LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-26BX00116

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-26BX00116

jeudi 26 mars 2026

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-26BX00116
TypeDécision
Recoursplein contentieux
PublicationC
Formation5ème chambre (formation à 3)
Avocat requérantSCP CASADEBAIG ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Pau d’une part, d’annuler l’arrêté du 19 janvier 2023 par lequel le ministre de l’intérieur l’a admis d’office à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 12 février 2023 pour limite d’âge et l’a, par voie de conséquence, radié des cadres de la fonction publique, ainsi que la décision implicite rejetant son recours gracieux du 16 mars 2023 et d’autre part, de condamner l’Etat à lui verser une indemnité totale de 41 556 euros.

Par une ordonnance n° 2301860 du 17 novembre 2025, la présidente de la 3ème chambre du tribunal administratif de Pau a rejeté ses demandes.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 12 janvier 2026, M. B..., représenté par Me Casadebaig, demande à la cour :

1°) d’annuler l’ordonnance du tribunal administratif de Pau du 17 novembre 2025 ;

2°) d’annuler l’arrêté du 19 janvier 2023 par lequel le ministre de l’intérieur l’a admis d’office à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 12 février 2023 pour limite d’âge et l’a, par voie de conséquence, radié des cadres de la fonction publique, ainsi que la décision implicite rejetant son recours gracieux du 16 mars 2023 ;

3°) de condamner l’Etat à lui verser une indemnité totale de 41 556 euros ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- c’est à tort que la présidente de la 3ème chambre du tribunal a estimé que sa demande était entachée d’une irrecevabilité manifeste en application des dispositions du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative ;
- l’arrêté du 19 janvier 2023 est entaché d’un défaut de motivation ;
- il méconnait les dispositions des articles L. 556-5 et L. 556-7 du code général de la fonction publique ;
- il subit une perte de rémunération qui s’élève, entre les mois de février 2023, date à laquelle il a été admis à la retraite, et le mois de juin 2024, date à laquelle il aurait pu bénéficier d’une retraite à taux plein, à la somme de 10 740 euros et un préjudice financier lié à la perte de pension qui s’élève à la somme de 30 816 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mars 2026, le ministre de l’intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu’il se réfère au mémoire en défense produit en première instance et à la motivation de l’ordonnance attaquée du tribunal administratif de Pau.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Normand,
- les conclusions de M. Gasnier, rapporteur public,
- et les observations de Me Bilal représentant M. B....


Considérant ce qui suit :

M. B... relève appel de l’ordonnance du 17 novembre 2025 par laquelle la présidente de la 3ème chambre du tribunal administratif de Pau a rejeté ses demandes tendant d’une part, à l’annulation de l’arrêté du 19 janvier 2023 par lequel le ministre de l’intérieur l’a admis d’office à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 12 février 2023 pour limite d’âge et l’a, par voie de conséquence, radié des cadres de la fonction publique, ainsi que de la décision implicite rejetant son recours gracieux du 16 mars 2023 et d’autre part, à la condamnation de l’Etat à lui verser une indemnité totale de 41 556 euros.

Sur la régularité de l’ordonnance attaquée :

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».

Aux termes de l’article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée / Lorsque la requête tend au paiement d’une somme d’argent, elle n’est recevable qu’après l’intervention de la décision prise par l’administration sur une demande préalablement formée devant elle (…) ».

Sauf dans le cas où des dispositions législatives ou réglementaires ont organisé des procédures particulières, toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai.

Pour rejeter sur le fondement de l’article R. 222-1 4° du code de justice administrative la demande de M. B..., la présidente de la 3ème chambre du tribunal administratif de Pau a estimé qu’il ne justifiait ni qu’il avait formé un recours gracieux ayant interrompu le délai de recours s’agissant de ses conclusions en annulation, ni qu’il avait lié le contentieux s’agissant de sa demande indemnitaire ainsi que cela lui était opposé en défense.

