du préfet de La Réunion du 17 octobre 2024 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 4 000 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen circonstancié de sa situation ;
- la mesure d'éloignement a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que, depuis que son époux a été éloigné du territoire français, elle s'occupe seule de leurs cinq enfants dont quatre sont atteints de troubles autistiques sévères et suivent une scolarité adaptée à La Réunion ;
- cette décision a méconnu l'intérêt supérieur de ses enfants protégé par les articles
3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et 24 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
Le bureau d'aide juridictionnelle près le Tribunal judiciaire de Bordeaux, par une décision n° 2024/003637 en date du 16 janvier 2025, a admis Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. Mme B A, ressortissante sud-africaine née le 25 septembre 1984, est entrée régulièrement en France en mai 2023 selon ses déclarations en compagnie de son époux de nationalité polonaise et de leurs quatre enfants, un cinquième étant né à La Réunion le 10 novembre 2023. Son époux a fait l'objet d'une mesure d'éloignement consécutivement au rejet de sa demande de titre de séjour le 9 novembre 2023, mesure qu'il a exécutée le 17 octobre 2024. Par deux arrêtés de ce même jour, le préfet de La Réunion, d'une part, a fait obligation à Mme A de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de renvoi et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans et d'autre part, l'a assignée à résidence dans ce département pendant une durée de quarante-cinq jours. Par un jugement du 20 novembre 2024, le magistrat délégué du tribunal administratif de La Réunion a annulé le refus de délai départ volontaire, l'interdiction de retour et la décision d'assignation à résidence. Mme A relève appel de ce jugement du 20 novembre 2024 en tant que le magistrat délégué du tribunal administratif de La Réunion n'a pas fait droit à sa demande d'annulation de la mesure d'éloignement contenue dans l'arrêté du 17 octobre 2024.
3. Mme A reprend en appel, dans des termes similaires et sans critique utile du jugement, les moyens invoqués en première instance à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français. Elle n'apporte en appel aucun élément de fait ou droit nouveau, ni aucune pièce nouvelle au soutien de ces moyens, auxquels le premier juge a suffisamment et pertinemment répondu. Par suite, ces moyens peuvent être écartés par adoption des motifs retenus par le magistrat délégué du tribunal administratif de La Réunion.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions aux tendant à l'application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C épouse A.
Une copie sera adressée pour information au préfet de La Réunion.
Fait à Bordeaux, le 23 juillet 2025.
La présidente-assesseure de la 1ère chambre
Béatrice Molina-Andréo
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026