Il ressort toutefois des pièces du dossier que l’arrêté en litige du 19 janvier 2023 a été notifié à M. B... le 24 janvier 2023 et que celui-ci, par lettre du 16 mars 2023, a formé contre cet arrêté un recours gracieux. Dans ce même courrier, M. B... a introduit une demande indemnitaire préalable. Le ministre de l’intérieur a accusé réception de ce courrier le 17 mars 2023 ainsi que l’établit, pour la première fois en appel, M. B.... Dès lors, ce dernier justifie avoir formé un recours gracieux ayant interrompu le délai de recours contentieux de deux mois s’agissant de ses conclusions en annulation et avoir lié le contentieux s’agissant de sa demande indemnitaire. Par suite, la décision par laquelle le ministre a implicitement rejeté son recours gracieux et sa demande préalable indemnitaire, étant née le 17 mai 2023, ses conclusions tendant d’une part, à l’annulation de l’arrêté du 19 janvier 2023 et de la décision implicite rejetant son recours gracieux du 16 mars 2023 et d’autre part, à la condamnation de l’Etat à lui verser une indemnité totale de 41 556 euros, enregistrées au greffe du tribunal le 13 juillet 2023, n’étaient pas tardives.

7
Il suit de là que M. B... est fondé à soutenir que c’est à tort que, par l’ordonnance attaquée, la présidente de la 3ème chambre du tribunal administratif de Pau a rejeté comme irrecevables les conclusions dont elle était saisie. Cette ordonnance est ainsi irrégulière et doit par suite être annulée.

8
Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de renvoyer l’affaire devant le tribunal administratif de Pau pour qu’il statue à nouveau sur la demande de M. B....


Sur les frais liés au litige :

9 Aux termes de l’article L. 761-1 du code de justice administrative : « Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à cette condamnation ».

10
Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de faire droit aux conclusions de M. B... présentées sur le fondement de ces dispositions.


décide :



Article 1er : L’ordonnance du 17 novembre 2025 de la présidente de la 3ème chambre du tribunal administratif de Pau est annulée.

Article 2 : L’affaire est renvoyée devant le tribunal administratif de Pau pour qu’il soit statué sur la demande de M. B....

Article 3 : Le surplus des conclusions de M. B... est rejeté.

Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.


Délibéré après l’audience du 10 mars 2026 à laquelle siégeaient :

- Mme Zuccarello, présidente,
- M. Normand, président-assesseur,
- Mme Farault, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mars 2026.



Le rapporteur,



N. NORMAND



La présidente,



F.ZUCCARELLO


La greffière,



V. SANTANA




La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Décisions similaires

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02310

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Paris, prise par le juge des référés, concerne la reprise d’instance après cassation par le Conseil d’État d’un litige fiscal opposant la société American Express Carte France à l’administration. Le Conseil d’État avait annulé partiellement l’arrêt de la cour et renvoyé l’affaire pour qu’elle statue à nouveau sur certains points. La cour constate que la requête enregistrée sous le n° 26PA02310 est devenue sans objet et ordonne sa radiation du registre du greffe, en application du code de justice administrative.

01/07/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02388

La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, a radié du registre du greffe le dossier n° 26PA02388, relatif à la reprise d'instance après cassation concernant la société American Express Carte France. Cette affaire portait sur des rappels de TVA, de taxe sur les salaires et de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises pour les années 2014 à 2016, après un arrêt du Conseil d'État du 10 avril 2026 ayant partiellement annulé et renvoyé les précédents arrêts de la cour. La solution retenue est que la requête est devenue sans objet, probablement en raison de l'irrévocabilité de certaines parties de la décision antérieure. Aucun texte spécifique n'est mentionné dans l'ordonnance, mais la procédure s'inscrit dans le cadre du code de justice administrative.

01/07/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-25PA00890

La Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, a examiné la demande de transmission au Conseil d’État d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par M. A... à l’occasion d’un litige en plein contentieux fiscal. Le requérant contestait la conformité à la Constitution de l’article L. 85 du livre des procédures fiscales, qui permet à l’administration d’obtenir des données bancaires sans autorisation préalable ni information du contribuable. La cour a jugé que les dispositions contestées étaient applicables au litige et n’avaient pas déjà été déclarées conformes par le Conseil constitutionnel. Toutefois, estimant que la question soulevée était dépourvue de caractère sérieux, la cour a refusé de transmettre la QPC au Conseil d’État.

01/07/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA00231

La Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... qui contestait le jugement du tribunal administratif de Melun lui ayant refusé une indemnité de 50 000 euros pour des frais de mission FRONTEX et lui ayant infligé une amende pour recours abusif. La cour a constaté que la requête d’appel, qui n’était pas dispensée de ministère d’avocat, avait été présentée sans ce ministère et n’avait pas été régularisée malgré les mentions claires de la notification du jugement. En application des articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, l’irrecevabilité manifeste a été retenue, entraînant le rejet de l’appel.

01/07/2026

← Retour aux décisions